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Méprisés au ministère, élus et éleveurs mobilisent la population de l'Aude pour ne pas mourrir

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13Mar2018

Ce dimanche dans l'Aude, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées pour demander la réintégration de leurs 24 communes des confins de l’Ariège sur la carte des zones défavorisées. Elus et éleveurs en appellent désormais à l'arbitrage d'Emmanuel Macron, devant le mépris affiché lorsqu'ils ont été reçus au ministère.

Carton plein ce dimanche pour les élus et les éleveurs des secteurs de La Piège et de Razès, situés à l’extrême ouest de l’Aude, aux confins de l’Ariège. C’était en effet la foule des grands jours sur les hauteurs de Fanjeaux, l’un de ces 24 petits villages, tous promis dans ce périmètre, à une exclusion de la future carte des zones défavorisées. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées contre une décision qui, craignent-elles, condamnerait leurs communes. Au programme de la journée baptisée « Salon international de l’agriculture défavorisée », une mini ferme, des dégustations de produits du terroir et barbecue pour tout le monde. Histoire d'afficher le savoir-faire et les richesses locales et de fédérer la population autour de ses incontestables atouts.       

« Ici il y a des gens et de l’humain ! »

Car l’élément qui a renforcé la détermination de chacun s’est produit en fin de semaine dernière. Une nouvelle réunion a eu lieu au ministère de l’Agriculture et, aux dires des interlocuteurs venus de La Piège, « elle s’est très mal passée. On nous a dit comprendre que nous concernant la carte pose problème et comprendre notre souffrance, mais le ministère ne veut pas corriger l’erreur et puis on a été confrontés à beaucoup de mépris de la part d’un conseiller du ministère ! », fulmine Brice Asensio, maire de Cazalrenoux. « Mais ce ne sont pas que des chiffres, derrière il y a des gens, de l'humain et en tant qu'élus on se doit de protéger la population. »

Voilà pourquoi tous les maires et Loïc Albert, représentant du collectif qui regroupe les 55 exploitations ont décidé d’écrire au Président de la République pour lui demander de prendre la main sur le dossier et de réintégrer La Piège et Razès dans la carte des zones défavorisées. Une pétition est d'ailleurs ouverte en ce sens et a déjà recueilli plus de 3500 signatures. Voilà qui devait faire dire à Loïc Albert ce dimanche : « Depuis plusieurs mois, c’est tout un territoire qui se lève face à l’injustice. Ce qui prouve que notre combat est juste. Il est donc hors de question de baisser les bras et de se laisser enterrer. » Un combat qui s'est trouvé renforcé lors d'un débat avec les paroles du député européen socialiste Eric Andrieu. Lequel a révélé que comme chaque Etat-membre de l’Union européenne, la France a toute latitude pour proposer des modifications sur 10 % de l’Hexagone, sur la nouvelle carte qui doit entrer en vigueur au 1er février 2019.

La perte des ICHN signifierait aussi des aides régionales minorées

Et selon lui, les instances de Bruxelles connaissent parfaitement les revendications de La Piège. « Ce qui signifie que vous avez ouvert un rapport de force. Plus vous serez rassemblés, plus vous serez forts. Vous ne devez pas lâcher ! » Après avoir mis symboliquement en vente leurs villages sur le site Le Bon coin, organisé l’enterrement de leurs communes et réalisé des distributions de tracts aux automobilistes, élus et éleveurs ont déjà mené de nombreuses actions. Toutes dans le seul but de conserver ce statut de zone défavorisée et son corollaire, l'indemnité compensatrice de handicap naturel (ICHN) qui fluctue entre 8 et 15 000 € annuels par ferme. Surtout qu'une éventuelle perte de cette enveloppe signifierait aussi que certaines aides régionales seraient minorées, ainsi que le conseiller régional Sébastien Plat est venu le souligner. « Ce serait pour vous la double peine », souligne t-il.

Chacun l'a bien compris. Les prochains jours seront sans doute essentiels dans cette bataille, même si la députée LREM Mireille Robert s'attend à une course de fond de longue haleine. « Je n'arrête pas d'aller au ministère et de discuter avec les services parce que je soutiens La Piège qui n'aurait jamais dû sortir de ce dispositif de l’ICHN, tout le monde voit bien pourquoi quand on vient jusqu'ici. Mais j'ai le sentiment que le combat va durer. Il faudra beaucoup d'énergie et probablement aboutir à un consensus entre élus. »
 

En savoir plus : http://www.wikiagri.fr/tags/zones_defavorisees_ (tous nos précédents articles sur le même sujet).
 

Ci-dessous, Loïc Albert : « Nous sommes très nombreux aujourd'hui. Ce qui prouve que notre combat est juste ! »

Ci-dessous, depuis plusieurs semaines, les villages de La Piège et de Razès sont en vente symboliquement sur internet.

Ci-dessous, élus et éleveurs demandent toujours que La Piège ne perde pas son statut de zone défavorisée.

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Morineau-Cooks Christophe

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