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Dans l'Aude, des éleveurs s'alarment du départ de leur vétérinaire rural

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Ils sont 120 éleveurs de vaches, brebis et chevaux de l’Aude qui refusent de voir partir le dernier vétérinaire de leur zone géographique. Mardi, une réunion avait lieu à la sous-préfecture de Limoux. Mais elle s’est achevée sur un échec.

Les éleveurs du secteur de Couiza (au sud de Limoux) sont très inquiets. A la fin de ce mois de juillet, le dernier cabinet vétérinaire de la haute vallée de l’Aude fermera ses portes définitivement, et aucune solution de remplacement ne s’offre à eux pour l’instant. Alors en début de semaine, ils se sont rendus en convoi jusqu’à la sous-préfecture de Limoux, où se tenait une réunion de la dernière chance.

« Mais comment va-t-on faire pour soigner nos bêtes ? »

Mais cette rencontre qui, outre la sous-préfète Myriel Porteous, rassemblait le Conseil régional d’Occitanie, le Conseil départemental, les deux communautés de communes concernées et le conseil de l’ordre des vétérinaires du département a débouché sur un constat d’échec.

Le cabinet de Marie-Christine Weibel fermera bien pour la dernière fois au 31 juillet. Car selon elle, les pouvoirs publics ont estimé ne pas pouvoir financer son activité en libéral, depuis l’instauration de la loi Notre le 7 août 2015. Depuis un an, elle demandait pourtant une allocation annuelle de 12 300 € pour continuer d’assurer les gardes.

Pour les éleveurs de ce secteur de moyenne montagne des Corbières, caractérisé par des élevages très extensifs et dispersés, c’est une véritable catastrophe. « Bientôt les troupeaux vont redescendre de l’estive, on va devoir faire des analyses de sang pour voir si nos bêtes n’ont pas été contaminées par une maladie. Je me demande comment on va gérer une telle situation ! », s’inquiète Mélanie Vandecastelle, installée depuis six ans dans le petit village de Fourtou et qui possède 22 vaches mères gasconnes et aubrac. « Si on est confronté à des soins d’urgence, pour une blessure ou un vêlage, c’est la même chose. Comment va-t-on faire sans vétérinaire ? »

Une décision irrévocable de la vétérinaire

Les éleveurs s’interrogent d’autant plus que le cabinet le plus proche de Couiza qui pratique encore des consultations pour les animaux de ferme se trouve à Carcassonne, soit à environ 90 minutes de route. Alors Mélanie Vandecastelle n’admet pas la position des collectivités locales. « Leur réponse est quand même un peu facile. Nous aussi nous sommes des indépendants. Pourtant l’Europe nous aide bien par le biais de la Pac. De plus, un vétérinaire assure une mission de santé publique, il serait donc normal que ce cabinet soit soutenu financièrement. »

En attendant Marie-Christine Weibel le dit et le répète, elle ne reviendra pas sur sa décision. Une décision radicale, elle le reconnaît. Mais qui, dit-elle, se justifie par une charge de travail qui a brutalement augmenté après la mise en liquidation du cabinet voisin de la commune de Belcaire en septembre 2017. Une réalité qui s’est doublée de la fonte de 9000 € de son chiffre d’affaires pour le seul exercice de la prophylaxie. Une perte que le fond de trésorerie est venu combler. « J’ai donné l’alerte à tout le monde. Aujourd’hui je suis fatiguée physiquement et moralement de l’incurie générale, puisqu’aucune solution n’a été trouvée, alors que les pouvoirs publics savent bien où nous trouver quand il faut. Donc maintenant j’en ai juste assez. Je dis stop et je vais aller travailler ailleurs ! »

De leur côté les éleveurs comptent se retrouver dans les prochains jours, pour réfléchir à des solutions transitoires. Ils songent en particulier à prendre en charge eux-mêmes le coût d’un vétérinaire.

 

Ci-dessous, reportage de France3 Occitanie sur le sujet :
 

Le 31 juillet 2019, ce cabinet vétérinaire de Couiza fermera ses portes. Au grand dam des 120 éleveurs de la haute vallée de l’Aude.

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Auteur : Morineau-Cooks Christophe
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Journaliste professionnel depuis 25 ans. Toulousain, reporter dans de grands quotidiens régionaux du nord de la Loire et la radio. Aujourd'hui de retour à To...

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