L’organisation Phyteis exprime son soutien à l’objectif initial de la Commission européenne concernant l’Omnibus « Food & Feed ». Elle appelle à une réduction des freins administratifs pour favoriser l’innovation en agriculture, tout en garantissant la sécurité pour les agriculteurs, les consommateurs et l’environnement.
Omnibus « Food & Feed » : L’enjeu de l’innovation agricole en Europe
À l’occasion des discussions européennes sur l’Omnibus « Food & Feed », Phyteis appelle à préserver l’ambition initiale de la Commission européenne, qui consiste à lever les obstacles freinant l’entrée des innovations dans les exploitations agricoles. L’organisation milite pour un cadre européen plus clair et harmonisé afin de réduire les procédures administratives redondantes et de concentrer l’expertise là où elle est vraiment nécessaire. Cette évolution doit garantir un niveau élevé de sécurité pour l’agriculteur, le consommateur et l’environnement, tout en offrant aux industriels la prévisibilité nécessaire pour continuer à investir dans la recherche et le développement de nouvelles solutions.
Un rythme d’innovation insuffisant
Au cours des sept dernières années, 92 substances actives ont été retirées du marché européen (86 conventionnelles et 6 issues du biocontrôle), tandis qu’une seule nouvelle substance active conventionnelle a été approuvée. Cette perte nette de solutions réduit progressivement les options disponibles pour les agriculteurs, qui ont besoin de combiner différents leviers pour protéger leurs cultures. Parallèlement, 83 nouvelles solutions sont en cours d’évaluation. Pour Phyteis, il est donc crucial que l’Europe hâte l’arrivée de toutes ces innovations : biocontrôle, solutions phytopharmaceutiques, agronomie digitale et biotechnologies. Accélérer le biocontrôle est bien entendu indispensable, mais cela ne doit pas se faire au détriment de l’accès aux autres solutions nécessaires aux agriculteurs. Il est important de rappeler qu’il faut en moyenne plus de dix ans et d’importants investissements pour autoriser une nouvelle solution phytopharmaceutique.
Simplifier et harmoniser sans compromettre l’évaluation
Pour Phyteis, simplifier ne signifie pas déréguler ou réduire l’évaluation, mais plutôt mieux mobiliser les ressources d’expertise. L’organisation préconise de passer d’une logique de renouvellement calendaire systématique à une évaluation basée sur le risque, permettant des réévaluations ciblées dès que de nouvelles connaissances scientifiques, données de surveillance ou alertes le justifient. Phyteis préconise aussi de renforcer l’harmonisation entre les États membres, de diminuer les évaluations redondantes et d’améliorer le cadre de reconnaissance mutuelle.
Les dispositifs visant à accélérer l’accès au marché, comme les autorisations provisoires proposées par la Commission pour le biocontrôle, doivent être étendus à l’ensemble des innovations. L’Omnibus doit ainsi aider à désengorger le système européen, sans compromis sur les exigences scientifiques, sanitaires et environnementales.
« L’Europe ne peut pas demander à son agriculture de réussir ses transitions tout en laissant sa boîte à outils se réduire. En sept ans, 92 substances actives ont été retirées et une seule nouvelle substance active conventionnelle a été autorisée. L’Omnibus doit permettre de retrouver une dynamique d’innovation : accélérer l’accès à toutes les solutions, mieux harmoniser les procédures européennes et concentrer l’expertise là où elle est réellement nécessaire, sans jamais transiger sur la sécurité des agriculteurs, des consommateurs et de l’environnement. » déclare Yves Picquet, président de Phyteis.