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"Soja de France" représentera la moitié de la production intérieure d'ici 2025-2030

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Terres Univia booste la relance de la culture de soja en certifiant "soja de France" la moitié de la production française d’ici 2025-2030. L’interprofession des huiles et protéines végétales ambitionne de charter 300 000 tonnes si d’ici cinq à dix ans, 250 000 hectares de soja sont cultivés et 650 000 tonnes de graines sont récoltées.

Antoine Henrion, président de Terres Univia, l’interprofession des huiles et protéines végétales promouvait le 4 avril dernier la « charte soja de France » lancée avec succès en 2018 : 30 000 tonnes de graines ont été certifiées.

Un millier d’agriculteurs, huit collecteurs et deux unions de commercialisation se sont l’an dernier engagés alors que la culture de soja séduit de plus en plus d’agriculteurs. L’an passé 125 000 hectares de soja ont été plantés contre 37 000 ha en 2012. Le rendement escompté moyen de 3 -3,5 tonnes par hectare en culture sèche peut atteindre 5 tonnes par hectare lorsque les parcelles sont irriguées.

Si 250 000 à 300 000 hectares de soja sont cultivés en France d’ici 2025-2030, Terres Univia ambitionne charter « soja de France » entre 300 -350 000 tonnes de graines, soit la moitié des 650 000 tonnes qui seront alors récoltées.

La charte de l’interprofession à laquelle ses adhérents sont invités à adhérer structurera l’ensemble de la filière en pleine relance. Son succès repose sur des dynamiques de bassin où sont regroupés plusieurs acteurs : agriculteurs, collecteurs, industriels de l’alimentation animale et éleveurs.

Un collecteur proche d’un industriel de l’alimentation, qui a adhéré à la charte, mobilise aisément des agriculteurs pour se lancer eux-mêmes dans la culture de soja certifiée. Seul sur un territoire, un collecteur peine à valoriser auprès des industriels les graines payées plus chères à ses agriculteurs adhérents.

En France, l’aire de production de soja s’étend d’année en année depuis ses deux bassins de production traditionnels: le Centre-est et le Sud-ouest. Les variétés de soja sont aujourd’hui adaptées pour être cultivées au nord de la Loire, dans des régions qui n’étaient pas, par le passé, propices à cette production.

La légumineuse s’inscrit très bien dans la rotation des cultures et elle constitue un très bon précédent avant l’emblavement d’une céréale d’hiver.

Réhabiliter le soja dans l'alimentation animale

Le soja est la plante idéale pour accompagner la transition agro-écologique de l’agriculture française. Sa culture répond aux attentes sociétales et environnementales. Elle repose sur des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Ces légumineuses nécessitent peu d’intrants, elles enrichissent le sol en matière organique et en en azote et, les plantes captent du CO2 atmosphérique. Toutefois, le soja ne doit pas concurrencer le tournesol ou le colza. Ces trois cultures sont complémentaires.

Aussi, « il faut réhabiliter le soja dans l’alimentation animale auprès des consommateurs en créant un débouché durable », défend jean Yves Hardy de LDC. La notoriété de la plante ne doit pas seulement être cantonnée végétarisme et à l’industrie cosmétique.

La culture de soja s’inscrit complètement dans l’économie circulaire et dans le développement des circuits courts puisque les productions sont davantage relocalisées. 

Pour les éleveurs, la charte « soja de France est une opportunité pour reconquérir une partie du marché intérieur en montant leurs productions en gamme », explique encore Jean Yves Hardy. Mais les cahiers des charges des productions sous label doivent évoluer en mentionnant l’emploi de soja certifié « soja de France » afin de ne pas confondre les tourteaux employés de ceux importés du continent américain, qu’ils soient issus de graines de soja génétiquement modifiées ou pas.

Traçabilité du champ à l’assiette

La charte vise à tracer la production de graines depuis la semence jusqu’à l’assiette du consommateur en montrant que les animaux ont été élevés avec du soja à la fois non OGM et français.

La tonne de graines certifiées « soja de France » achetée par les collecteurs est payée avec une prime de 20 à 25 € par tonne. Sojalim compense le prix plus élevé en fabriquant, grâce à une technologie appropriée, des tourteaux plus riches en protéines (47,5 % - 48,5 %) vendus plus chers. 

Pour les agriculteurs, la charte repose sur des mesures de bon sens. « Sa culture doit favoriser la diversification des cultures... Les graines livrées doivent respecter les critères sanitaires et physiques et technologiques portés dans les contrats conclus entre l’agriculteur et le premier acheteur », précise l’interprofession.

Pour le collecteur,  l’accent porte sur la traçabilité des graines. « Il s’engage à utiliser exclusivement des graines charte soja de France … à identifier chaque lot transporté séparément », ajoute Terres Univia. Selon un industriel, la sécurisation apportée par la traçabilité de la filière apporte des avantages bien supérieurs au montant aux surcoûts imposés par le respect de la charte.

La France consomme 3,5 millions de tonnes de tourteaux par an, majoritairement importées, soit l’équivalent de 1,8 million d’hectares. « Actuellement, 500 000 tonnes de tourteau de soja non OGM pour l’alimentation animale. Des importations … dont on ne maitrise pas l’origine ni l’impact sur la déforestation ».

Notre pays ambitionne de couvrir 65 % de ses besoins en protéines végétales (53 % actuellement) en produisant entre autres 650 000 tonnes de soja d’ici 2025. Au terme de la prochaine réforme de la Pac, Terres Univia compte sur une politique publique adaptée avec des aides européennes et nationales appropriées pour conforter et accompagner la relance de la production assise sur une réglementation cohérente.


Ci-dessous, gousses et graines de soja (photo Adobe).

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Auteur : Hénin Frédéric
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