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Convertir l'exploitation familiale à la permaculture, le défi et la passion d'Anthony Born

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Dans le Lot, Anthony Born entreprend la conversion de l’élevage de 120 bovins viande du Gaec familial à la permaculture pour réduire ses charges et pour rendre son troupeau plus autonome en fourrages. Sa ferme est devenue un champ d’expérimentation.

A Reyrevignes (département du Lot), Anthony Born et les trois autres associés du Gaec familial du Mas d’Aillés convertissent leur troupeau de bovins viande à la permaculture.

C’est l'un des principaux défis qu’ils relèvent pour dégager de meilleurs revenus en augmentant la valeur ajoutée de leurs activités végétales et animales. Les quatre associés du Gaec élèvent environ 120 vaches allaitantes et leurs suites et ils cultivent 12 hectares de maïs, de colza et de tournesol semences. Une partie de la viande produite est vendue en caissettes à des particuliers.

Indépendant de tempérament, Anthony Born trace lui-même la voie à suivre pour passer l’exploitation familiale en permaculture (ou "agriculture régénératrice" selon ses propres mots). Mais il doit pouvoir utiliser des produits chimiques pour honorer ses contrats de cultures de semences. Aussi, il n’a pas l’intention de convertir ses pratiques agricoles et d’élevage à l’agriculture biologique car cela le contraindrait à se plier à un cadre réglementaire très strict. Même si, à terme, il envisage de travailler pour des semenciers bio et de se passer totalement de traitements.

Renouer avec des pratiques agricoles qui ont fait leurs preuves

En convertissant l’élevage familial à la permaculture, Anthony Born pense atteindre les objectifs de rentabilité et de confort qu’il s’est fixés en produisant toujours autant d’animaux. Il se libèrera du temps pour se consacrer à d’autres activités plus rémunératrices et pour avoir un peu plus de temps libre.

Mais l’éleveur renoue avec les pratiques agricoles et d’élevage de ses grands-parents et des arrières grands-parents. A leur époque, ils ne pouvaient compter que sur les ressources de leur exploitation puisqu’il n’y avait ni engrais, ni de produits de protection des plantes.

Depuis quelques années, les quatre associés du Gaec rendent progressivement la conduite de leur troupeau plus autonome en fourrages, même en période de canicule. Elle est aussi plus économe en intrants. Plusieurs mesures ont pour cela été prises.

Par exemple, Anthony Born et ses associés ont opté pour le pâturage dynamique : les prairies sont divisées en parcelles de 8 à 45 ares pâturées en une seule journée par les animaux. L’herbe est mieux ingérée et les bouses sont mieux réparties sur les surfaces des parcelles fertilisées dès qu’elles sont pâturées.

Tous les vêlages sont aussi programmés pour faire naître les veaux au printemps, lorsque l’herbe est abondante. Leurs mères produisent ainsi plus de lait pour nourrir leur progéniture.

Par ailleurs, une partie des parcelles cultivées en céréales sera dorénavant implantée de chicorées et de luzerne. Les racines de ces plantes cherchent l’eau en profondeur dans le sol tout en décompactant le sol.

Au fil du temps, Anthony Born s’est affranchi de la production de céréales destinées à l’alimentation des animaux. Les parcelles libérées sont réservées à la production de fourrages évidemment, mais aussi à celles de maïs, de colza et de tournesol semences. Anthony Born achète dorénavant les céréales nécessaires pour alimenter ses animaux à des tiers.

Agriculture régénatrice et rentabilité

Mais pour que le fourrage produit nourrisse correctement les animaux, Anthony Born doit préserver la diversité de la flore de ses parcelles. Dans un proche avenir, il envisage de réimplanter des haies pour que les animaux soient davantage à l’ombre l’été : si ils sont parquées dans les bois, leurs bouses ne fertiliseront pas les prairies.

Enfin, la conversion du Gaec du Mas d’Aillés à  la permaculture reposera aussi sur l’interaction de plusieurs espèces d’animaux (bovins, bousiers et poules gauloises) qui auront chacune une fonction bien définie.

Les bousiers se nourriront d’excréments ou les enfuiront dans des galeries qu’ils ont creusées. Ils aèreront ainsi le sol et l’enrichiront en humus tandis que ses poules gauloises, dont il a entrepris de sauver la race, dévoreront les tiques et les mouches qui agressent habituellement les bovins.

Les volailles se substitueront ainsi aux perdrix et aux faisans sauvages qui ont disparu. Dans le même temps, leurs fientes pourvoiront davantage le sol en azote, en phosphore et en potassium.

Mais Anthony Born souhaite que son élevage de poules gauloises soit aussi une source de revenu. Aussi, il vendra les œufs fécondés à des éleveurs qui souhaitent se constituer, comme lui, un élevage de poules gauloises.

L'autre défi d'Anthony Born

Enfin, pour mieux valoriser les animaux produits, le Gaec du Mas d'Aillés vend des caissettes de viande à des particuliers. Les carcasses des vaches abattues sont découpées en pièces par un boucher.

La marge nette par animal est supérieure de 1 000 € à celle d’un bovin vif vendu au cours du marché. Anthony Born ambitionne, à moyen terme, la vente d’un animal par mois.
 

Ci-dessous, Anthony Born.

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Auteur : Hénin Frédéric
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  • 1Commentaire
  • #1

    bonjour,

    j'ai des éléments très important à vous communiquez sur la permaculture et la gestion de l'eau.

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