En 2025, production européenne de lait boostée par le prix 

La conjoncture des marchés des produits laitiers et de la viande a profité à tous les pays européens l’an passé. Les éleveurs ont livré 147 Mt de lait, +1,8 % comparé à l’an passé. Les collectes de lait ont crû au fil des mois malgré le repli du prix du lait payé aux producteurs.

En France, les revenus moyens des éleveurs laitiers ont augmenté dans tous les bassins de production. En zone de plaine, le résultat courant par unité de main d’œuvre de 79 700 €/UMO des systèmes « Lait et viande bovine de plaine» (102 VL ; 766 000 litres de lait et 79 UGB viande), identifiés par l’Institut de l’élevage dans son dossier annuel « Bovins lait », sont entre trois et quatre fois supérieur aux scopeurs.

Les producteurs français de lait doivent cette performance à une progression des quantités de lait livrées au cours du second semestre 2025, mais aussi à un prix du lait en hausse sur une partie de l’année et enfin, à une meilleure valorisation  des vaches de réforme et des veaux de huit jours.

La France, moteur de l’Union laitière

Pour la première fois depuis des années, l’Hexagone a été un des moteurs de la croissance de la production de lait en Union européenne. La hausse de la collecte de +2,1 % en rythme annuel a été supérieure à la moyenne européenne (+1,8 %). La Pologne et les Pays Bas ont aussi été les piliers de cette dynamique européenne avec des livraisons de lait supérieures de 2,3 % et de +2,2 % à l’an passé.

En fait, la production européenne de lait avait progressé au fil des mois. Mais elle a notamment fortement augmenté durant le quatrième trimestre alors que les prix de la tonne de lait (480 €) avait perdu près de 60 € à 480 €/t.

En conséquence, 147 Mt de lait ont été produites l’an passé (+ 1,8 % en moyenne ou  +3 Mt). La campagne laitière s’est achevée avec une collecte de lait en hausse de +5% en rythme annuel durant le quatrième trimestre alors qu’elle avait débuté par un trimestre de repli (-0,8 %).

L’Idele souligne l’exception irlandaise caractérisée par une augmentation de 5 % de la collecte sur l’année, concentrée sur les trois premiers trimestres puis suivie par un léger déclin. Mais le prix du lait payé en Irlande avait fortement baissé durant le quatrième trimestre car il est très corrélé aux cours de la poudre et du beurre. Or ces derniers avaient eux-mêmes fortement diminué.

Aussi, les producteurs irlandais ont accéléré le tarissement de leurs vaches à la fin de l’année passée et ils ont réformé les animaux dont ils avaient prolongé la lactation lorsque le prix du lait était supérieur à 600 €/t. Sur l’ile, la campagne laitière est marquée par une forte saisonnalité, callée sur la pousse de l’herbe.  

L’an passé en Union européenne, l’augmentation des livraisons de lait a reposé sur d’importants gains de productivité en volume (moins de  vaches ont produit plus de lait) mais surtout en matière sèche utile (+3,3 %) grâce notamment à une hausse concomitante des taux protéiques et de matières grasses.

Perspectives sans panache

La décapitalisation du cheptel de vaches laitières s’est poursuivie dans toute l’Union. On en dénombrait plus que 19,1 millions fin 2025, 113 000 de moins qu’en 2024. Les effectifs ont ainsi baissé pour la campagne laitière consécutive mais bien moins rapidement que les années passées. Le prix du lait a motivé les producteurs de conserver leurs vaches quelques mois de plus pour produire plus de lait.

Mais le taux de décapitalisation varie d’un pays à l’autre.

En France, il est resté très élevé (-2,3 % ou – 76 000) en raison des épizooties qui ont sévi dans la plupart des régions. L’effectif de vaches laitières est passé sous la barre des 3 millions.

En Pologne et aux Pays Bas, le taux de décapitalisation s’est inscrit dans la moyenne européenne. En Allemagne et en Italie, les effectifs d’animaux avaient progressé d’un peu moins 1 %. Mais c’est en Irlande où ils ont le plus augmenté (1,49 million de vaches ; +1,7 % sur l’année).

Ces évolutions ne modifient pas la hiérarchie laitière des pays. Avec 3,6 millions de vaches, l’Allemagne demeure le 1er pays européen producteur de lait suivie par la France (2,99 millions et la Pologne (1,94 million). L’ensemble des pays baltes, la Scandinavie, le Portugal, la Bulgarie et la Tchéquie, la Slovaquie détiennent  moins de de 300 000 vaches chacun. En Estonie et en Grèce, on dénombre moins de 90 000 têtes  

Alors que l’excédent commercial français de produits laitiers a de nouveau régressé l’an dernier (2,2 Mds d’e ; -22 % sur un an), il a progressé à l’échelle de l’Union européenne de 3,9 % pour atteindre 25,8 Mds d’€. L’équivalent de 25,6 Mt de lait de produits laitiers ont été exportées.

Cette année, les effectifs de vaches continueraient à baisser mais de 1% à 18,9 millions de têtes, selon l’Idele. Mais le climat, la qualité des fourrages récoltés et la résurgence d’épizooties pourraient conduire à de nouveaux ajustements durant l’année.

En France, le cheptel de vaches diminuera davantage que dans le reste de l’Union européenne puisque les FCO sévissent toujours. Par ailleurs, des éleveurs réformeront les vaches dont ils avaient prolongé la lactation pour profiter de la conjoncture de prix très favorable et plus de producteurs âgés cesseront leur activité sans remplaçant.

Toujours selon l’Idele, la collecte européenne de lait s’effriterait de 0,5 % à 146,3 Mt. Les échanges commerciaux se maintiendraient à leurs niveaux actuels. Et la consommation intérieure oscillerait autour de 134,6 Mt.