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Conjoncture, les prix des aliments ne pénalisent plus l'élevage

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Par rapport à l’été 2016, la situation de l’élevage s’améliore. Les prix des aliments ne détériorent plus les comptes de résultats des éleveurs.

A défaut d’avoir des prix rémunérateurs en production bovine et en lait, l’alimentation animale ne pénalise plus les éleveurs comme en 2016 et les années précédentes. C’est ce que révèle une étude du service de la statistique et de la prospective (Scees) du ministère de l’Agriculture portant sur l’évolution des prix de compensation.

Pour rappel, celui-ci « est égal au prix à la production qui, compte tenu de la part des achats d’aliments dans la valeur de la production animale en sortie d’élevage, compense la variation du prix de l’aliment par rapport à l’année précédente, toutes charges égales par ailleurs », explique le Scees.

Autrement dit, sous l’hypothèse que les autres charges d’exploitation n’ont pas évolué au cours de période retenue, « le prix de compensation du coût de l’alimentation animale correspond au prix nécessaire pour que la marge (prix de la production animale concernée – coût de cette production animale) reste inchangée malgré la variation du coût de l’aliment ».

En porc, l’indicateur est au vert depuis la remontée subite des cours intervenue en 2016. Elle a largement supplanté la tendance baissière des prix de l’alimentation. Depuis plus d’un an, seule une hausse des prix du porc de 1 % aurait suffi pour compenser celle de l’alimentation. Or ces douze derniers mois, le prix a crû de 22,1 % en rythme annuel (après 32,6 % en avril).

En production lait et en bovins viande, la conjoncture s’améliore lentement. Le reflux des prix de l’alimentation en 2014-2016 a précédé une reprise des cours du lait et de la viande. Au cours des douze derniers mois, le prix de l’alimentation pour les bovins viande aurait été compensé par une hausse des prix à la production de 0,3 % en rythme annuel, alors que les cours se sont redressés en moyenne de 5,4%, toujours selon le Scees.

En lait, l’augmentation du prix de 12,2 % en rythme annuel est largement supérieure à la hausse nécessaire pour compenser l’évolution du prix de l’aliment. L’été dernier, le contexte était tout à fait différent. Les prix de l’alimentation baissait déjà mais la conjoncture était si dégradée que ce mouvement avait quasiment eu au final aucun impact. La diminution du prix de l’alimentation pouvait être compensée par un recul du prix du lait de 1,1 % alors que la baisse imposée aux éleveurs était de 12 %. C’était quasiment la même situation en bovin viande, à deux points près. La baisse de l’alimentation pouvait être compensée par un recul de 0,8 % du prix de la viande alors qu’au final, les prix étaient sur une pente descendante de 10 %.

Les comptes de l’agriculture pour 2016, publiés le 6 juillet dernier mentionnaient déjà pour 2016 cette évolution. L’année passée était pourtant désastreuse pour les agriculteurs qui tirent l’essentiel de leur revenu du travail sur leur exploitation après 2015, déjà très mauvaise. En cause l’an passé, une baisse de la valeur de la production agricole française. Elle était de 64,9 milliards d’euros l’an passé contre 69,8 en 2015, soit une baisse de 5 milliards d’euros. Mais la valeur ajoutée (autrement dit, la richesse créée) n’a diminué de 3,3 milliards d’euros, passant de 30,1 à 26,8 milliards, grâce notamment à une baisse des prix des intrants et de l’alimentation animale, en particulier. Les prix des aliments ont perdu jusqu’à 40 points par rapport à leur sommet de 2012 et ils se maintiennent depuis le début de l’année après avoir poursuivi leur baisse l’an passé.
 

En savoir plus : http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/conjinforap201707cpro_tdb.pdf

L'illustration ci-dessous est issue de Fotolia, lien direct : https://fr.fotolia.com/id/166174380.

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Auteur : Hénin Frédéric
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