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Y aura-t-il encore des producteurs de lapins dans 10 ans en France ?

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15Mai2017

Sans une augmentation du prix d’achat de leurs animaux, les éleveurs cunicoles craignent que leur filière ne s’effondre.

Le Grand Ouest se mobilise. Les syndicats FRSEA et JA de Bretagne et des Pays de la Loire doivent visiter un magasin de la grande distribution à Saint-Herblain en Loire-Atlantique, ce mardi 16 mai, pour une opération de stickage des produits. Elle prendra la même forme qu’une première action organisée il y a quelques semaines à Rennes (Ille-et-Vilaine).

Reprenant un mot d’ordre de la Fédération nationale des groupements de producteurs de lapins (FENALAP) et de la CFA, branche volaille de la FNSEA, les syndicats de l’interrégion réclament des distributeurs qu’ils augmentent de 20 centimes le prix d’achat de la viande de lapin auprès de leurs fournisseurs abatteurs. 20 centimes du kilo vif ? « C’est tout simplement aujourd’hui (le) revenu (de l’éleveur) », indique le dossier de presse des syndicats.

Les prix du lapin en France en baisse, le nombre d'éleveurs aussi

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la filière cunicole française, quatrième au monde en volume derrière l’Espagne, l’Italie et la Chine, a été perturbée par plusieurs évènements ces dernières années, sans réelle compensation par le prix de vente. D’abord la hausse du prix des matières premières il y a dix ans suivie de la baisse de consommation (- 10 % rien qu’en 2015 à 2,75 kilos de viande de lapin par an et par ménage), et de la perte de valorisation des peaux en 2014. Sans oublier la concurrence plus forte des viandes d’importation (Chine en surgelé, Espagne en frais). La cotation moyenne du lapin vif s’est établie en 2016 à 1,69 euro du kilo vif contre 1,74 euro l’année précédente. Insuffisant pour correctement payer les éleveurs, encore moins pour rémunérer le capital.

Résultat, « les effectifs de la filière française (1 200 éleveurs) sont sur la pente descendante, soupire Frédéric Blot, président de la section lapins de la FRSEA Bretagne. Depuis 2010 en Bretagne, le nombre d’éleveurs été divisé par deux, passant de 250 à 120. Le mouvement est similaire dans les Pays de la Loire où les éleveurs sont 350 contre 450 il y a sept ans. »

1,69 € du kilo au lieu de 2,03 €

Plus grave, il n’y a plus de jeunes à s’installer dans un modèle d’élevage qui, pour rémunérer une unité de main-d’œuvre, réclame un investissement de 350 à 400 000 euros clés en main, pour disposer d’un atelier de 700 lapines naisseur engraisseur (40 000 lapins de 2,5 kilos engraissés par an). « Selon nos calculs, il faudrait un prix de 2,03 euros du kilo vif pour amortir un bâtiment sur douze ans et rémunérer l’éleveur, poursuit Frédéric Blot. À 1,69 euro, nous en sommes loin. »

Les éleveurs peuvent-ils obtenir un gerste de la part de la grande distribution ? Pas sûr. Les acheteurs des enseignes françaises ont, en effet, été informés il y a quelques mois de la situation de la filière française. « À l’époque, ils nous avaient semblé à l’écoute », fait remarquer Frédéric Blot.

Mais depuis, silence radio. D’où les actions en direction de magasins pour se rappeler à leur bon souvenir. Les syndicats de l’Ouest se doutent bien que deux actions organisées dans leurs régions ne suffiront pas. Frédéric Blot indique que des actions du même type pourraient être organisées prochainement dans d’autres régions de France.


Notre photo ci-dessous est issue du site Fotolia, lien direct : https://fr.fotolia.com/id/95691583.

La photo ci-dessous a été prise en septembre 2015 à Paris place de la Nation, lors de la grande manifestation de la Fnsea.

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Auteur :
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Jourdain Franck

Journaliste

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