Canal de suez

La géopolitique contrarie les fondamentaux des marchés des céréales.

Les récents déroutages d’une partie du trafic maritime du canal de Panama et du canal de Suez modifient les relations commerciales étasuniennes.

Le déroutage d’une partie de la flotte maritime par le Cap de Bonne-Espérance rallonge les délais d’acheminement d’une quinzaine de jours. Et comme les navires sont mobilisés plus longtemps pour effectuer des trajets plus longs, ils sont moins disponibles.

Dorénavant, les expéditions de céréales américaines vers le Japon via le Cap de Bonne Espérance durent 54 jours, soit 19 jours de plus qu’en passant par le canal de Panama. Mais ce dernier est en partie paralysé.

Aussi, le Japon tente de s’approvisionner auprès d’autres pays plus proches.

Pour leur part, les Etats-Unis n’ont pas hésité à redéployer leurs échanges commerciaux. Tout en exportant 30 Mt de maïs depuis le début de la campagne de commercialisation (+ 29 % par rapport à 2022), ils ont privilégié la proximité et les trajets courts, relate l’USDA, l’organisme américain de statistiques.

Par voie maritime, 57 % des grains expédiés entre septembre et décembre ont été livrés au Mexique et en Colombie (versus 20 % au cours des quatre dernières années) et 3,8 Mt de grains ont été transportées par voie terrestre (versus 2,9 Mt au cours des quatre dernières années). Pour la première fois depuis six ans, le Salvador et le Guatemala ont acheté du maïs américain embarqué dans des ports de l’Océan du Pacifique nord.

La Chine principale victime des déroutages

Premier pays importateur au monde de céréales (50 Mt environ), l’orge européenne importée était habituellement acheminée par le canal de Suez. Quant au maïs étasunien et au soja brésilien importés, une grande partie des quantités acheminées quittait le golfe du Mexique et franchissait le canal de Panama pour rejoindre l’Océan Pacifique.

Mais là encore, les relations commerciales de l’Empire du milieu ont toujours évolué au gré des relations géopolitiques qu’elle entretient avec les pays tiers. Mais le climat contrarie ses plans.

Après avoir boudé les céréales australiennes, la Chine les a convoitées lorsque la guerre en Ukraine s’est enclenchée. Mais cette année, l’Australie elle ne contentera pas tous ses clients. Or l’Empire du milieu ne ne peut pas uniquement compter sur le Canada et l’Union européenne pour faire ses achats.

Aussi, la Chine commerce avec le Kazakhstan et la Russie avec lesquels elle partage des frontières communes. Au cours des trois premiers mois de la campagne, le Kazakhstan a déjà expédié 300 000 tonnes de blé vers la Chine alors qu’aucun grain n’avait été vendu l’an passé, selon l’USDA.

Avec la Russie, les échanges commerciaux ont décollé une fois les restrictions commerciales levées. Un accord commercial signé avec une société d’exportation russe EPT prévoit l’acheminement de 70 Mt de céréales, d’oléo-protéagineux et de légumineuses au cours des douze prochaines années. En conséquence, le 1er pays exportateur de blé au monde a dorénavant comme partenaire commercial, le 1er pays importateur au monde  de grains.

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