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Dans le Gers, ils produisent du coton made in France pour fabriquer des polos

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Depuis l’année dernière des agriculteurs gersois produisent du coton dans l’ouest du département et fabriquent des polos dans l’Est de la France. Une expérience unique dans l’Hexagone.

Cela ne s’était jamais vu auparavant en France. Depuis l’année dernière, dans le Gers, Yohan de Wit, fils d’agriculteur et vendeur de matériels agricoles et Méderic Cardeillac, son beau-frère et Samuel, le frère de ce dernier, tous deux agriculteurs, produisent du coton à grande échelle et fabriquent des polos. Une maîtrise de l’ensemble de la chaîne jusqu’au produit fini qui constitue déjà une belle réussite, puisqu’en un mois toute la production de 100 vêtements a été écoulée.

Prouver que l’agriculture française peut évoluer

Autant de demandes, dont les dernières il y a encore quelques jours, ont même dû être refusées. Alors situé à Montréal-du-Gers, tout près de Condom, le champ de 4 hectares va voir sa superficie portée à 14 hectares, pour produire jusqu’à 5 000 polos ainsi 100 % français. Pour les trois jeunes hommes, tout a commencé en 2016, lorsqu’ils ont planté six graines commandées sur une jardinerie en ligne. Et à leur grand étonnement elles ont poussé sans aucune difficulté. C’est ainsi que la belle aventure a débuté. A la tête de près de 300 hectares de vignes et de céréales, l’objectif pour eux est de se diversifier, de gonfler leurs revenus et également d’affirmer que l’agriculture est en capacité d’évoluer.

« On réussit à prouver que le mariage entre l’industrie et l’agriculture est possible ! » se réjouit Yohan de Wit. « C’est une démarche un peu folle en effet, mais quel entrepreneur n’est pas fou ? Aujourd’hui on a un résultat qui est déjà encourageant et nous sommes des pionniers en France, alors on continue. Toute la famille nous soutient, d’ailleurs on n’est pas du tout sur un simple essai ou un coup pour faire le buzz, mais bien dans la durabilité. »

300 kilos de coton solide et d’une belle couleur

Du reste, pour mener à bien cette entreprise, ils ont à ce jour investi rien de moins que 50 000 €. Pour ce faire, toutes leurs économies ont été englouties, dans l’achat des machines et l’immobilisation des parcelles et une banque a accepté de suivre la réalisation de ce véritable pari. Pour leur première collection de polos commercialisée et donc déjà épuisée, nos trois compères ont récolté quelques 300 kilos de coton. Un coton long, d’une belle couleur, c’est-à-dire très proche du blanc et d’une solidité étonnamment élevée.

Et comme ils tiennent à fabriquer un produit de bonne qualité, de manière à éviter toute dégradation de la fibre, ils ont confié au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) le soin d’analyser leur production. Une bonne initiative dans la mesure où ce laboratoire les incite à poursuivre leur démarche. Semé au printemps et récolté à l’automne, le coton du Gers ne nécessite aucune irrigation, grâce à une pluviométrie correcte et aux sols argilo-calcaires dont bénéficie le département. Le tout est effectué selon une agriculture raisonnée. De plus ils souhaitent détenir le label HVE (haute valeur environnementale). « De toute façon on préfèrera avoir peut-être un rendement plus faible que de devoir arroser. Et si au final notre récolte est moins bonne, on récupèrera sur les marges à long terme ! » se rassure Yohan de Wit.

Des boutiques éphémères déjà en réflexion

En attendant, de l’égrenage aux semis, chacun connaît les tâches qu’il doit accomplir, avant que toute la production ne soit acheminée dans une filature de Rupt-sur-Moselle (Vosges) puis dans un tricotage et une usine de confection de Troyes (Aube), pour la partie teinturerie. Alors bien sûr même s’ils ont déjà explosé les compteurs en termes de commandes, la rentabilité n’est pas encore au rendez-vous. Il faut dire aussi que le trio n’en est pour l’instant qu’à sa première collection. La prochaine, qui proposera des modèles homme et femme, devrait permettre de dégager un léger bénéfice, espèrent-ils. Et les projets ne manquent pas.

Comme ces allers-retours représentent 1600 kilomètres et que leur préoccupation est également de limiter l’empreinte carbone pour préserver la planète, ils recherchent la meilleure façon de procéder à des expéditions vers les consommateurs à partir de l’Est de la France. De plus, si pour l’heure les ventes sont enregistrées depuis leur site internet exclusivement, ils ont d’ores et déjà engagé une réflexion pour ouvrir à long terme des boutiques éphémères à Bordeaux et Bayonne.


En savoir plus : https://www.jeanfil.fr (site internet montrant les polos liés à la production française de coton) ; @JeanFil4 (compte Twitter) ; https://www.facebook.com/jeanfilsas (page Facebook).


Avec ces polos confectionnés dans l’Est de la France, ce trio de Gersois veut prouver que l’agriculture française peut évoluer.

Afin de semer leurs graines, ils ont engagé toutes leurs économies pour acheter leur matériel.

 

 

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Auteur : Morineau-Cooks Christophe
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Journaliste professionnel depuis 25 ans. Toulousain, reporter dans de grands quotidiens régionaux du nord de la Loire et la radio. Aujourd'hui de retour à To...

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