5 ETA qui ont fait la couverture du magazine ETA MAG

L’entreprise Le Negrate-Carafray mise sur le développement de la méthanisation

« Avec le recul de l’élevage laitier, il se disait à une époque qu’il fallait vendre les ensileuses pour investir dans des moissonneuses-batteuses. Je n’en serais pas si certain aujourd’hui ». Par cette phrase, Maxime Carafray témoigne de l’impact du développement de la méthanisation en Centre-Bretagne. L’entreprise Le Negrate-Carafray a récemment renouvelé ses deux ensileuses avec des machines plus puissantes et plus larges pour répondre à la demande. Les deux machines sont équipées de coupes directes. « Le timing est serré car les clients veulent implanter le maïs derrière. Il faut ensiler le seigle ou l’orge en trois semaines au printemps », témoigne-t-il. 

Maxime Carafray © ETA Le Negrate/Carafray

Pour la suite de la saison, les ensileuses reçoivent des pick-up repliables de 5 m. « Cela nous permet de faucher à plat sur 3 andains pour que l’herbe sèche plus vite », témoigne Maxime Carafray. 

En été, l’entreprise réalise également des ensilages de paille pour les clients qui souhaitent une litière très fine ou pour les élevages de volailles. Pour cette prestation, la goulotte verse directement dans la presse grâce à un cône. « Il faut être bien coordonné dans le champs pour rester à la même hauteur avec des machines qui roulent entre 12 et 14 km/h », indique le breton.  À partir de mi-septembre, les machines sont dédiées à l’ensilage de maïs fourrage et maïs épi.

L’ETA Paquet Service reprise par Jean-François Cornil

Depuis le 1er janvier 2026, l’entreprise de l’Avesnois se prénomme Paquet Service. Elle a également un nouveau dirigeant en la personne de Jean-François Cornil, lui-même à la tête de plusieurs entreprises dans la région lilloise. Il apporte son savoir-faire pour enrichir le catalogue développé par l’ancien dirigeant Michel Paquet. « Nous proposons dorénavant le pressage, l’enrubannage, le semis ou encore l’épandage de fumier », liste Oriane Paquet. Si certains matériels nécessaires pour ces nouvelles prestations sont acheminés depuis le siège de Sainghin-en-Mélantois situé à une centaine de kilomètres, d’autres ont été achetés à l’occasion de la reprise de l’entreprise. C’est le cas de l’épandeur à fumier et de la presse enrubanneuse.

Le catalogue de prestations historiques est, lui, toujours d’actualité avec ses matériels emblématiques tels que l’ensileuse à caisson pour intervenir en conditions difficiles ou le fameux « train bleu » avec la tonne à lisier repeinte aux couleurs du tracteur New Holland.

L’atelier et le magasin de pièces détachées destinés à entretenir le parc matériel de l’entreprise et de la clientèle ont eux aussi été conservés.

« Pour les clients, la reprise ne change rien puisque l’équipe reste en place et les clients conservent les mêmes interlocuteurs. La plupart sont même satisfaits de pouvoir accéder à de nouvelles prestations », confie Oriane Paquet.

L'équipe de l'ETA Paquet Service
L’équipe de Paquet Service avec Jean-François Cornil © Paquet Service

Vers une simplification des prestations pour l’ETA Agrivilaine TP

En Bretagne, l’ETA Agrivilaine TP avait créé en 2022 un poste de conseiller agronomique. Une initiative qui n’a pas tenu dans la durée. « Nous n’avons pas réussi à le valoriser », évoque Mickaël Brard, le dirigeant. Et pour cause, il constate un désintérêt pour les démarches en lien avec l’agroécologie ces dernières années. « Il y a quelques années, nous semions des surfaces importantes de couverts avec des mélanges très divers. Nous allions faire des profils dans les champs pour observer le développement racinaire. De fait, il y a un vrai intérêt à ces pratiques pour le travail du sol, pour éviter un passage de cover-crop à l’automne. Mais aujourd’hui, les agriculteurs ne mettent plus que de l’herbe, de l’herbe et de l’herbe, sans doute pour des raisons économiques », analyse-t-il. Même constat pour le désherbage mécanique. L’entreprise propose toujours cette prestation mais a vu ses surfaces diminuer. « Certains clients se sont équipés et les conventionnels qui y avaient recours, sont en majorité, repassés au tout-pulvérisation », observe le dirigeant. 

D’autres prestations sont touchées par l’évolution de la structure des exploitations. L’enrubannage, par exemple, n’a plus le vent en poupe. Avec l’augmentation de la taille des exploitations, Mickaël Brard évoque un retour à l’ensilage pour plus de simplicité. « Il n’y a plus de clients qui font plus de 500 balles par an. Le prix du plastique joue également. Le jour où nous devrons renouveler notre matériel, il faudra bien se poser la question. C’est le cas pour l’enrubannage, mais aussi pour le fumier et le lisier, dont le prix du matériel a explosé ».

Mais l’évolution des exploitations ouvre par ailleurs des perspectives. Le développement de la méthanisation pourrait être l’opportunité pour l’entreprise d’acquérir une nouvelle ensileuse.

Épandage : l’ETA Templon remplace l’automoteur par du sans tonne 

Lorsque nous l’avions rencontré en 2021, l’ETA Templon proposait deux prestations d’épandage : un système sans tonne et un Xerion équipé d’une cuve, d’un bras de pompage et d’un enfouisseur. Cinq ans plus tard, l’entreprise a définitivement mis le cap sur le sans tonne. « Le Xerion était en fin de vie et réinvestir dans un automoteur d’épandage nous semblait ambitieux vu la conjoncture actuelle », se souvient Rémy Templon. Le choix est alors fait de se tourner vers un deuxième ensemble d’épandage sans tonne. « Il y a toujours autant de demandes pour ce type de prestation qui respecte les sols. Nous prenons même des chantiers à des automoteurs », constate l’entrepreneur. Pour rendre le maximum de parcelles accessible à cette technologie, il conseille à ses clients d’installer des fosses de stockage dans des îlots éloignés de la ferme. 

Côté technique, ce nouvel équipement sans tonne a été réalisé à partir d’une nouvelle pompe centrifuge et en recyclant la cuve du Xerion, ainsi que son bras de pompage adapté sur un tube. « Nous avons également réalisé des aménagements pour accélérer ou ralentir le débit afin de mettre moins de lisier dans les bouts de champs lors des manœuvres », explique Rémy Templon. Alors que le premier ensemble sans tonne fonctionne historiquement avec une rampe, le second a été équipé avec un enfouisseur à disque de 12 m pour les prairies et un enfouisseur à dents de 7,5 m pour le maïs. Si le second épandeur sans tonne est alimenté par des tuyaux souples, le premier conserve des tuyaux semi-rigides pour passer dans les céréales sans devoir les déplacer manuellement. Reste à convaincre les salariés d’utiliser ce système parfois moins hermétique qu’un automoteur ou une tonne à lisier. « J’ai mis une prime au m³, ça motive », assure l’entrepreneur.

Portrait de Rémy Templon
Rémy Templon © TL

L’ETA Pellen intègre la pulvérisation

En 2022, l’ETA Pellen, située dans le Nord-Finistère, a franchi l’étape de la pulvérisation. « C’est une prestation qui manquait au catalogue car les éleveurs ont de plus en plus tendance à déléguer ce qui se passe dans les champs. Certains ont leur propre pulvérisateur, mais n’ont pas le temps de réaliser les traitements », analyse Sébastien Pellen. Débutée il y a 4 ans avec 500 ha, la pulvérisation représente aujourd’hui plus de 2 000 ha de prestation annuelle. « Quand nous avons débuté, la première étape a été de recruter un chauffeur, toujours présent aujourd’hui, et de prendre un pulvérisateur traîné de 4 000 l en location pour se faire la main », se souvient l’entrepreneur breton. Assez vite, l’équipement se révèle inadapté à certaines petites parcelles du secteur. L’ETA investit finalement dans un pulvérisateur porté Horsch Leeb 2.2 CS, avec une cuve frontale Leeb 1.8 FT pour porter la capacité de l’ensemble à 4000 l. Les traitements ou l’apport d’azote liquide se font avec une rampe de 24 m. 

Pour la suite, Sébastien Pellen pense déjà à la cartographie par drone pour cibler spécifiquement les zones sur lesquelles il est nécessaire de désherber. « Certains produits ne sont plus assez efficaces à la dose autorisée à l’hectare. En ciblant les zones problématiques lors du rattrapage sur maïs, il est possible de réduire la dose à l’hectare tout en traitant efficacement les adventices identifiées par le drone », assure-t-il. Techniquement, la carte générée par le drone est insérée dans le GPS du tracteur et le chauffeur peut réaliser son passage sans se préoccuper de l’ouverture et de la fermeture des buses.

Portrait de Julien Madec
Julien Madec a été embauché par l’ETA Pellen pour les prestations de pulvérisation © ETA Pellen