La gestion des eaux : zéro rejet d’eau souillée dans le milieu

Sur un site de méthanisation, trois bassins sont généralement nécessaires, un pour la gestion des eaux de pluie, un pour les eaux souillées et un bassin de rétention pour empêcher toute fuite accidentelle dans le milieu. 

 « Trois bassins sont obligatoires pour tous les sites de méthanisation, les anciens et les nouveaux, affirme Dimitri Mahé, conseiller Installation Classée Méthanisation à la Chambre d’agriculture de Bretagne. Cette nouvelle mesure s’ajoute à toutes celles entrées en vigueur depuis quelques années ». 

Ces mesures portent sur la gestion des eaux auxquelles sont soumis les sites industriels et agricoles qui relèvent de la réglementation des ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement) et des nomenclatures IOTA (Installations, Ouvrages, Travaux, Activités) ayant une incidence sur l’eau et sur le milieu aquatique. 

Couverture du guide expert WikiAgri dédié à la thématique de la méthanisation. Titre : Méthanisation : ça gaze ?

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Sur les surfaces artificialisées et imperméabilisées, tous les liquides (eau de pluie, jus de silos, eau souillée, etc.) doivent être collectés et faire l’objet d’un traitement particulier. Rien ne doit être reversé en l’état dans les cours d’eau. 

« Aussi, les plans de construction de tous les sites de méthanisation doivent prévoir un bassin de régulation pour les eaux de pluie propres, un bassin de confinement pour les eaux souillées provenant des aires de déchargements ou devant les silos, un bassin de rétention pour collecter tous les effluents ; en cas d’accident ou de rupture d’ouvrage  », explique Dimitri Mahé. 

– Le bassin tampon dit «  IOTA » collectera les eaux de pluie propre des surfaces du site de méthanisation, mais aussi les eaux des terrains avoisinants qui s’écoulent naturellement vers la plateforme bétonnée sur laquelle est édifié le méthaniseur. Après contrôle, l’eau propre pourra être rejetée dans le cours d’eau ou le fossé d’infiltration à la vitesse maximum de 3 l/s. 

– Le bassin de confinement étanche collecte des liquides susceptibles d’alimenter le méthaniseur qui doivent être bien traités avant d’être rejetés. Ce sont essentiellement des jus de silos ou des eaux souillées. 
Dans la pratique, ces liquides alimenteront le méthaniseur et enrichiront le digestat liquide et solide qui sera par la suite épandu sur les terres mentionnées dans le plan d’épandage rattaché au site de méthanisation. 

Par commodité, ce bassin de confinement sera édifié près de la zone de déchargement des silos, des gisements et du méthaniseur. Ces derniers sont équipés de vannes de sécurité. Mais ils peuvent aussi être équipés de sondes conductimétriques employées pour mesurer la composition des liquides stockés, les traiter et les réorienter vers le bon bassin ou vers le milieu extérieur. 

Les liquides trop chargés en matière organique, nitrates, phosphore… ne doivent pas être rejetés dans le milieu. Des normes de rejet existent et doivent être respectées. 

– Le troisième bassin de rétention pallie les cas d’urgence. Il sera réalisé pour collecter tous les rejets d’effluents accidentels comme ceux qui coulent après un incendie, ou d’une rupture de canalisation. 

« Dans la pratique, le nombre et le volume des bassins édifiés autour d’une unité de méthanisation seront calculés différemment en fonction de chaque site et des volumes des digesteurs de l’unité de méthanisation  », précise Dimitri Mahé. 

Dans certains cas, un seul bassin suffira pour remplir les trois missions décrites ci-dessus. Mais l’agriculteur devra disposer alors des moyens logistiques adéquats pour éviter les mélanges et pour traiter les différents liquides qui s’écouleront vers ce bassin unique. Dans tous les cas de figure, ses bassins de gestion des eaux et des liquides souillées peuvent représenter plusieurs centaines de mètres cube. 

Ces investissements importants peuvent entacher parfois la rentabilité des projets. Mais surtout, cette réglementation s’applique aussi aux propriétaires de méthaniseurs en fonctionnement qui doivent se mettre aux normes, même si ces équipements n’étaient pas requis lorsqu’ils ont construit leurs bâtiments.