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Le risque de banalisation de la filière bio est réel

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25Avr2018

Les fondements sociétaux sur lesquels repose l’essor de l’agriculture biologique ne résistent pas à l’évolution de la société et aux aspirations contradictoires des consommateurs. Mal organisée, l’offre n’échappera pas à des crises de surproduction. Et le recours aux importations est d'ores et déjà inévitable lorsqu’elle est insuffisante. La relocalisation de la production agricole qu’induit l’essor de l’agriculture biologique en France est un mythe sciemment entretenu.

Les principes auxquels sont associés l’essor de l’agriculture biologique ne résistent pas à la pression des consommateurs, affamés de produits bio.

C’est un modèle production qui privilégie en France et dans l’Union européenne les circuits courts de commercialisation. Il dépasse largement l’absence de produits de synthèse, puisqu’il associe des conditions d’élevage et de bien-être animal.

Mais la pression exercée par les consommateurs pour satisfaire leurs demandes, s’inscrit en porte à faux avec les capacités de production des agriculteurs, des cycles des saisons ou encore du rythme de croissance des plantes et des animaux.

Aussi, comme pour n’importe quelle filière, les importations de produits bio sont inévitables. Pour autant, le transport en masse de fruits et de légumes est moins polluant que les trajets effectués par les particuliers entre leur domicile et les surpermarchés ou les marchés où ils se rendent, pour s’approvisionner ! 

Organiser la filière

Au niveau de la production aussi, le risque de banalisation de la filière bio est réel si ses acteurs ne parviennent pas à s’organiser.

Pour Alain Cottebrune de la ferme du Houguet (dans la Manche), la conversion au bio « a été un moyen de redevenir maitre chez soi et de ne plus être liés à des contrats qui ne rémunèrent plus et qui reportent en plus la responsabilité sur les producteurs quand ça ne va pas ». Il participait à la conférence organisée par le think tank  Agr’Idées (ex Saf) et intitulée « Quelle résilience pour les filières bio ? ».

Pour autant, il s’est rendu compte que les débouchés des produits bio ne sont pas garantis. Les principes sur lesquels reposent l’agriculture biologique ne résistent pas aux lois du marché. En pleine saison de tomates l’été passsé, les prix ne rémunéraient plus les producteurs !

Pour ne pas tomber dans un des travers de l’agriculture conventionnelle, il est temps que les agriculteurs bio s’organisent. Alain Cottebrine suggère de déclarer les surfaces de légumes et de fruits plantés à l’agence bio pour compléter l’observatoire par exemple.

« Pourquoi les agriculteurs n’auraient-ils pas non plus la main sur les promotions afin de les mettre en place en fonction de l’évolution de la production », ajoute l’agriculteur normand. A ce jour, les supermarchés les programment parfois six mois à l’avance, sans avoir une idée de ce que sera l’offre et des conditions climatiques.

Un bilan financier équilibré

Le développement de la contractualisation sur plusieurs campagnes équilibrerait l’offre et rendrait le producteur moins dépendant des aléas des marchés.

En matière de financement et de développement des exploitations bio, les règles de gestion à appliquer sont les mêmes qu’en agriculture conventionnelle.

Toutefois, une conversion à l’agriculture biologique et une commercialisation des produits bien organisées sont des atouts pour gérer au mieux sa ferme et éviter la spirale de l’endettement dans laquelle sont parfois enfermées les exploitations en conventionnel, faute de prix rémunérateurs.

« Pour financer un projet, la priorité est l’autofinancement, soutient Pascal Trideau d’Esfin Gestion (Crédit Coopératif), lui aussi invité au colloque d’Agr’Idées. Et pour y parvenir, il faut limiter la distribution de bénéfices ».

Enfin, la filière bio est la mieux placée pour faire reconnaître sa dimension RSE (responsabilité sociétale des entreprises) puisqu’elle intègre déjà des préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans ses activités.


Notre illustration ci-dessous est issue de Fotolia, lien direct : https://fr.fotolia.com/id/119659077.

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Hénin Frédéric

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