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Désherbage, mixez les stratégies

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Pour endiguer les adventices, élargissez vos possibilités de choix en intégrant le désherbage mécanique dans le panel des solutions.

C’est la flore présente et le niveau d’infestation qui guide la stratégie à conduire pour réduire la concurrence des adventices sur les premiers stades du maïs. En cas de forte pression de graminées estivales, il faut privilégier les interventions en prélevée ou post levée précoce. Ces herbicides racinaires ont besoin de 15 à 20 mm dans les 10 jours pour une efficacité optimale. Avec une flore à dominante de dicotylédones, mieux vaut agir en post-levée.

Pour contenir les problèmes de résistance, tout en réduisant coût et IFT, une réponse complémentaire est à chercher du côté du désherbage mécanique et des stratégies mixtes.
 

Envisager le désherbage mécanique

Avec un IFT moyen de 1,75, le maïs est une des grandes cultures les moins exigeantes en interventions phytosanitaires, qui sont pour la plupart des herbicides. Si on veut réduire son IFT, par exemple pour entrer dans une démarche HVE, c’est sur ce poste désherbage qu’il va falloir travailler. Sur le long terme, des pratiques agronomiques, comme l’allongement des rotations ou la mise en place de couverts, permettent de réduire le stock semencier. A court terme, le désherbage mécanique est une alternative accessible en culture de maïs. Non seulement son inter-rang facilite le passage des outils et en plus, sa date de semis rend plus probable la possibilité de trouver la bonne fenêtre météo. Sur les quelques jours à suivre, un temps sec renforce l’efficacité de l’action mécanique par le dessèchement des plantules d’adventices. Le désherbage mécanique peut se faire en plein avant la levée du maïs sur des adventices au stade filament. En conditions séchantes, on peut passer avec une herse étrille ou une roto-étrille. Si le sol est crouté en surface, mieux vaut privilégier la houe rotative. Si le semis est récent et bien fait à 4/5 cm de profondeur, on peut travailler sans problème à des vitesses entre 10 et 15 km/heure. On peut aussi intervenir sur l’inter-rang en post levée précoce, avec une bineuse.
 
Inclure le désherbage mécanique dans sa stratégie dépend déjà du matériel à disposition. Il n’est pas forcément nécessaire d’investir en propre dans un premier temps. Les Cuma et Eta sont de plus en plus équipées de différentes solutions de désherbage mécaniques. Choisir d’intervenir de façon mécanique se fera aussi en fonction de la disponibilité en main d’œuvre. Car le désherbage mécanique demande plus de temps qu’une pulvérisation même si le guidage aide à augmenter les débits de chantier. Autre facteur à prendre en compte, l’état du sol. La présence de mottes, de débris végétaux, un sol mal ressuyé compliquent le désherbage mécanique.
 

Définir sa stratégie

Dans le choix de sa stratégie, entre pulvérisation et désherbage mécanique, il faut garder une certaine agilité. « Si la fenêtre météo s’y prête, on peut miser sur un désherbage mécanique, mais sans pour autant s’interdire un rattrapage chimique si nécessaire, encourage Valérie Bibard, spécialiste du désherbage du maïs chez Arvalis. Il faut envisager d’avoir des stratégies différentes selon les années et les conditions climatiques». Sont de plus en plus utilisées des stratégies mixtes. « L’avenir passe par différentes combinaisons chimique et mécanique », encourage Valérie Bibard. Une combinaison dans le temps avec une application d’herbicide remplacée par un passage mécanique ou dans l’espace, par exemple, une pulvérisation localisée sur le rang et un désherbage mécanique de l’inter-rang.
 
Ces stratégies mixtes sont intéressantes pour garder l’efficacité du désherbage là où la compétition est la plus forte, sur le rang de culture, tout en réduisant de près d’un tiers la quantité appliquée à l’hectare. Leur limite reste le cumul des contraintes. Car le désherbage mécanique reste très dépendant des conditions météo, alors que pour une pulvérisation les besoins d’hygrométrie sont différents. Il faudra donc trouver deux fenêtres météo optimales pour intervenir.
 
 
Et demain ?
Pour poursuivre les efforts de réduction des quantités de produits phytosanitaires apportées à l’hectare, il est possible de travailler à dose équivalente mais sur une surface réduite, par exemple en appliquant l’herbicide uniquement sur le rang et en intervenant mécaniquement sur l’inter-rang. «En ne traitant que sur 20 à 30 cm, on réduit fortement la surface à traiter, donc la quantité de produit appliqué », souligne Valérie Bibard. Pour un bon positionnement sur le rang et un meilleur confort de travail, ce désherbage localisé sur le rang nécessite souvent un guidage, avec caméra pour de la post-levée ou avec un système de type RTK avant la levée de la culture. Il sera suivi d’un binage de l’inter-rang.
Arvalis teste une rampe équipée de capteurs permettant de localiser des adventices. (crédit photo Arvalis)
 
On peut aller encore plus loin dans la réduction de doses en ne pulvérisant que les adventices. « La pulvérisation ciblée est rendue possible par l’application de l’intelligence artificielle à la détection des adventices. En direct à partir de caméras, en différé à partir de photos prisent par drone ou à partir d’un tracteur, de nouvelles façons de ne cibler que les adventices sont en train de se construire », dévoile la spécialiste.
 
Pour réussir son désherbage mécanique
-          Réduire la pression en adventices : une rotation longue ou un précédent prairie limite la présence d’adventices. En interculture, le travail du sol et un faux semis aident à détruire une partie des adventices.
-          Faciliter le passage des outils de désherbage : le lit de semences doit être bien plane pour un désherbage homogène et limitant les impacts sur la culture.
-          Semer avec une fenêtre météo de 4 à 7 jours sans pluie pour faire un désherbage mécanique en prélevée.
-          Semer à 5 cm et bien rappuyer la ligne de semis pour protéger les plants.
-          Pour compenser le risque de perte de pieds, il est recommandé d’augmenter de 5 à 10% la densité de semis.
 
De nouvelles conditions d’utilisation pour le S-métolachlore
Efficace contre les graminées estivales, mais aussi les graminées résistantes de type raygrass de plus en plus présentes en cultures de printemps, l’utilisation du S-métolachlore a été préservée mais l’ANSES a fixé de nouvelles conditions d’emploi. Il s’agit de réduire les quantités utilisées à l’hectare et de renforcer les mesures de gestion des risques. Sur maïs, sorgho, soja et tournesol, il ne faudra pas dépasser la dose annuelle de 1.000 g de S-métolachlore par hectare. Une zone non traitée de 20 mètres sera à respecter par rapport aux points d’eau comportant un dispositif végétalisé permanent non traité d’une largeur de 5 mètres. Cette ZNT pourra être ramenée à 5 m, en conservant le DVP, avec l’utilisation de buses homologuées pour la réduction de la dérive. De plus, il convient de ne pas appliquer de produit à base de S-métolachlore sur parcelle drainée en période d’écoulement des drains.

Auteur: Cécile Julien

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