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Le porc bio recrute

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Le cochon bio a clairement de l’avenir en France. Attention cependant à ce pas foncer tête baissée.

Il n’y avait jamais eu autant de monde pour une réunion technique sur le porc bio en Bretagne disait, il y a quelques jours à Ploufragan (Côtes-d’Armor), un des participants à ce colloque organisé par la Fédération régionale des agriculteurs bio. C’est le signe, sans conteste, d’une production en plein essor qui recrute à tour de bras. Oui, le cochon bio a de l’avenir. Comme bon nombre de filières en agriculture biologique stimulées par une demande croissante.

En 2016, la demande en France de viandes de porc et charcuterie a progressé de 20 % alors que la production (700 élevages dont 388 naisseurs engraisseurs pour environ 10 000 truies en production) n’a gagné que 7 % par an en moyenne depuis 2014. Résultat, le marché est largement sous-approvisionné par les Français dont les produits ne satisfont que la moitié de la consommation. Néanmoins, au vu du nombre de producteurs actuellement en conversion, les choses devraient rapidement changer. « On prévoit une augmentation de 60 % du nombre de truies d’ici à 2019 », explique Jean-François Deglorie, animateur technique de la commission bio d’Interbev.

De 1 % des effectifs porcins totaux, le bio pourrait alors passer à 1,5 % avec des éleveurs nouveaux en porc, des conventionnels convertis aux charmes du bio ou des bio en voie d’agrandissement. De quoi réjouir les acteurs de la filière française qui tablent sur un bio à 2 % en 2019 et 5 % en 2022, est-il indiqué dans le plan de filière remis au gouvernement à l’occasion des états généraux de l’alimentation. Cependant, pour y parvenir, pas question de se précipiter, ont dit les représentants de groupements de producteurs présents au colloque. Certains d’entre eux prônent un cahier des charges bio +, c’est-à-dire le cahier des charges du bio européen renforcé de quelques items.

Citons, par exemple, l’interdiction du caillebotis (il est autorisé à 50 % en Europe), la limitation du nombre de truies par atelier ou l’obligation de disposer de terres pour disposer de 40 à 50 % des besoins en alimentation. D’autres groupements prônent le respect du seul cahier des charges européen qui définit les règles du bio en Europe. En fait, tous s’accordent sur l’idée d’une croissance de la production qui ne déséquilibre pas le marché. Si les indicateurs de marché venaient à montrer décrochage de la demande à l’avenir, ils pourraient limiter ensemble les mises en place de production nouvelle pour éviter l’effondrement des cours, comme ce fut le cas lors de la dernière crise de surproduction, en 2012.
 

Notre illustration est issue de Fotolia, lien direct https://fr.fotolia.com/id/145557487.

 

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Auteur : Jourdain Franck
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