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Dérèglements du climat, l'élevage de bovins encaisse les chocs

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Depuis 2016, la succession de mauvaises conditions climatiques a affecté la fertilité des vaches et la production de viande bovine. Cette dernière baisserait de 4 % l’an prochain. Cette année, la hausse de la production au niveau de l'abattage est liée à un mouvement de décapitalisation des éleveurs, en manque de fourrages pour nourrir l’intégralité de leur troupeau.

Retour dans le passé. La production de viande bovine en 2019 serait de 1,41 million de tonnes équivalent carcasse (Mtéc) et serait de nouveau équivalente à celle des années 2013-2014. Elle baisserait en effet de 4 % l’an prochain après avoir augmenté de 2%. La production de viande bovine avait alors atteint un niveau record (1,47 Mtéc).

Ce résultat est un des principaux enseignements du panorama de la production française de viande bovine dressé lors de la 5e conférence « Grand angle viande » organisée par l’institut de l’élevage. Après une forte période de capitalisation observée entre 2013 et 2016 (les éleveurs avaient alors étoffé leur portefeuille d’ABA (aide aux bovins allaitants) en attendant la mise en œuvre de la Pac 2014-2020) le recul de la production attendu l’an prochain est la conséquence de plusieurs facteurs.

Il traduit le mouvement de vente des animaux observé en France durant la période de sécheresse l’été dernier. Plus de 10 000 vaches laitières avaient alors été abattues entre juillet et septembre. Cette vague d’abattage a été aussi observée en Europe du Nord (Pays-Bas, Allemagne, Irlande) où 50 000 bêtes ont été réformées.

Les 120 000 vaches laitières réformées en plus depuis le début de l’année dans toute l’Union européenne par rapport à la même période en 2017 ont engorgé les marchés de la viande bovine. Les cours des vaches laitière « classe O » se sont effondrés (- 0,6 €/kg aux Pays Bas, -0,4 €/kg en Irlande) et ont entrainé, par ricochet, ceux des prix des taurillons. Aucune reprise saisonnière, habituellement observée en cette période de l’année, n’a été observée.

Le deuxième facteur retenu pour expliquer les prévisions pessimistes de production la filière « viande bovine » pour 2019 sont les mauvaises conditions climatiques de 2016 et le retour de la FCO (fièvre catarrhale ovine).

La fertilité des troupeaux en 2017-2018 des troupeaux de vaches allaitantes a diminué de 2,78 % en moyenne au niveau national et jusqu’à 5 % dans le bassin limousin. Concernant les vaches laitières, la baisse observée est de 1,7 %. Ces baisses représentent un déficit de 120 000 veaux de races allaitantes par rapport à 2016.

La durée moyenne de l’intervalle vêlage-1ère  insémination a progressé si bien que moins de veaux sont nés les mois suivants. En ne prenant pas compte la baisse du nombre de vaches allaitantes observée en 2016-2017, le nombre de veaux nés a reculé de 4,9 %.

Même si le taux de fertilité s’est redressé durant 2017 (+108 000 sur un an par rapport à 2016) la baisse du nombre des naissances se répercutera encore l’an prochain sur la production de viande bovine et sur les broutards exportés.

La baisse de la production de viande affecte toutes les catégories d’animaux hormis les veaux et les broutards. 1,026 million d’animaux serait vendu l’an prochain contre 1,016 en 2018. Deux ans auparavant, 60 000 jeunes bovins de plus étaient livrés en Italie. Mais l’an prochain, la concurrence polonaise sera moins forte. La restructuration du troupeau laitier depuis plus de 15 ans et la baisse du nombre de vaches laitières qui en résulte réduisent le nombre de naissances de veaux et par conséquent, des broutards élevés en moins. Les éleveurs polonais ne se lancent pas dans la production de viande bovine en ne substituant pas leurs vaches laitières par des vaches de race allaitante.

Sur le marché de la viande bovine surgelée, le tassement des exportations polonaises est quelque peu perceptible. Sur les 7 mois de l’année, la Pologne a vendu 45 000 téc contre 47 000 téc l’an passé alors que la France voit entre temps ses ventes croitre de 1000 téc. Toutefois, les ventes de viande polonaises destinées au marché turc pourraient se reporter d’ici la fin de l’année sur le marché italien. La dévaluation de la livre turque renchérit considérablement le prix des produits importés.


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Auteur : Hénin Frédéric
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