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Ils ne peuvent plus vendre leurs courgettes bio ou leurs melons

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22Juil2017

Deux cas distincts, deux coups de gueule poussés chacun sur les réseaux sociaux : ou comment les producteurs ne parviennent plus à vendre leurs fruits et légumes !

Les informations de cet article
sont reprises sur Atlantico

Dans le Tarn-et Garonne comme dans le Gard, et pour des raisons différentes, les producteurs se retrouvent avec leurs productions sur le dos. Impossible de vendre, et l’un comme l’autre n’ont pas hésité à pousser de véritables coups de gueule sur leurs comptes Facebook.

« Même avec des tâches les courgettes sont consommables »

Dans le Tarn-et-Garonne, un couple d’agriculteurs bio se voit contraint de ne pas récolter ses courgettes, car le revendeur ne les accepte pas : elles sont tâchées. Voilà plusieurs jours Caroline et Cyril Rous ont dénoncé la situation sur Facebook, car ils venaient d’apprendre que leur revendeur refuserait leurs courgettes si elles étaient tâchées ou si elles présentaient le moindre petit défaut. Elles doivent être bien jaunes, sans aspérité. Cette parution sur le réseau social fait l’objet (au moment de la parution de cet article) de plus de 14 000 « like », et de 12 000 partages. A la grande surprise de ce couple, gérant de l’entreprise Au Bio Temps, installé sur une exploitation bio de 60 000 mètres carrés, dont 2500 de serres, située à Lafrançaise, près de Montauban.

« On ne pensait pas toucher autant de monde. Par cette action on veut faire prendre conscience aux grossistes et aux consommateurs que même si il y a des tâches sur certaines de nos courgettes, c'est simplement à cause d’une forte chaleur au mois de juin dans la région. Ce qui a généré des pucerons. Mais ces légumes sont tout à fait consommables. Ensuite, derrière, il y a le travail que nous fournissons avec soin ! » appuie Cyril Rous. Lequel est contraint de laisser pourrir sur pieds les trois tonnes de courgettes non encore ramassées. Pas utile en effet de les récolter si elles doivent à leur tour être refusées. Alors, bien sûr, le couple, qui estime ses pertes à 5000 €, a déjà fait des dons à des associations caritatives, et des restaurateurs toulousains se précipitent dans leurs champs. Mais parce que tout ne pourra sans doute pas être écoulé, Caroline et Cyril Rous lancent un appel aux particuliers qui seraient intéressés de venir leur acheter une partie de leur production.

Que faire de ces légumes « moches » ?

De son côté le revendeur comprend le désarroi de ces maraîchers, mais il plaide non coupable. « En tant qu'expéditeur nous faisons ce que nous pouvons. Les produits que nous distribuons doivent répondre à la réglementation très précise qui est imposée par les services de la répression des fraudes. Ils peuvent avoir de légers défauts mais sans que cela porte atteinte à l’aspect général du produit, à sa qualité, sa conservation et sa présentation dans l’emballage », insiste Jean-Luc Charbonneau, le directeur commercial de la Sarl du Lot-et-Garonne Biogaronne. Des critères que Cyril Rous connaît et admet, mais il souhaite savoir quels débouchés les éventuels légumes moches peuvent trouver. « Je comprends ce que dit la réglementation, mais nous, on fait quoi de notre marchandise ? On doit nous donner une alternative ! » plaide-t-il.

En septembre, viendra la nouvelle récolte de l'année. Il espère que son résultat sera de nouveau présentable, sans quoi il sait qu’il devra réfléchir au devenir de ses prochaines récoltes.

Dans le Gard, le producteur offre aux Restos du coeur ses melons dont il ne sait que faire

Des prix en chute libre, une consommation en panne et la concurrence toujours plus aiguisée de l’Espagne. Un cocktail explosif qui provoque colère et désarroi chez les producteurs de melons du sud de la France. A l'image de Samuel Solans. Installé à Aigues-Mortes, dans le Gard, ce producteur qui lui aussi pousse un gros coup de colère sur Facebook, vient de faire don d'une partie de sa récolte aux Restos du coeur. Au total, 10 tonnes de melons tout à fait consommables qui seront distribués au cours des prochains jours aux plus démunis.

Surtout il s’est trouvé contraint de jeter 130 autres tonnes de ces cucurbitacées, soit une perte sèche de 150 000 €. « Je me fais beaucoup de souci pour mon personnel. Parce que j’emploie 45 personnes, nous avons des charges et depuis le début de l’été on a rentré assez peu de sous. Maintenant on fait des prières tous les jours pour que la deuxième partie des ventes, en août, aille mieux. Déjà les grandes surfaces commencent à jouer le jeu parce qu'elles réduisent leurs marges. On a des prix au ras des pâquerettes, mais au moins ça part ! La surproduction je la constate, mais il faut des prix raisonnables pour le consommateur, ce qui nous permettrait d'écouler notre production ! »

D’ordinaire les melons français arrivent sur les étals au tout début de juillet. Mais cette année les fortes chaleurs du mois de juin ont précipité l'éclosion de la production française qui s'est retrouvée très vite en concurrence frontale avec les importations espagnoles. Samuel Solans, lui, qui les produit depuis quatre ans, espère bien vendre les 40 tonnes de melons dont il dispose encore.
 

En savoir plus : http://www.wikiagri.fr/articles/ces-abricots-sont-destines-a-la-poubelle-!/14034 (sujet proche déjà traité sur WikiAgri, cette fois avec des abricots...).


Photos ci-dessous : Cyril Rous devant les courgettes qu'il n'a pas pu vendre, puis dans le champ qu'il refuse de récolter.

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Morineau-Cooks Christophe

Journaliste

Journaliste professionnel depuis 20 ans. Toulousain, très impliqué dans de grands quotidiens régionaux et la radio. Aujourd'hui de retour à Toulouse.

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