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En 2023, planter 400 000 ha de betteraves coûtera plus d’1,2 Mds d’€ aux planteurs

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Selon la CGB, les planteurs de betteraves doivent s’attendre à une hausse des coûts de production de plus de 16 % l’an prochain par rapport à 2020. Chaque hectare planté reviendra à plus de 3000 €.

A plus de 40 € la tonne, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) a jugé « encourageante » les propositions de prix faites par les sucreries pour la campagne actuelle. Le prix tonne de betteraves doit non seulement compenser la hausse des coûts de production de l’année mais aussi la baisse de rendement consécutive à la sécheresse.

La CGB estime à 2 641 € le coût moyen de production d’un hectare de betteraves, soit 16 % de plus qu’en 2020. Mais compte tenu de la baisse de rendement observé cette année (- 7% en moyenne par rapport à 2021), le coût de production de la tonne de betteraves a augmenté d’au moins 20 %.

En fait, l’augmentation des charges est encore plus élevée si les planteurs ont acheté tardivement leurs intrants, durant les premiers mois de l’année et s’ils accusent une baisse de rendement supérieure à 7%.

A contrario, ceux qui ont pu anticiper leurs achats et qui n’ont pas été victimes de la sécheresse - il y en a - ont été en partie épargnés par l’augmentation des intrants.

Mais l’an prochain, aucun planteur n’échappera à l’inflation des prix des intrants observés depuis la fin de l’année 2020 et qui s’est accélérée lorsque la Russie est entrée en conflit avec l’Ukraine. Et ce sans avoir une quelconque idée du prix auquel la tonne de betterave sera payée courant automne 2023 (cf encadré).

Toutefois, « l’intégration de notre filière à Egalim 2, avec la publication en juin par l’interprofession d’indicateurs pertinents pouvant être pris en compte dans les contrats, est susceptible de favoriser une meilleure valorisation du sucre », explique la CGB.

En attendant, les planteurs ont besoin de visibilité pour planter au moins 400 000 ha de betteraves comme les années passées. A plus de 3000 € le coût de l’hectare cultivé, ils engageront au moins 1,2 milliard d’euros d’intrants et de charges.

La CGB estime en effet qu’un hectare de betteraves reviendra à 3051 €, soit 35 % de plus qu’en 2020. Les charges de structures progresseront en moyenne de 340 /ha en raison du prix de l’énergie et s’élèveront à 1594 €/ha. Et aux prix actuels des intrants, les charges variables atteindront 1352 €/ha, soit 64 € de plus. Les prélèvements sociaux sont d’environ 100 €/ha

Mais les planteurs qui ont échappé à une partie des hausses de charges cette année, parce qu’ils ont acheté leurs intrants avant que leurs prix n’aient flambé, supporteront proportionnellement des hausses plus importantes.

Au début de l’année, les planteurs de betteraves vont bientôt connaître les règles de la future réforme de la Pac. « Les principaux changements porteront sur les écorégimes et la conditionnalité », explique la CGB. La convergence des DPB se poursuivra aussi.  

Sur les écorégimes, la CGB a réussi « à faire reconnaitre les particularités de la betterave par rapport aux céréales de printemps : cette notion, simple, a fait gagner 1 point pour 44 % des betteraviers français ! Et pour la conditionnalité, le travail mené avec les associations spécialisées de la FNSEA a permis de limiter les contraintes supplémentaires : pas de changement sur les couverts en zone vulnérable et une rotation obligatoire à la parcelle sur 35 % des surfaces ».

Autre nouveauté l’an prochain, l’assurance récolte. Subventionnée à 70% (contre 65% actuellement), elle « se déclenchera dès 20% de pertes (contre 25 ou 30% actuellement) », se réjouit la CGB.

Au-delà de 50%, c’est la solidarité nationale qui prendra le relais, à hauteur de 90% de pertes.

Enfin, la CGB va demander une nouvelle dérogation pour utiliser des néonicotinoïdes.

Légende du diagramme: Hausse des coûts de production par hectare de betteraves à sucre

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Vulnérabilité économique de la filière betteravière

Au niveau mondial, la conjoncture a changé cette année. Après plusieurs années déficitaires, le marché du sucre serait excédentaire de 2 à 7 millions de tonnes (Mt), selon la CGB.

Par ailleurs, l’augmentation des prix des intrants affecte plus la filière betteravière que la filière canne à sucre.

La première tire sa source d'énergie pour fonctionnee des tiges des cannes alors que la seconde achète du gaz.

En conséquence, la filière betteravière sera plus sensible à un retournement de conjoncture sur le marché du sucre que la filière canne à sucre.

Dans le même temps, la culture de betteraves est concurrencée par d’autres productions moins risquées économiquement. Aussi, le prix de la tonne de betteraves qui devra être payée en 2023 aux planteurs devra suffisamment attractif pour que les planteurs ne soient pas tentés de planter davantage de céréales.

 

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Auteur : Hénin Frédéric
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