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Les effectifs en élevage bovin viande en diminution

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L’Institut de l'élevage ne dénombre plus que 58 000 ateliers de vaches allaitantes en France dont les effectifs ne progressent plus pour compenser la fermeture des ateliers. Le sud de Massif Central résiste bien, mais l’arc limousin-charolais fléchit fortement.

Lassitude, concurrence, démographie ! Comment expliquer la baisse sans précédent du nombre d’ateliers de vaches allaitantes en France ? Ces trois dernières années, près de 9 000 élevages ont disparu, déplore l’Institut de l’élevage (Idele). Or dans le même temps, seul un peu plus de 4 000 ateliers ont été créés, en grande partie par de jeunes éleveurs. (voir le schéma 1 en fin d'article)

Résultat, la France bovine comptait 1 900 ateliers en moins en 2018 que l’année précédente, 1 500 en 2017 et 900 en 2018.

Seuls 58 000 ateliers étaient encore en activité l’an passé, soit 10 000 de moins qu’en 2008 et 15 000 de moins il y a vingt ans.

Les détenteurs sont moins nombreux chaque année dans les bassins allaitants, berceaux des races des rouges de près, charolaises et limousines. En revanche, le sud du Massif Central reste une région dynamique ainsi que dans une moindre mesure, le sud des Alpes même si on dénombre peu d’éleveurs. (voir le schéma 2 en fin d'article)

Les régions en déprise sont celles qui avaient le plus capitalisé durant les années 2013-2015, alors que les règles de la réforme de la Pac 2014-2020 n’étaient pas encore connues.

En fait, des ateliers disparaissent alors que les effectifs des troupeaux de ceux encore en fonctionnement ne croissent plus. En conséquence, on ne dénombraient que 3,9 millions de vaches allaitantes l’an passé, 151 000 têtes en moins que trois années auparavant.

L’Idele a restitué lors de la sixième édition « Grand élevage » les résultats d’une étude portant sur les dynamiques des élevages de bovins viande.

La  combinaison de plusieurs facteurs explique ce phénomène surprenant par son ampleur alors que la filière n’est pas particulièrement en crise.

Mais dans chacun des départements étudiés, certains facteurs l’emportent sur d’autres.

Tout d’abord, l’élevage allaitant serait en concurrence avec d’autres activités moins contraignantes à défaut d’être plus rentables. En Vendée, les éleveurs ne manquent pas d’opportunités pour changer d’orientation. Des polyculteurs-éleveurs abandonnent l’élevage pour devenir agriculteur pluri-actifs tandis que d’autres, dans les Ardennes ou dans la Meuse, se spécialisent en grandes cultures. (voir schéma 3 en fin d'article)

Autre facteur de baisse du nombre d’ateliers de bovins viande, la spécialisation des détenteurs de deux troupeaux laitiers et de vaches allaitantes en renonçant à une de leur production.

Mais surtout, aucun éleveur en activité n’a été épargné par les dérèglements climatiques. Ils ont affecté autant la fertilité des vaches (décrochage du nombre de naissances de veaux de trois points par rapport aux effectifs de vaches allaitantes) que leur affourragement. Si bien que des éleveurs ont vendu les bêtes qu’ils ne pouvaient pas nourrir sans les avoir remplacées.

Par ailleurs, de plus en plus de producteurs ont renforcé l’autonomie fourragère de leur exploitation aux dépens de l’effectif de leur troupeau.

Combinés, tous ces facteurs climatique et sociologique amplifient la baisse du nombre d’ateliers en activités liée à des facteurs démographiques.

Une grande majorité partie du troupeau de vaches allaitantes est détenue par des producteurs de plus de 50 ans (49 % du cheptel dans les mains des 50-60 ans).

Même si de nombreux éleveurs âgés prolongent leur carrière au-delà de l’âge de 62 ans, la cessation définitive de leur activité est un jour ou l’autre inéluctable. Or dans le même temps, le nombre d'installations de jeunes producteurs et de créations d’ateliers est au mieux stable. Et la dimension de leur troupeau ne parvient plus à compenser, à l’échelle nationale, la baisse des effectifs de vaches allaitantes. 

Trois schémas illustratifs

Schéma 1 :

Schéma 2 :

Schéma 3 :

Notre photo ci-dessous est une archive et montre des limousines.

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Auteur : Hénin Frédéric
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