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En Loire-Atlantique, des agriculteurs menacés alors qu'ils semaient du blé

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Menacés de mort parce qu'ils semaient dans leur champ, un couple d'agriculteurs de Loire-Atlantique s'émeut de la psychose qui s'empare des populations, lesquelles voient des pesticides tueurs partout.

"Nous n'étions même pas en train de traiter, nous semions !" Les pratiques agricoles sont à ce point montrées du doigt que ces informations qui fourmillent contre l'usage des pesticides entrainent des confusions dans les esprits, allant jusqu'à une peur panique. "Il faut que ça cesse, c'est incroyable d'être menacés alors que nous ne faisons que notre métier, qui consiste à nourrir les gens..." Magaly et Bruno Bioret cultivent (céréales et légumes) la majeure partie des terres autour de la commune de Nort-sur-Erdre (8500 habitants au dernier recensement de 2015, située à une trentaine de kilomètres au nord de Nantes). Il s'agit pour la plupart de petites parcelles, qui effectivement touchent les jardins des propriétés privées.

"Je vous chasse à coup de fusil"

Il y a quelques jours (le 31 octobre), c'était le temps du semis de blé, sur une parcelle de 8 hectares. Un voisin (qui ne s'est pas présenté) a téléphoné et Bruno Bioret a décroché. "Il m'a dit que si quelqu'un revenait mettre des pesticides, il viendrait avec son fusil". La menace a été prise au sérieux, les agriculteurs ont déposé une main courante auprès de la gendarmerie. Magaly Bioret a même twitté son désarroi, entrainant de multiples commentaires :

"Mais c'est fou, précise Magaly Bioret à WikiAgri. Visiblement, on a affaire à quelqu'un qui ne fait pas la différence entre un semis et un traitement avec phytosanitaires. Quand on sème le blé, nous agissons pour nourrir !"

Pourtant, des agriculteurs déjà dans une démarche "citoyenne"

"Notre activité, ce n'est pas nouveau, explique Bruno Bioret, le chef d'exploitation. Je suis installé depuis 1999, on nous connait ici. Mais c'est la première fois que nous avons affaire à des menaces." Des menaces d'autant plus difficiles à comprendre en l'occurrence que le couple d'agriculteurs en question s'adapte au fil du temps aux demandes sociétales. "Nous avons discuté avec les voisins des parcelles, expliquent-ils. Nous savons que la plupart d'entre eux n'aiment pas quand nous traitons. Certains nous ont dit ne pas vouloir sortir dans leur jardin ou laisser du linge à sécher dehors au moment nous opérons nos passages de phytosanitaires. Alors nous avons mis en place une alerte par sms. Nous les prévenons avant chaque passage, pour qu'ils puissent prendre leurs dispositions."

Bruno Bioret renchérit : "Et puis, franchement, des traitements, on fait attention, on en passe de moins en moins. Quatre ou cinq par an désormais, avec des précautions qui n'ont cessé de s'accroitre au fil des connaissances en la matière. J'ai une station météo par exemple, pas question de traiter s'il y a un risque de dissémination par le vent. Et puis je traite soit entre 22 heures et 2 heures du matin, soit entre 4 et 8 heures du matin. Pas pour me cacher, non. Mais parce que c'est à ces heures-là que les traitements sont les plus efficaces, et s'ils sont plus efficaces, on peut gagner un passage à l'arrivée."

En 19 années d'activité, l'exploitation a été contrôlée 22 fois. "Et je suis en formation continue, je connais les évolutions par rapport aux attentes environnementales, que ce soit en termes de normes ou de techniques d'approche agronomique", ajoute encore Bruno Bioret.

Face à la peur panique, organiser des visites d'exploitation

Pour autant, le couple quadragénaire ne veut surtout pas entrer dans une logique de conflit, au contraire. "Je pense que si nous avons affaire à des réactions de cet ordre, c'est en raison d'une peur panique issue de nombre de reportages médiatiques diffusés récemment, analyse Magaly Bioret. Les traitements pesticides deviennent particulièrement redoutés. Seulement, nous, nous en sommes conscients. Nous les limitons autant que possible, prenons toutes les précautions au moment des passages, au-delà même des réglementations. On dit souvent que le monde agricole ne communique pas assez, ou pas assez bien. Je pense que chacun, à son niveau, doit faire un effort dans ce sens. Nous n'avons pas pris le temps, jusqu'à présent, de faire une opération "ferme ouverte" pour inviter tout notre voisinage et lui présenter nos activités. Nous allons le faire désormais. La menace que nous subissons est vraiment totalement disproportionnée au regard de nos activités. Nous sommes des agriculteurs avant tout passionnés par notre vocation à vouloir nourrir les gens."

En espérant que jamais la menace du fusil ne devienne un passage à l'acte...
 

Lire également :
Un viticulteur des Bouches-du-Rhône menacé avec un fusil chargé dans ses vignes


L'illustration ci-dessous est une photo d'archives, sans lien direct avec les faits décrits dans l'article, montrant un semis opéré près de maisons d'habitations. Evidemment sans danger pour personne.

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Auteur : Jeandey Antoine
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Journaliste professionnel depuis 1987. Collaborations multiples et variées dans la presse agricole. J'ai été rédacteur en chef de JA Mag (mensuel du syndicat...

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  • 1Commentaire
  • #1

    Çà ne m'étonne pas ..dans ce pays, il reste des gènes de la révolution...Des tout fous qui ont d'ailleurs lors de la révolution tués, égorgés des innocents y compris des prêtres qui n'y étaient pour rien.. lorsque l'on traine la médiocrité et que l'on n'a aucune faculté à réfléchir , on est toujours conduit à considérer que tous ses malheurs viennent de la faute aux autres..

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