Le CAP’2ER®mesure l’efficience au-delà du carbone

Mesurant les émissions et le stockage du carbone, le CAP’2ER® prend également en compte : énergie, qualité de l’air, de l’eau et biodiversité. Au-delà, cet outil apporte des arguments de communication positive sur le métier d’agriculteur. 

« Le CAP’2ER® permet un diagnostic de l’exploitation, cette mesure de l’efficacité est complémentaire de l’habituelle approche économique » apprécie Benoit Mouchard. Le responsable d’équipe conseil technique et environnement au Cerfrance Normandie Ouest note que cet outil valorise le métier en calculant entre autres le potentiel nourricier d’une exploitation et sa contribution à la biodiversité. 

Développé par l’Institut de l’Elevage – Idele, le CAP’2ER® évalue les impacts environnementaux d’un atelier (niveau 1) ou de l’exploitation (niveau 2). Benoit Mouchard apprécie cet outil : « il permet d’aller au-delà d’un diagnostic en silo des différents ateliers d’une exploitation, en analysant l’ensemble du système ». D’ores et déjà utilisable pour tout type d’exploitation en grandes cultures et élevage de ruminants, l’adaptation pour les volailles et systèmes porcins est en cours de finalisation. 

Le conseiller Cerfrance souligne : « le CAP’2ER® mesure plus que le carboneLes cobénéfices de l’activité agricole tels que la biodiversité et le potentiel nourricier sont également pris en compte ». Côté énergie, production et consommation sont comptabilisées. Les impacts sur la qualité de l’eau et de l’air sont également évalués en estimant et intégrant les consommations d’eau, pertes d’azote ou encore érosion. Cet outil permet aussi de communiquer sur les contributions positives notamment concernant les émissions de carbone en prenant en compte le stockage.

Benoit Mouchard précise : « toutes les données utilisées pour le CAP’2ER® doivent être vérifiables. Elles sont issues de la comptabilité, des inventaires, cahier d’épandage, registre phytosanitaire ». Concrètement, le diagnostic représente couramment une demi-journée de saisie pour le conseiller puis une demi-journée en présence de l’agriculteur. Le conseiller Cerfrance recommande : « il ne faut pas chercher à être trop précis. La rotation des prairies temporaires par exemple n’est pas forcément à évaluer à l’échelle de la parcelle mais plutôt globalement sur l’exploitation »

Renouveler l’évaluation tous les cinq ans

En permettant de se situer par rapport à un référentiel, la restitution souligne les points forts et points faibles du système mais aussi l’occasion de se projeter avec plusieurs hypothèses. Benoit Mouchard note : « les mesures d’efficience sont souvent concordantes avec les données économiques, le CAP’2ER® apporte une évaluation en termes de matière ».

Au-delà de l’état des lieux, des actions sont simulées permettant d’évaluer leur impact sur les émissions et stockage de carbone, l’évolution des consommations d’énergie, etc. Le conseiller Cerfrance indique : « il peut être intéressant de renouveler le diagnostic tous les 5 ans et annuellement de faire un point sur le plan d’action défini et sa mise en œuvre ».

Le responsable d’équipe observe une démocratisation de cette démarche : « elle est de plus en plus demandée voir imposée car les grandes entreprises doivent évaluer le scope 3 de leur bilan carbone c’est-à-dire les émissions liées aux activités amont et aval ». Cet outil devient ainsi un élément d’accès au marché. Benoit Mouchard conseille : « il est judicieux que les producteurs réalisent leur propre CAP’2ER® transversal avec une organisation indépendante de leur choix afin de ne pas avoir à le refaire pour chaque atelier. Ils auront ainsi une vision globale de leur système et éviteront les mesures améliorant la performance d’une activité au détriment d’une autre ».