Vous avez une question ?Ou vous êtes expert dans votre domaine.
Rejoignez une communauté activedans le domaine de l’agriculture !
4409 MembresCréer un compte

Huit cents fermes maraichères verticales en exploitation ou en cours de construction dans le monde

Home_big_ferme_verticale_japon_lampes_led_toshiba

Au Japon, 400 fermes maraîchères verticales produisent des millions de légumes chaque année dans des tours d’une dizaine d’étages. De nombreux projets de construction sont programmés dans le monde et en Chine notamment. Malgré les performances affichées, la production agricole de ces tours reste marginale.

Chaque nouvelle ferme verticale en exploitation est un événement médiatique en Europe. Elle interroge les consommateurs et les citoyens sur l’avenir de la production agricole et sur l’évolution des techniques employées pour cultiver des fruits et des légumes.

Les performances annoncées sont toujours spectaculaires. Des millions de légumes sont cultivés à tous les étages de ces tours, aménagées en serre, et éclairées le plus souvent par des ampoules Led. Ces fermes sont des concentrés de technologies.

Rapportée au mètre carré construit, la production de salades dans une tour de 10 étages est jusqu’à 100 fois plus importante qu’en production maraîchère conventionnelle. Car seules deux ou trois récoltes de salades par mètre carré sont possibles.

Une étude du ministère de l’Agriculture intitulée « Les fermes maraichères verticales » dresse un panorama de cette forme d’agriculture urbaine.

Au Japon, « l’usine de Mirai à Miyagi produit 10 000 salades par jour sur une emprise de 2 300 m2. Elle utilise 17 500 lampes Led », rapporte l'auteur de l’étude du ministère, Florent Bidaud, dans son document.

Selon ce même document, « on dénombrait à la fin de 2017, 400 fermes verticales en fonctionnement dans le monde et autant de projets en cours de développement, en phase de prototypage ou liés à la recherche et à l’enseignement ».

90 % des unités de production sont en Asie et notamment au Japon qui détient près de 200 fermes. La Chine qui a dix fermes verticales en activité projette ainsi d’en construire 160.

Dans le pays du soleil levant, « les smart plant factories trouvent naturellement leur place dans les modèles urbains que le pays souhaite largement exporter…. Elles utilisent des technologies de précision qui se développent simultanément en agriculture classique outdoor mais avec les avantages de travail en bâtiment ».

Pour réduire les coûts, les constructeurs de fermes verticales tentent de standardiser leur conception en réalisant des économies d’échelle. Par exemple, « la société Spread annonçait fin 2018 la mise en service d’une unité intégralement automatisée capable de produire 30 000 salades par jour, censée de servir de tremplin à un essaimage du concept de Techno-farm avec des dizaines d’installations à travers le monde ».

Trois modèles économiques

Selon l'auteur de l’étude « Les fermes maraîchères verticales », trois modèles économiques se distinguent.

Le modèle le plus fréquent regroupe les « fermes fordistes » (...) « où collaborent ingénieurs, contremaîtres et agents d’exécution ».

Le deuxième modèle voit l’implantation de fermes verticales dans les centres urbains favoriser aussi l’économie solidaire et collaborative. La production de végétaux est inscrite dans l’économie circulaire en limitant l’utilisation de ressources: faible surface consommée au sol et optimisation de la consommation de nutriments, d’eau, de lumière et d’énergie etc. Mais la fabrication des ampoules Led pour éclairer les serres nécessite des terres rares extraites de mines exploitées en marge de toute considération environnementale. Pour certains experts agricoles encore, l’édification de ces fermes en zone urbaine limite la consommation de terres agricoles et maintient la biodiversité sur les terres qui ne sont pas ainsi artificialisées.

Le troisième modèle voit la multiplication de fermes standardisées conduire à la création de plateformes franchisées réparties sur tous les territoires. De grands groupes économiques pourraient ainsi se constituer.

Comment vont réagir les consommateurs ?

L’essor de la production de légumes dans des fermes maraîchères verticales dépend du comportement des consommateurs. Sont-ils prêts à acheter et à manger des produits issus de fermes verticales qui n’ont jamais vu la lumière ?

Par ailleurs, la construction de fermes verticales mobilise d’importants moyens. De grands groupes japonais créent des filiales en mobilisant d’importants capitaux pour financer la construction de ces fermes.

Près de 14 millions d’euros ont été nécessaires pour édifier l’usine Kameola de Spread « pour une emprise au sol de 2 868 m2 soit 4 485 €/m2 au sol », expliquent l'auteur de l’étude du ministère.

Si la ferme faisait 25 000 m2 au sol et 12 étages de hauteur, le coût serait multiplié par 12 mais le coût au mètre carré de culture serait alors de 500 €.

Pas encore une concurrence réelle pour l'agriculture conventionnelle

Seules des productions à forte valeur ajoutée rentabiliseraient ces productions. Leurs cultures dans des tours pourraient n’être qu’une étape de leur cycle de production. Elles pourraient en effet être réimplantées en pleine terre pour achever leur développement.

Quoi qu’il en soit, la production des cultures multi-étagées, en environnement confiné, n’est pas prête à remplacer l’agriculture conventionnelle en plein air et même sous serres.

Au Japon, la production dans des fermes verticales ne représentait que 0,6 % de la production nationale en 2014.


Ci-dessous, au Japon dans une ferme verticale, salades cultivées sous une lampe Led. (copie d'écran d'une vidéo de Toshiba).

Réagissez à l'article en un clic

  • 0
  • 2
  • 2
  • 0
  • 0
  • 1
Voir plus d'actualités sur les dossiers suivants
Auteur : Hénin Frédéric
Avatar_blank

  • Vous aimerez également
  • Home_tout_est_possible_the_biggest_little_farm

    "Tout est possible", l'autre film agricole de la rentrée sur le grand écran

    John et Sally ont transformé leur coin de désert en ferme modèle. Elle allie biodiversité et rentabilité. En faisant de leur aventure un fi...

  • Home_carburant_betteraves_e85

    Pour rouler sans polluer, les consommateurs optent pour le bioéthanol

    Les constructeurs d’automobiles boostent les consommateurs à acheter une voiture électrique, mais ces derniers penchent pour les modèles flex-fuel ...

  • Home_mjolk_la_guerre_du_lait

    "Mjolk, la guerre du lait", en Islande des éleveurs se soulèvent contre leur coopérative laitière

    Les coopératives ont été créées par les agriculteurs pour s’organiser mais parfois, leur fonctionnement leur échappe. En Islan...

  • Home_anthony_born

    Convertir l'exploitation familiale à la permaculture, le défi et la passion d'Anthony Born

    Dans le Lot, Anthony Born entreprend la conversion de l’élevage de 120 bovins viande du Gaec familial à la permaculture pour réduire ses charges et...

  • Home_r_seau_agri-sentinelles_-_site_web

    Suicide agricole, le réseau Agri Sentinelles sur Internet

    Le site www.reseau-agri-sentinelles.fr recense toutes les actions de prévention du suicide et facilite l’accès aux professionnels de l’accompagnemen...

  • Home_chiffres_agriculture

    Ferme France, une conjoncture des filières agricoles contrastée

    Sur les fronts des prix et des charges, des clignotants sont au vert… ou ne sont plus au rouge ! Mais pour combien de temps encore ? Alors que les agricu...

  • Home_graines_d_agriculteurs_2019

    "Graines d’agriculteurs", dix jeunes agriculteurs allient innovation, talent et gastronomie

    Depuis 2011, Graines d’agriculteurs est un concours qui récompense chaque année des projets innovants d’agriculteurs récemment installé...

  • Home_tu_m_as_laiss_e_en_vie_camille_beaurain_antoine_jeandey

    "Ils l’ont tué" et "tu m’as laissée en vie" pour témoigner

    Camille Beaurain et Antoine Jeandey traitent le suicide paysan dans un livre paru aux éditions du Cherche Midi. Veuve à 24 ans, Camille décrit comment la...

  • 1Commentaire
  • #1

    Petit a petit l'agro industrie se met en place pour remplacer l'agriculture et l'élevage traditionnel? Certains investisseurs subventionnent les végans afin de préparer l'arrivée de la viande in vitro. Plus besoin d'agriculteurs, ni de vétérinaire, ni d'abattoir etc etc. Les terres serviront d'action de compensation environnementale pour justifier la pollution et le bétonnage. Et personne ne dit rien, donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes!

Donnez votre avis

Pour répondre à ce salon sans Facebook, connectez-vous ou inscrivez-vous sur Wikiagri.

Rejoignez la communauté des agri-décideurs

  • Accéder aux articles bloqués
  • Recevez l'actualité agricole
  • Recevez des alertes météo
Créer Un Compte Gratuit