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Un mois pour semer les céréales

C’est parti pour les semis de céréales ! Y-a-t-il un intérêt à semer dores et déjà… ou plus tard ? Quelques préconisations pour réussir les implantations.

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Dans notre région, la plage de date de semis possible des blés et des orges est d’une durée de l’ordre de un mois et finalement beaucoup de variétés sont assez indifférentes à cette date. Cette caractéristique offre donc une grande souplesse que l’on peut à mettre à profit pour gérer à la fois les adventices et les aléas climatiques.

Quelles conséquence sur le rendement si je sème tôt ou tard ?

Les références issues des essais indiquent qu‘en moyenne, le retard d’implantation raccourcit le cycle de la céréale et peut faire perdre du potentiel. Sur les plateaux (altitude > 350 m), on observe une perte moyenne de rendement de 10 % entre un semis du 20 septembre et un semis du 20 octobre. Par contre, en situation de vallées (alt. 250 m) cette perte devient négligeable (figure 1).


Figure 1 : relation rendement et dates de semis du blé


Toutefois, il s’agit bien ici de moyennes qui cachent une forte variabilité entre années. On ne peut ignorer que, depuis quelques années, les éléments climatiques extrêmes, (températures, pluie ou absence pluie) perturbent les références historiques.

Deux exemples

En 2011, les semis tardifs ont mieux résisté aux gelées de février, et en 2016, les semis tardifs ont pu éviter en partie les pluies à la floraison des blés. Pour ces deux années, l’écart en faveur du semis de mi-octobre a été de + 10 à + 15 q/ha dans nos essais.

Que retenir ?

Dans l’incertitude du climat de la prochaine campagne, la seule technique pour répartir les risques d’accidents climatiques est d’avoir des parcelles de blé ou d’orge à des stades de développement très différents. Si les conditions d’implantation le permettent cet automne, il peut donc être sécurisant d’organiser les chantiers de semis en deux périodes, l’une « précoce », l’autre « tardive ».

Beaucoup de variété peuvent s’adapter à ces différentes périodes de semis. Pour les blés, on peut citer : Fructidor, Rubisko, Pakito, Syllon, Barok, Sokal, Boregar, Advisor, Nemo, RGT Cesario… Et pour les orges : Etincel, Isocel, KWS Tonic, Amistar.

Sur quelles parcelles réserver les dates de semis plus tardives ?

Il est plus logique de réserver les semis plus tardifs aux parcelles qui ressuient rapidement. Mais, dans le contexte 2016, l’absence de pluie ayant empêché la levée des repousses et des adventices, il faut déterminer pour quelles parcelles cette absence de levée va poser le plus de problème.

Derrière blé, on peut estimer que les pertes de petits grains derrière la moissonneuse peuvent varier de 500 à 5000 grains/m². Même si tous ne lèveront pas, il serait hasardeux de semer de l’orge tant que la pluie n’aura provoqué une levée significative des repousses de blé. Sur les parcelles régulièrement infestées en vulpin, on peut estimer à plusieurs centaines par m² le nombre de graines prêtes à lever très rapidement : mieux vaut qu’elles lèvent avant le semis du blé !

Suivant le type de sol et sa préparation, il faudra attendre au minimum cinq jours après une pluie capable d’humidifier les premiers 10 cm de terre pour voir apparaître les repousses et adventices.

 

Yves Messmer (Arvalis – Institut du végétal)

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