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La spectaculaire poussée du FN dans les campagnes

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Les résultats des élections régionales montrent que le FN continue de progresser dans le monde rural et auprès des agriculteurs. Ceci semble être lié à la fois à un activisme important du parti de Marine Le Pen dans ces territoires et à la désillusion d’une partie des agriculteurs vis-à-vis des partis de la droite classique.

L’un des enseignements des élections régionales de décembre, et notamment du premier tour, est que l’on a assisté à une nouvelle forte poussée du vote Front national dans les communes rurales et dans le monde agricole, poussée que l’on avait déjà pu observer récemment lors des élections européennes de mai 2014 et des départementales de mars 2015.

Un vote difficile à appréhender

Il est cependant difficile d’avoir des données globales fiables sur le vote des agriculteurs et des campagnes, et ce, pour diverses raisons. La première est que les enquêtes menées le « jour du vote » ne distinguent pas les agriculteurs des autres catégories, compte tenu de leurs faibles effectifs. Dans l’enquête IFOP du 6 décembre, par exemple, on peut retrouver les employés, les ouvriers, les cadres supérieurs, les artisans ou les commerçants, mais pas les agriculteurs en tant que tels. L’enquête Ipsos publiée le même jour mentionne, quant à elle, les agriculteurs, mais en les mettant dans la même catégorie que les artisans et les chefs d’entreprise. Enfin, Harris interactive s’en tient à une distinction très sommaire entre CSP+, CSP- et inactifs. Aucune enquête ne permet donc de savoir précisément comment les agriculteurs ont pu voter le 6 décembre.

En ce qui concerne le monde rural à proprement parler, c’est aussi délicat de s’appuyer sur ce type d’enquêtes. L’IFOP établit néanmoins une distinction entre communes rurales, communes urbaines de province et agglomération parisienne, ce que ne font ni Ipsos, ni Harris interactive. On peut remarquer à ce propos que, selon l’enquête IFOP, 33 % des personnes interrogées résidant dans des communes rurales ont voté pour une liste FN, contre un taux de 29 % pour les communes urbaines de province, et de 17 % pour l’agglomération parisienne.

La seconde raison est qu’il convient d’établir une distinction entre communes rurales et agriculteurs. Ces derniers peuvent, en effet, représenter une part assez faible, voire nulle dans certains cas, de la population de ces communes, qui sont souvent de plus en plus peuplées de « rurbains ». Or, comme on le verra plus loin, le vote en faveur du FN peut être assez élevé au sein de cette catégorie spécifique de la population.

Enfin, la troisième raison réside dans le fait qu’il n’existe pas de vote paysan à proprement parler. Une importante enquête réalisée par l’IFOP en 2014 indiquait ainsi « le monde paysan n’est pas homogène idéologiquement et on ne peut pas parler du vote paysan en général ». Celle-ci montrait même l’existence d’importants clivages en fonction de la taille de l’exploitation des agriculteurs, du type de production et de leur région. Ainsi, au second tour de l’élection présidentielle de 2012, 86 % des agriculteurs ayant une exploitation de plus de 100 hectares ont voté pour Nicolas Sarkozy, tandis que ceux qui ont une exploitation de 10 à 30 hectares ont été seulement 51 % à voter en faveur du président sortant. 65 % des maraîchers ont voté pour François Hollande en 2012, alors que 74 % des agriculteurs du secteur des grandes cultures ont choisi Nicolas Sarkozy. Enfin, alors que seuls 53 % des agriculteurs de Midi-Pyrénées votaient pour le candidat de l’UMP, ils étaient 85 % dans ce cas dans le Bassin parisien, la Picardie, le Nord et la Normandie.

Des agriculteurs traditionnellement majoritairement de droite

Il n’en reste pas moins que, et c’est bien connu, les agriculteurs penchent majoritairement à droite. Les spécialistes parlent même d’un « ancrage à droite » du monde agricole. Ceci est loin d’être nouveau puisque déjà en 1958, le sociologue Joseph Klatzmann expliquait que « si l’on répartit les suffrages [des agriculteurs] en deux grands groupes, gauche et droite, on constate que la droite l’emporte nettement avec près de 60 % ». Ensuite, les agriculteurs ont massivement embrassé le gaullisme. D’après Bertrand Hervieu et François Purseigle dans Sociologie des mondes agricoles, de 1967 à 1988, en moyenne environ 68 % des agriculteurs votent à droite. La popularité de Jacques Chirac auprès des agriculteurs a également été très forte. Lorsqu’il s’est présenté à la présidentielle (1981, 1988, 1995, 2002), il a ainsi recueilli entre 30 et 38 % des intentions de vote au 1er tour. En 1988, il avait même recueilli 78 % de ces intentions au 2nd tour de la présidentielle. Jamais une catégorie socioprofessionnelle n’a autant plébiscité un candidat à une élection.

Cette tendance s’est poursuivie dans une période plus récente. Nicolas Sarkozy obtient 32 % des voix des agriculteurs au 1er tour de la présidentielle de 2007 selon l’IFOP, tandis que François Bayrou, « le candidat au tracteur », réunissait alors 26 % de leurs suffrages. Les suffrages en faveur des principaux candidats de droite s’élevaient ainsi à 77 % chez les agriculteurs. Figuraient parmi eux Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers. Il est à noter que l’IFOP ne fournit pas de données pour Frédéric Nihous, alors que l’on peut supposer que son score auprès des agriculteurs était loin d’être négligeable. Ségolène Royal n’avait alors obtenu que 10 % de leurs suffrages. Au 2e tour, Nicolas Sarkozy réunissait jusqu’à 73 % des voix des agriculteurs.

On a pu observer une tendance similaire cinq ans plus tard. 44 % des agriculteurs ont ainsi voté Nicolas Sarkozy au 1er tour de la présidentielle de 2012. Au total, cette année-là, 76,5 % des agriculteurs ont opté pour les candidats de la droite, au sens large du terme : François Bayrou, Nicolas Sarkozy, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen. Par contraste, François Hollande obtenait seulement 13,5 % des suffrages et Jean-Luc Mélenchon, 6 %. Au 2e tour, 68 % des suffrages des agriculteurs se sont portés sur Nicolas Sarkozy.

En 2015, cette orientation massive à droite reste encore d’actualité dans le monde agricole. Ainsi, selon une enquête de l’institut BVA pour terre-net.fr publiée en avril 2015, 60 % des agriculteurs interrogés se disent proches des partis de droite dans un sens très large du terme (UDI, UMP/Les Républicains, mais aussi FN), contre une moyenne de 35 % pour les Français.

Des mondes ruraux et agricoles de plus en plus tentés par le FN

Ces dernières années, on tend néanmoins à observer une forte poussée des suffrages en faveur du Front national chez les agriculteurs et dans le monde rural. Jusqu’au début des années 2000, les observateurs remarquaient que les agriculteurs étaient, avec les catholiques pratiquants, les deux groupes les plus réfractaires au vote en faveur de l’extrême droite. Ceci s’expliquait en particulier par l’influence du gaullisme, des syndicats professionnels agricoles et de la pratique religieuse au sein de cette catégorie socioprofessionnelle. On a pu noter néanmoins dès la présidentielle de 1988 que le vote en faveur de Jean-Marie Le Pen ne se cantonnait plus au monde urbain puisqu’il avait obtenu alors 10 % des suffrages des agriculteurs. Mais le véritable tournant de ce point de vue se situe en 2002 lors de l’élection présidentielle qui amène Jean-Marie Le Pen à se qualifier pour le second tour. Le candidat du Front national recueille alors 22 % des voix des agriculteurs.

Cette progression du FN dans le monde agricole s'est poursuivie de façon spectaculaire ces dernières années. Selon les données de l’IFOP, 13 % des agriculteurs avaient voté pour Jean-Marie Le Pen au 1er tour de la présidentielle de 2007. En 2012, ils étaient 19,5 % à donner leur préférence à Marine Le Pen. Enfin, en 2015, l’enquête précédemment citée de BVA indique que 36 % des agriculteurs interrogés pourraient voter en faveur de Marine Le Pen en 2017, la moyenne française se situant à 24 %. 19 % d’entre eux ont même répondu « oui, certainement » à la question « pourriez-vous voter pour Marine Le Pen aux présidentielles de 2017 ? ».

La poussée vers le FN observée lors des régionales

Cette évolution a été également manifeste dans les élections intermédiaires récentes, notamment lors des élections régionales de décembre 2015. Les votes en faveur des listes FN semblent avoir été ainsi particulièrement élevés dans le monde rural et agricole comme peuvent en témoigner de très nombreux articles de presse.

Cela concerne en premier lieu les « fiefs » traditionnels du FN. La Voix du Nord dans son édition du 7 décembre dernier indique ainsi que l’on observe dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie une « adhésion plus forte [en faveur du FN] dans les zones rurales ». La Provence du 10 décembre note, de son côté, un enracinement du FN dans le monde rural dans les Bouches-du-Rhône, autre bastion électoral du FN.

Mais ce phénomène s’est aussi produit dans d’autres régions. Un article publié le 8 décembre dans La Dépêche du midi indique ainsi que « le FN a réalisé une poussée historique en milieu rural » dans le Tarn. Dans ce département, la liste FN est arrivée en tête dans 217 communes rurales sur les 323 communes que compte le département. Francis Pradier, le maire de l’une de ces communes, La Sauzière-Saint-Jean, constate que le FN « monte d’un scrutin à l’autre, mais je ne me l’explique pas ». On peut observer une même tendance en Eure-et-Loir. Dans 96 communes rurales de ce département, sur un total de 401 communes, la liste FN a obtenu plus de 40 % des suffrages et même plus de 50 % dans 15 d’entre elles. Cette progression du FN s’est tout particulièrement produite dans les communes périurbaines du département.

Enfin, cela concerne aussi les régions où le parti d’extrême droite était jusqu’alors relativement peu implanté. Ainsi, la progression notable du FN dans la région des Pays de la Loire s’est avant tout effectuée dans le monde rural. Selon les estimations de Ouest-France, dans son édition du 8 décembre, les 32 meilleurs scores de la liste FN concernent des communes de moins de 2 000 habitants. Dans la Sarthe, en Mayenne ou en Maine-et-Loire, ce sont les zones éloignées des grandes villes qui ont voté FN. On pourrait multiplier les exemples de ce point de vue d’autant que les listes FN ont obtenu leurs meilleurs résultats au 1er tour des régionales dans les communes de moins de 2 000 habitants, avec en moyenne plus de 30 % des suffrages exprimés. Les spécialistes du FN ont, en effet, pu remarquer depuis un petit moment que les scores du parti progressent à mesure que l’on s’éloigne des grands centres urbains.

Il est toutefois difficile encore une fois de faire la part entre le vote des communes rurales et celui des agriculteurs. Or, cela ne semble pas être aussi anodin que cela. L’IFOP a ainsi remarqué à propos de la présidentielle de 2012 que « plus la proportion d’agriculteurs est forte dans une commune et plus les votes Bayrou et Sarkozy ont été élevés et qu’inversement moins les votes Hollande et Le Pen ont été importants. C’est d’ailleurs dans les communes rurales ne comptant aucun agriculteur que Marine Le Pen a fait ses meilleurs scores, signe que la poussée frontiste dans les campagnes a été davantage le fait du malaise des milieux populaires ruraux que l’expression des crises frappant le monde paysan ». En clair, plus les communes de moins de 1 000 habitants comptent d’agriculteurs et moins les suffrages en faveur de Marine Le Pen sont élevés : 23,1 % pour les communes sans agriculteur, contre 18,8 % pour celles ayant 20 % d’agriculteurs et plus. Il est bien entendu encore trop tôt pour savoir si un tel phénomène s’est reproduit lors des régionales.

Un FN qui aspire à devenir le premier parti des agriculteurs

Comment peut-on expliquer ce phénomène ? Il faut bien le reconnaître, le Front national a recueilli en large partie les fruits d’un important effort de séduction produit ces dernières années en direction du monde rural et des agriculteurs.

Le Front national de Marine Le Pen a, en effet, fait des zones rurales et des agriculteurs l’une de ses priorités depuis son arrivée à la tête du parti en 2011. En 2013, Marine Le Pen a ainsi organisé un « tour de France des oubliés » durant lequel elle s’est rendu dans les communes rurales où son score à la présidentielle a été le plus élevé dans l’objectif explicite de faire du FN le « premier parti des agriculteurs ». Cette même année, un site internet dédié au monde rural a été également lancé : France ruralité. La presse a aussi fait écho d’une Marine Le Pen accueillie sous les applaudissements au Salon de l’agriculture de 2014, où elle a dit être venue « faire une déclaration d’amour aux agriculteurs français » et où elle est restée pas moins de 7h15, et d’un accueil chaleureux de la part des agriculteurs à celui de 2015. Au mois de septembre dernier, elle s’est d’ailleurs rendue pour la première fois au Salon international des productions animales (Space) de Rennes.

De son côté, Marion Maréchal-Le Pen a organisé en octobre 2015 à l’occasion de sa campagne régionale en PACA une visite en pays d’Arles sur le thème de l’agriculture avec une réunion de travail avec les maraîchers et les agriculteurs du nord des Bouches-du-Rhône, la visite d’une exploitation maraîchère, d’une exploitation ovine, et enfin du mas du Sonnailler, qui est le QG des riziculteurs de la région.

Pour certains agriculteurs, le FN paraît être, en effet, à l’écoute de leurs préoccupations, à la différence des autres partis politiques. Rémy Benson, un éleveur ovin, ancien responsable de la fédération départementale ovine, a d’ailleurs expliqué dans La Provence du 10 décembre à propos de Marion Maréchal-Le Pen que « c’est la seule qui est venue nous voir pour essayer de comprendre les problématiques locales. Elle a entendu le malaise ». Il dit d’ailleurs avoir voté pour le FN, alors qu’il avait opté pour la liste PS aux régionales de 1998. Yanic Bodin, un agriculteur de la Manche cité dans Le Monde du 4 décembre, également président de la Coordination rurale de la Manche, explique, lui, que « plusieurs agriculteurs du coin votent désormais FN, car c’est le seul parti qui nous écoute et défend des structures de production familiales. Les autres, qui ne jurent que par l’ultralibéralisme et l’agriculture intensive, sont en train d’éradiquer les petits paysans comme nous ».

En outre, le discours du FN tend à les séduire à partir du moment où les candidats d’extrême droite dénoncent tout ce que ces agriculteurs abhorrent : la PAC, le libre-échange, l’Organisation mondiale du commerce, la surréglementation, la complexité des normes européennes et françaises, la fiscalité, les écologistes… En témoigne, par exemple, la proposition du FN de réviser la Convention de Berne afin que le loup ne soit plus classé comme espèce protégée. Il tend également à mettre l’accent sur ce qui est cher au cœur de nombreux agriculteurs, à savoir le lien entre agriculture et identité des terroirs.

Mais, ce vote paraît être aussi aux yeux de certains agriculteurs comme un bon moyen de dénoncer le « système » et de donner un coup de pied dans la « fourmilière » dans un contexte de crise traversée par de nombreux secteurs agricoles, de désarroi personnel, de peur du déclassement social ou face à ce qui est perçu comme un abandon de la part du gouvernement et des autres formations politiques.

Sur France info le 7 décembre dernier, un éleveur de porcs breton expliquait ainsi que cela fait cinq ans qu’il « galère » et que c’est la raison pour laquelle il a voté Front national au 1er tour des élections régionales. Yanic Bodin, cité plus haut, explique de son côté qu’il est « écoeuré » et « en profonde détresse » parce qu’il ne parvient pas à vivre de son travail : « Je vais compter près de 35 000 euros de perte à la fin de l’année et je ne peux même plus me verser un salaire, alors que je bosse douze heures par jour, sept jours sur sept ». Il en conclut ainsi : « Comment voulez-vous qu’on vote pour une gauche et une droite normalisées, qui nous ont laissés tomber depuis vingt ans ? C’est humain de vouloir les sanctionner, non ? ». Il affirme en conséquence s’être tourné vers Marine Le Pen après avoir été déçu par Nicolas Sarkozy, puis par François Hollande. Il a d’ailleurs reçu Marine Le Pen dans son exploitation en mars dernier.

Nicolas Sarkozy, la grande déception

Mais il existe également une autre explication de nature politique. Il convient de reconnaître que le succès du Front national dans le monde agricole est vraisemblablement lié à un certain désintérêt des partis traditionnels pour les préoccupations du monde rural et agricole (ou en tout cas ce qui est perçu comme tel par nombre d’agriculteurs) et en particulier à une forte déception vis-à-vis de la droite traditionnelle et plus précisément de Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant recueilli une très grande majorité des suffrages des agriculteurs aux seconds tours des présidentielles de 2007 et de 2012.

En effet, selon le sondeur Jérôme Fourquet, « si Jacques Chirac avait un lien affectif, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas revendiquer des racines paysannes. Mais il avait séduit le monde agricole en leur parlant comme à des chefs d’entreprise avec le discours de "la France qui se lève tôt". Mais, comme d’autres électeurs de droite, ils ont été déçus ».

Il est ainsi significatif que, dans une enquête BVA pour terre-net publiée en novembre 2015, Nicolas Sarkozy n’apparaisse qu’en quatrième position dans les préférences des agriculteurs pour la primaire des Républicains prévue pour 2016. Seuls 9,5 % souhaitent que Nicolas Sarkozy représentent Les Républicains à la présidentielle, contre 10,4 % pour François Fillon, 30,7 % pour Alain Juppé et 34,9 % pour Bruno Le Maire. Cette désaffection personnelle vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, qui peut prendre la forme d’un « amour déçu », apparaît d’autant plus tangible qu’en moyenne 29,9 % des Français souhaitent que celui-ci soit le candidat des Républicains à la présidentielle, soit trois fois plus que les agriculteurs qui avaient pourtant voté pour lui à près de 70 % au 2e tour en 2012.

Une tendance durable ?

Le succès du FN auprès des agriculteurs est-il appelé à être durable dans un contexte de crise agricole structurelle et d’ouverture des marchés ? Dans ce cas, nous serions en train de vivre un grand tournant dans l’orientation politique du monde agricole en France. Est-il seulement le reflet d’un désamour provisoire entre une partie des agriculteurs et une droite traditionnelle post-Chirac lié en grande partie à la personne de Nicolas Sarkozy ? La présidentielle de 2017 devrait permettre d’y voir un peu plus clair. Mais, quoi qu'il en soit, si le candidat des Républicains, Nicolas Sarkozy ou un autre, souhaite se qualifier pour le second tour en 2017, il aura tout intérêt à chercher à se « réconcilier » avec une catégorie socioprofessionnelle qui ne lui sera plus aussi acquise que cela pouvait l’être dans le passé.

En savoir plus : www.ifop.com/media/poll/3228-1-study_file.pdf (enquête IFOP du 6 décembre 2015, « Le profil des électeurs et les clefs du premier tour des élections régionales ») ; www.ipsos.fr/sites/default/files/doc_associe/sociologie_de_lelectorat_electionsregionales2015_6_decembre_-_20h30.pdf (enquête Ipsos du 6 décembre 2015, « Sociologie des électorats et profil des abstentionnistes ») ; http://harris-interactive.fr/wp-content/uploads/sites/6/2015/12/Rapport-Harris-Motivations-de-vote-et-dabstention-au-2nd-tour-des-R%C3%A9gionales-2015-M6.pdf (enquête Harris interactive du 6 décembre 2015, « Sondage Jour du vote ») ; www.ifop.com/media/pressdocument/684-1-document_file.pdf (enquête IFOP de février 2014, « Votes paysans ») ; www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1958_num_8_1_392451 (article de Joseph Klatzmann publié en 1958 dans la Revue française de science politique, « Comment votent les paysans français ») ; www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/en-2017-36-des-agriculteurs-prets-a-voter-pour-marine-le-pen-205-109479.html (enquête BVA pour Terre-net publiée en avril 2015 sur les intentions de vote des agriculteurs pour la présidentielle de 2017) ; www.lavoixdunord.fr/politique/regionales-2015-le-fn-s-installe-dans-les-zones-rurales-ia228354b0n3205590 (article de La Voix du Nord du 7 décembre 2015) ; www.ladepeche.fr/article/2015/12/08/2233521-217-communes-rurales-votent-fn.html (article de La Dépêche du midi du 8 décembre 2015) ; www.lemonde.fr/elections-regionales-2015/visuel/2015/12/04/regionales-en-normandie-le-front-national-courtise-l-electorat-rural_4824834_4640869.html (article du Monde du 4 décembre 2015) ; http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20150723.OBS3092/l-electorat-agricole-reste-majoritairement-de-droite-et-cela-se-renforce.html (source de la citation du sondeur Jérôme Fourquet) ; www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/une-finale-le-maire-juppe-pour-les-agriculteurs-sarkozy-en-chute-libre-205-114430.html (enquête BVA pour Terre-net publiée en novembre 2015 sur le candidat préféré des agriculteurs pour la primaire des Républicains). Les données relatives au vote des agriculteurs pour la période antérieure à 2007 sont tirées de l’ouvrage de Bertrand Hervieu et de François Purseigne, Sociologie des mondes agricoles (Armand Colin, 2013).

Notre photo ci-dessous : un agriculteur figurait parmi les têtes de liste du FN aux régionales, le céréalier Philippe Loiseau, arrivé en tête au premier tour de la région Centre - Val de Loire, sans jamais l'être dans aucune des grandes villes (Châteauroux, Tours, Orléans, Chartres, Blois, etc.) de sa zone. Son affiche comportait un champ agricole, et un clocher de village...

 

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  • 3Commentaire
  • #1

    Un paysan travail pour faire vivre son pays et sa terre, que fait l'Europe, la France, les politiciens droite gauche aujourd'hui pour nous sortir de la crise agricole que nous vivons tous, ils nous divisent les primes PAC par deux, augmentent les contraintes environnementales... Il ne faut pas s'étonner du résultats . On est tous des chefs d'entreprises et quand on voit comment est géré la France , un paysan ferait difficilement plus mal.

  • #2

    Et bien qu'attends-tu pour t'installer Fauvarque François-Xavier ?

    Bien sûr, il faudra que tu acceptes de travailler le weekend, de travailler entre 10 et 13 heures par jours et ce tous les jours de ta vie, de ne prendre qu'une semaine de vacances par an (dans le meilleur des cas), de passer de bien mauvaises nuits parce que tu ne sais pas si tu vas "joindre les deux bouts", de ne pas voir grandir tes enfants parce que tu es chez toi sans l'être vraiment, de voir ton épouse grogner parce que tu rentres toujours tard, de ne pas avoir une minute à toi parce que tu es sans cesse débordé, ... etc etc...

    Vas-y fonce, installes-toi et choisis le plus beau métier du monde, celui qui te laisse soit disant la liberté d'être son propre patron et qui te laisse un revenu plus que confortable à t'entendre dire. Choisis un troupeau de vaches laitières de préférence pour bien commencer. Bon courage ...

    Voter pour qui ? Je ne sais pas aujourd'hui lequel de nos politiciens est à la hauteur pour comprendre le malaise de notre profession. Travailler durement ne me dérange pas, mais je veux vivre confortablement du fruit de mon travail et non pas d'aides, sans cesse nécessaires à notre survie et pourtant toujours plus contraignantes à obtenir.

  • #3

    @Berry036

    Ils veulent des prix bas et une agriculture paysanne, faites ce que je dit, pas ce que je fait... Il va y avoir un problème, ou plutôt il y en a déjà un.

    Faut savoir, soit on dit oui à la ferme des 1000 vaches, soit on paye, dommage, électoralement, aucun des deux n'est profitable...

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