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En Italie du Sud, la compétitivité des producteurs de tomates repose sur la main-d'oeuvre bulgare bon marché

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Ils sont recrutés par des "caporali" dans les villages les plus pauvres de Bulgarie, travaillent dans des conditions inacceptables et touchent des salaires de misères. Tandis que les les "caporali" qui les rackettent gagnent eux jusqu’à 600 € par jour, selon Le Courrier des Balkans

Dans la région de Foggia, dans des Pouilles, plus de mille Bulgares travaillaient l’été dernier comme des milliers d’autres en Italie du Sud comme saisonniers. Sur les 120 000 compatriotes recensés en Italie, 25 000 sont en fait employés chaque année dans le secteur agricole. Un article paru dans Le Courrier des Balkans décrit leurs conditions de travail dignes d’une époque que l’on aurait cru révolue en Europe. Ce qui n’est pas sans conséquences en France où les employeurs sont tenus de respecter un code de travail exigeant.

Après une journée de travail payée 30 €, que leur reste-t-il à la fin du mois à des saisonniers bulgares une fois déduits les frais de logement et de transport et les commissions prises par leur « caporal » sur chacune des caisses de tomates livrée?

300 euros par mois selon Le Courrier des Balkans, qui a publié un article consacré aux conditions de travail des Bulgares venus faire la saison en Italie du sud. Tandis que les « caporaux » des équipes de saisonniers (environ 60 individus) percevraient chacun jusqu’à 600 € par jour. Ce sont des hommes soudoyés qui servent d’intermédiaires entre les saisonniers et les employeurs car ils maitrisent l’italien. Ce sont aussi eux qui ont recruté les volontaires au départ pour l’Italie dans les villages en Bulgarie et qui ont organisé leur déplacement jusqu’en Italie, sur l’exploitation où ils travaillent.

Là, chaque caporal prélève une commission de 50 centimes pour chacune des caisses de tomates remplie et perçoit cinq euros par jour et par personne pour le transport entre le lieu d’hébergement et le chantier de récolte.

Les Roumains venus travailler en Italie sont victimes des mêmes abus. Selon le Courrier des Balkans, « 90 % sont des travailleurs saisonniers sans le moindre contrat, en infraction à la législation du travail ».

Les employeurs italiens et leurs caporaux « recruteurs » exploitent ainsi la misère sociale des saisonniers qui vivent dans des conditions encore plus misérables dans leur pays d’origine, sans protection sociale.

Les Bulgares et les Roumains remplacent en fait les Marocains et les Tunisiens qui occupaient les mêmes fonctions dans les années 1970/1980, période durant laquelle les pays d’Europe centrale étaient retranchés sur eux-mêmes.

Outre cette exploitation humaine dénoncée dans les médias bulgares et roumains, le reportage publié dans Le Courrier des Balkans souligne les distorsions juridiques en matière de droit du travail, en vigueur dans l’Union européenne entre les pays membres.

Pour les producteurs de tomates et de fruits français, leurs pires concurrents sont d’abord leurs voisins européens !

Les salaires pratiqués, la durée du temps de travail, les conditions de travail etc. bien plus favorables en France sont autant de coûts et de charges que les exploitants agricoles de la région de Foggia et d’Italie du sud dans sa globalité, n’ont a à supporter. D’où des prix de revient bien plus faibles mais à quel prix ?

Mais surtout, ces distorsions sociales sont des destructions de richesse, de valeur et de revenu. Les producteurs italiens de tomates (et de fruits en général) imposent sur les marchés des règles de fonctionnement que leurs concurrents ne peuvent pas suivre. En exploitant des salariés bulgares et roumains, ils sont compétitifs à des coûts de revient inégalables. Si bien qu’en France, des filières de production sont abandonnées à la concurrence étrangère. Et quand elles ne le sont pas, les agriculteurs français sont les premières victimes du moindre retournement conjoncturel avec à la clé des revenus alignés sur des salaires de saisonniers bulgares !  

Cette distorsion sociale entre pays européens enrichit une minorité d’exploitants peu scrupuleux aux dépens de milliers de saisonniers et d’autres exploitants  français entre autres. C’est la conséquence majeure d’une Union européenne bâtie sans politique sociale commune équitable pour tous.
 

En savoir plus : https://www.courrierdesbalkans.fr/Saisonniers-bulgares-dans-la-solitude-des-champs-de-tomates-d-Italie-du-Sud (article source).
 

Notre illustration ci-dessous est issue de Fotolia, lien direct : https://fr.fotolia.com/id/166573792.

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Auteur : Hénin Frédéric
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