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« Luzerne déshydratée » carbure sans émettre de carbone

La filière française « Luzerne déshydratée » sort renforcée de la crise de l’énergie. Quasi décarbonée, l’activité de déshydratation dans les usines n’a pas été victime de la flambée des cours des hydrocarburants fossiles. En 2023, culture de luzerne a bénéficié de conditions climatiques favorables.

Au mois de novembre 2025, La Coopération agricole – Luzerne déshydratée de France organisera le troisième prochain congrès mondial de la luzerne en Champagne, à Chalons en Champagne ou à Reims. Les représentants des filières « Luzerne » du monde entier seront invités à ce congrès, avec la promesse que le champagne coulera à flot !

En France, l’activité de déshydratation de la luzerne dans les usines sera alors totalement décarbonée avec quasiment une année d’avance sur les objectifs que s’était fixé la filière « Luzerne déshydratée »  en 2012.

L’an passé, déshydrater une tonne de luzerne à 46 % de taux de matière sèche n’a pas émis plus que 52 kg de CO2, soit 92,9 % de moins qu’en 2005. En un an, l’activité de déshydratation a réduit ses émissions de 26 Kg de CO2 par tonne de fourrage. Malgré le climat humide, la filière est parvenue à contrôler le taux d’humidité du fourrage récolté.

Ces très bons résultats ont été obtenus grâce au coup de pouce du Fonds France relance 2030 apporté par le ministère de l’Agriculture et l’Adème.

En France, la décarbonation de l’activité de désydratation a permis à l’ensemble de la filière de ne pas subir impuissante la flambée des prix des hydrocarburants fossiles en 2022. Ses coûts de production ont été maitrisés. Au Pays Bas, la filière luzerne a quasiment disparu car les usines de déshydratation fonctionnant au gaz n’étaient plus compétitives. 

Décarboner la culture de luzerne

Le prochain défit auquel s’attaquera la filière luzerne est la décarbonation de la culture de la luzerne. Aujourd’hui, l’émission nette de gaz à effet de serre (180 kg/t) est plus de trois fois supérieure à la production d’une tonne déshydratée.

Cette décarbonation sera un atout pour renforcer davantage la compétitivité de la filière Luzerne déshydratée puisqu’elle sera totalement affranchie de l’utilisation d’hydrocarburants fossiles ou de produits dérivés.

Les aménités positives de la légumineuse cultivée sur 11 % à 14 % de la SAU des exploitations productrices de betteraves constituent déjà un atout important. Les rendements des racines récoltées progressent de 5 tonnes par hectare et l’économie d’azote réalisée est de 40 €/ha/an. 

Par ailleurs, les projets label bas carbone sont un levier de plus pour rendre la culture de luzerne compétitive dans les assolements des nouveaux producteurs.

Sur une exploitation de 300 ha, remplacer les céréales et le colza par la légumineuse (8 % de la SAU)  réduit de 62 tonnes par an des émissions de gaz à effet de serre. Les crédits carbone vendus représentent alors un complément de revenu de 85 € ha de luzerne sur 5 ans (10 500 €).

Pour sa part, la filière alimentation animale s’engage aussi progressivement dans la voie de la décarbonation.

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Bilan de campagne 2023

L’an passé, la France est parvenue à  produire 830 000 tonnes de luzerne déshydratée, soit 75 000 tonnes de plus qu’en 2022 alors que la superficie récoltée avait diminué de 4,3 % à 67 000 hectares. A la fin de 2022, les replantations de parcelles avaient été en partie un échec mais le printemps suivant, le climat était favorable à la croissance du fourrage.

La France est le seul pays européen à avoir produit plus de fourrages déshydratés qu’en 2022. Sa production équivaut dorénavant à 28 % de l’ensemble de la production européenne passée sous le seuil de 3 Mt. La production espagnole (32 % de la production européenne) a perdu 7 points en un an en raison du climat caniculaire qui régnait l’an passé sur la péninsule ibérique. Et en Italie, la production italienne n’équivaut plus qu’à 27 % de la production européenne (- 2%) : des inondations ont détruit une partie des plantations.

Le marché européen de la luzerne a été concurrencé par une abondante production de fourrage d’herbe et par une demande de l’industrie de l’alimentation animale qui fléchit. La décapitalisation bovine n’épargne aucun pays européen. A l’export, la luzerne se commercialise difficilement. Comme les Emirats arabes Unis ont moins soutenu la production laitière alors que les coûts de production augmentaient, moins de luzerne a été importée.

Pour 2024, la surface de luzerne perdue l’an passé sera en partie regagnée. Par rapport à 2023, elle va augmentée entre 2,5 % à 3 %. Il reste à savoir si les conditions de cultures seront favorables à la pousse de la légumineuse.

La suppression des 4 % de jachère permet aux producteurs de luzerne de cultiver les terres libérées en céréales, en pommes de terre ou en betteraves. En contrepartie, une partie de la superficie de la luzerne de ces exploitations productrices sera déclarée à la place des 4 % de jachère qu’il est dorénavant possible de cultiver. Mais en ne pouvant pas les traiter, la durée de vie de ces parcelles de luzerne sera réduite car des adventices vont les conquérir.

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Des organisations de producteurs pour mener des projets  

L’an passé, quatre organisations de producteurs de luzerne ont été créées et reconnues.

France luzerne pourra lancés des programmes opérationnels co-financés à 50 % par l’Union européenne répondant à la stratégie individuelle de chaque entreprise dans le cadre des objectifs fixés par le règlement OCM de l’Union européenne.

Il s’agit par exemple de mettre en place des systèmes de traçabilité et de certification.

L’objectif de ces programmes opérationnels est de créer de la valeur et pour mieux rémunérer les producteurs.

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