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Marchés agricoles, la Chine souvent première de cordée

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L’ex-empire du milieu est le chef d’orchestre de nombreux marchés agricoles. Son influence est relatée dans la plupart des chapitres du Cyclope 2018 consacrés aux marchés produits agricoles. La dimension pharaonique de ses projets d’élevage ne cesse d’étonner.

Démographiquement, l’ex-empire du milieu est dépassé par l’Inde mais son mode de développement très ouvert sur les marchés agricoles le rend incontournable. Une grande majorité des chapitres consacrés à l’agriculture de la dernière édition du « Cyclope - Les marchés mondiaux », coordonnée par Philippe Chalmin, mettent en exergue l’influence de la Chine. Ses projets agricoles sont titanesques mais le changement climatique rend l’activité agricole des paysans plus difficile.

Sur les marchés, la moindre décision commerciale ou la moindre mesure rétorsive portent systématiquement sur des milliers de tonnes de produits animaux ou sur des millions de tonnes de céréales ou d’oléo-protéagineux. Elles orientent d’autant plus le fonctionnement des marchés agricoles, que ces derniers sont au bord de la saturation.

Le changement des habitudes alimentaires des Chinois ont chamboulé les flux commerciaux. La Chine a multiplié par onze les quantités de viande ovine importées. Premier pays importateur, la Chine a détourné une partie des flux auparavant destinés à l’Europe à son profit. L’Union européenne ne s’en porte que mieux. « La Nouvelle-Zélande réalise désormais 40 % de ses exportations vers la Chine et Hong Kong, et l’Australie environ un quart », rapporte le Cyclope.

Des projets pharaoniques

« Dans un pays où l’accès aux terres agricoles est désormais très contraint, les élevages industriels gagnent de la place en construisant des porcheries à étages, relate Jean-Paul Simier, économiste. Ainsi dans le sud de la Chine, plusieurs projets sont en cours : complexe d’immeubles de six étages avec 6 000 truies (1 000 par niveau), totalisant 18 000, 24 000, 36 000 truies… ascenseur pour transporter les animaux, centrale d’air conditionné, usine de recyclage des lisiers ». Cependant, la Chine est le premier importateur de viandes porcines (un tiers des échanges mondiaux).

La Chine a annoncé élargir la liste des pays auprès desquels elle se fournit en viande bovine. Sitôt dit, la France et les Etats-Unis sont sur les starting-blocks pour alimenter le marché et désengorger le leur. Aujourd’hui elle importe un million de tonnes de viande d’Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande) et d’Amérique du Sud (Brésil, Uruguay, Argentine).

En France, l’exportation de quelques dizaines de milliers de tonnes de viande bovine suffirait pour redynamiser le marché français qui redoute l’afflux de viande américaine permis par les accords transatlantiques.

Les Chinois ont fortement contribué au redressement des marchés laitiers en augmentant de 250 milliers de tonnes les importations en 3 ans sans pour autant retrouver les volumes d’avant la crise de 2014.

Productions végétales

Entre ses projets de production massive de bioéthanol et ses 200 millions de tonnes de maïs estimées en stock (pour une production mondiale de plus de 1055 millions de tonnes), la Chine a les moyens d’orienter le fonctionner des marchés céréaliers pendant des années.

Le début de la résorption de ses stocks sera un signal fort donné aux marchés.  Comme pour le soja (100 Mt importées par an), la Chine pourrait devenir un importateur majeur de maïs pour alimenter ses usines de production d’éthanol. Par ailleurs, «des mesures ont été prises pour encourager l’incorporation de ce maïs dans l’alimentation animale : des barrières douanières ont été relevées pour des produits de substitution importés comme les drêches, le corn gluten feed ou le ddg (distillers dried grain, sous-produit de la fabrication de l’éthanol) », écrit Jean Paul Simier.

La Chine fait aussi le marché fourrager en préférant les importations de sorgho et d’orge aux dépens du maïs américain. Mais la Chine n’a pas le pouvoir de disposer de ce qui n’est pas produit. Les disponibilités mondiales en orge sont limitées. Les greniers australiens sont vides et l’Ukraine n’a plus rien à vendre.


Notre illustration : fret céréalier dans le port de Shanghai (archives).

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Auteur : Hénin Frédéric
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