Depuis quelques semaines, la baisse de la collecte de lait inhérente aux vagues de chaleur étendue sur une grande partie de l’Union européenne n’enraye pas la baisse des prix du lait payé aux éleveurs européens.
En Union européenne, le prix du lait payé eux éleveurs ne cesse de baisser. A 455 € la tonne payée à la fin du mois de juin, il a perdu en un an plus de 80 €. Cette année, la France se situe dans la moyenne. Mais la baisse de prix observée ces derniers mois a été moins importante car la tonne de lait n’était facturée que 490 € au mois de juin 2025. Et son prix avait légèrement progressé à la fin de l’année 2025, à contre-courant de ce qui avait été observé à l’échelle nationale.
Dans son dernier numéro mensuel « Tendances élevage » clos à la fin du mois dernier, l’Idele souligne : « la production laitière cumulée des sept premiers exportateurs mondiaux (Argentine, Australie, Biélorussie, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et UE) était à nouveau en hausse sur un an en mai 2026, et ce pour le 22ème mois consécutif. Mais depuis deux mois, le rythme de la hausse a ralenti. Ainsi, en mai 2026, 661 000 tonnes ont été produites en plus sur un an (+2,4% /2025), contre 707 000 t en avril (+2,6% /2025) et 1 million de tonnes ou plus les sept mois précédents ».
L’institut ajoute même que la croissance de la production mondiale au cours du premier semestre, la était européenne et américaine.
En mai dernier, la collecte laitière dans l’UE avait en effet battu un record, à 13,83 millions de tonnes (Mt) (+2,6% /2025) notamment en Allemagne et en Pologne.
« Pour le moment, les perspectives restent plutôt bonnes malgré le repli récent des cours des commodités, et notamment de la poudre maigre. D’après l’USDA, malgré un début de ralentissement, la production de lait aux États-Unis devrait progresser.
En Union européenne, la canicule ne menaçait pas encore la production agricole ».
Aussi, le prix du lait évoluait comme si la production de lait allait croître indéfiniment, anticipant un risque d’engorgement des marchés de la poudre, du beurre et des fromages.
Or depuis mi-mai, la collecte française de lait décroche après chaque nouvelle vague de chaleur, sans être revenue à la normale durant les périodes d’accalmie (cf encadré). Les pays voisins semblent être à l’unisson.
Des vagues de chaleur aussi touché le Royaume Uni, le Benelux, l’Allemagne, une partie de l’Europe centrale et bien sûr dans les pays du bassin méditerranéen.
En Allemagne, semaines 26 et 27, la collecte a diminué de 3,7 % sur un an puis de 3,6 %.
Entre le 1er juin et le 4 juillet 2026, la livraison de lait au Royaume-Uni a reculé de 2,6% par rapport à la même période de 2025. Elle flirte désormais avec les niveaux de 2024 et 2023, selon l’Idele.
Des baisses de collecte auraient également été observées dans d’autres pays mais il est trop pour quantifier leurs ampleurs.
D’après AMI, le système d’informations sur les marchés agricoles (FAO), la disponibilité réduite en lait entraînerait un raffermissement récent des prix sur le marché des matières premières.
Pour le moment, aucun renversement de tendance n’a été observé sur le prix du lait.
Or les fourrages pourraient venir à manque, l’ensillage de maïs en particulier.
Des éleveurs pourraient être contraints de se séparer d’un certain nombre de bêtes s’ils sont dans l’impossibilité de nourrir leur troupeau.
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Une chute de 10 points en une semaine
Les trois périodes caniculaires ont accentué la baisse saisonnière de la production de lait de vache observée systématiquement après chaque pic printanier.
Semaine 26 (fin juin) durant la troisième canicule, la collecte de lait avait non seulement chuté de 10 points en huit jours, passant de 99 à 89 (base 100 en 1996) mais elle n’a regagné ensuite que deux points en restant ensuite inférieure de six points à l’an passé.