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Le drone agricole prêt à espionner les parcelles

En France, le nombre d’opérateurs de drones ne cesse de croître. Aujourd’hui presque 400 entreprises sont enregistrées auprès de l’aviation civile et autorisées à accomplir différentes missions, notamment dans le secteur agricole.

Avec l’arrêté ministériel du 11 avril 2012 réglementant leurs usages, la France est devenue le premier pays du monde à autoriser les drones civils à évoluer dans son espace aérien. Cet arrêté a d’ailleurs conduit à la création de la Fédération professionnelle du drone civil (FPDC) en juin 2013 par quatre industriels (constructeurs et opérateurs) de drones : Delair-Tech, Infotron, RedBird et Azurdrones.

Plus seulement réservés à un usage militaire, les drones effectuent des prises de vues pour le cinéma, pour la gestion ou la surveillance des réseaux de transports, l’aménagement du territoire… Et ils font depuis peu leur apparition dans l’agriculture de précision.

Cartographie parcellaire et analyses des données

Entièrement élaboré pour aider les agriculteurs à relever les challenges actuels, qu’il s’agisse de s’adapter aux pressions réglementaires (Ecophyto 2018, Directives Nitrates) ou économiques, le drone allie la performance de la robotique à celle la télédétection pour produire des conseils directement exploitables.

Ce joujou à la James Bond s’avère très utile en accomplissant plusieurs missions : survol d’une exploitation pour obtenir une cartographie parcellaire précise, idéal pour les grandes exploitations ou les surfaces morcelées ; recueil de différentes données avec des capteurs spécifiques, comme l’indice de végétation, l’indice de stress hydrique, le niveau de chlorophylle, celui de mauvaises herbes ou de parasites présents dans le champ.

Grâce à toutes ces mesures, obtenues sans se déplacer, l’agriculteur obtient des cartographies de données qu’il peut analyser. Il optimise la gestion de ses intrants, en localisant leurs applications et en gérant les doses. Il définit des zones à risques qui réclament une attention particulière. Il estime les rendements ou les meilleurs moments pour récolter.

La société Redbird, spécialisée dans le secteur des drones, voit dans cette technologie plusieurs avantages : avec des images d’une résolution de quelques centimètres par pixel, le drone offre une évaluation plus précise qu’un satellite de l’état des exploitations, volant à une hauteur de 150 mètres au maximum, le drone opère sous la barrière nuageuse, pour un rendu plus fiable. Et enfin, les différents types de drones existant offrent la possibilité d’emporter plusieurs types de capteurs, permettant de réaliser une grande variété d’analyses sur différentes cultures.

Une réglementation stricte

Mais attention ! Tout le monde n’est pas autorisé à piloter ces drones, ni à les commercialiser, il est nécessaire de respecter la réglementation à la lettre. Celle-ci est définie dans l’arrêté ministériel du 11 avril 2012.

D’abord, les constructeurs doivent obtenir de la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) une attestation de conception de type pour commercialiser un drone, qui précise notamment la catégorie de l’aéronef (de A à E, lien en fin d’article), la nature de l’activité envisagée, et les scénarios de mission qu’il peut effectuer (S1 à S4, lien en fin d’article).

Egalement, les opérateurs (les chefs d’exploitation dans le cas agricole) doivent figurer sur une liste établie par la DGAC qui mentionne notamment la nature de leur activité, le scénario de mission, le constructeur et le modèle d’aéronef utilisé. Car en fonction des missions, différents types de drones sont disponibles.

Les télépilotes (les utilisateurs, ou salariés agricoles) doivent eux avoir obtenu une certification officielle (formation théorique) et disposer d’une DNC (Déclaration de Niveau de Compétence). Une certification officielle qui s’obtient après une formation dans un organisme reconnu.

Pour finir, les autorisations de vol passent par le dépôt préalable auprès de la DSAC (en préfectures) d’un Manuel d’Activité Particulière (MAP), qui doit ensuite être mis à jour régulièrement. Tous les vols sont ensuite soumis au code de l’aviation civile.

Trois possibilités pour faire voler un drone

Pour un survol de votre exploitation par un drone, vous disposez de trois possibilités. 1) Par vous-même, en tant qu’exploitation agricole. Il vous faut l’appareil et obtenir la certification officielle de télépilote, s’enregistrer comme opérateur auprès de la DGAC, tout en déposant un MAP auprès de la préfecture. Une démarche quelque peu lourde, mais qui laisse l’avantage d’être autonome dans l’utilisation de l’engin. 2) Tout en ayant le drone, faire appel à un opérateur à chaque utilisation. 3) Investir dans une prestation de la part d’un opérateur.

Dans les deux derniers cas, les démarches administratives sont concrétaisées par l’opérateur externe, mais évidemment, en contrepartie, vous les retrouvez sur la facture.

20 à 50 000 € le drone, plus le permis

Si l’exploitant tient à utiliser son propre drone, la certification officielle, similaire à un « permis », coûte entre 200 et 2000 euros (en fonction du type de drone). Lesquels s’ajoutent au prix du drone proprement dit : un investissement de 20 000 à 50 000 euros est nécessaire pour s’équiper d’un drone pouvant remplir les missions destinées à l’agriculture.

Ces prix élevés s’expliquent par le fait qu’il vous faut l’appareil. En comparaison, lorsque vous utilisez un satellite, vous n’achetez pas celui-ci (et hereusement…), mais un GPS, d’où une technologie bien plus accessible.

Si un tel investissement est impossible (ou si vous voulez attendre un peu que les prix baissent), il reste possible de payer des prestations auprès des opérateurs, qui fixeront celles-ci en fonction de la mission requise. Avec tout ce que cela implique, devis, disponibilité de l’opérateur, temps du dépôt et d’acceptation du MAP, types de missions et de drones demandés, localisation de l’opérateur, répétitions des missions au cours d’une année… Les prix du marché situent les prestations entre 15 et 100 euros par hectare en fonction du travail et des mesures à effectuer.

Enfin, sachez que la société Airinov présentera l’un de ses modèles au prochain salon de l’agriculture de Paris. La société a d’alleurs mis en ligne une vidéo de démonstration (ci-dessous).

En savoir plus : http://www.federation-drone.org/les-drones-dans-le-secteur-civil/la-reglementation-francaise (la réglementation concernant l’usage des drones sur le site de la Fédération professionnelle des drones civils) ; http://www.federation-drone.org/les-membres-de-la-federation/les-centres-de-formation (la liste des organismes de formation reconnus) ; http://www.federation-drone.org/les-membres-de-la-federation/operateurs (la liste des opérateurs enregistrés auprès de la DGAC) ; http://www.redbird.fr/ et http://www.airinov.fr/

Une cartographie parcellaire réalisée par un drone de la société Redbird.

Le drone X100 de Redbird, destiné aux petites surfaces.

6 Commentaire(s)

  1. Je trouve que beaucoup de monde crée des entreprises pour cartographier les parcelles en drone, mes sont elle crédible ?

    Je trouve que il médiatise énormément ce genre de prestation, mes personne a de recul sur ces prestation très coûteuse pour savoir si ça vos vraiment le coup de faire des analyses aerienne.

  2. Bonjour Ei Mateu,

    DumDum, un des membres actifs de Wikiagri, a dejà réalisé des tests sur une de ses parcelles en blé dur avec un drone, un sujet de forum à voir ici. Avec des premiers résultats mesurables que notre ami Dumdum met à la disposition de tous à télécharger là.
    DumDum je pense sera ravi d’échanger sur sa propre expérience avec vous.
    Vous pouvez lui envoyer un message privé en passant par sa fiche membre.

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