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    Ecologie : Ce qui est annoncé, ce qui en résulte

    Ce sujet a été créé il y a 16 jours par Paquereau Armand

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    La grande ligne directrice de l’écologie est la préservation des zones humides. Ainsi sur ce prétexte, la création du barrage de Sivens a été bloquée suite aux excès de violence regrettables, et le manque cruel d’eau se fait de plus en plus prégnant avec les sécheresses qui se multiplient.
    Au passage, il est quand même curieux que cette opposition se soit focalisée sur la destruction d’une zone humide, alors que le barrage prévoyait une réserve d’eau d’1,5 million de m3, sur une longueur de 2.7 km, ce qui représentait une superficie de berges humides largement supérieure à la zone initiale.
    Mais les mystères de la pensée écologique sont souvent difficiles à percer. Ainsi la réalisation des travaux de mise à 2x2 voies de la nationale 10 en Charente. Tout projet est soumis à des études d’impact et toute modification ou destruction de zones naturelles sont soumises à compensation. La destruction d’un espace boisé doit être compensée, parfois au double de la surface. Les surfaces de landes et de bois sont généralement situées sur des sols peu fertiles voire incultivables. La compensation se fait le plus souvent sur des surfaces fertiles et cultivées, qui sont soustraites des surfaces cultivables pénalisant ainsi la production alimentaire.
    Dans le projet précité (1) la gestion de 132 ha de compensation a été confiée au groupement Conservatoire Régional des Espaces Naturels et Charente Nature. Dans cette zone, de nombreuses retenues d’eau collinaires étaient présentes et collectaient les eaux de ruissellement, notamment en hiver, et les stockaient et assuraient en période de sécheresse des réserves permettant la pérennité de la flore et la faune ripicoles, et l’abreuvement des animaux des éleveurs voisins.
    Mais les organismes de gestion, en application des directives visant à rétablir la continuité écologique des cours d’eau (2) ont décidé de percer les digues de retenue de 4 étangs de 9 ares à 35 ares de superficie (3) au prétexte que ces retenues mobilisaient le courant amont du ruisseau sans le restituer en aval.
    Il en résulte au final qu’en période estivale, plus aucune goutte d’eau ne coule plus dans ces ruisseaux, et la réserve d’eau antérieure est partie à la mer lors des pluies hivernales. Les grenouilles ont bien évidemment disparu, les joncs et autre plantes ripicoles ne résistent pas à la sécheresse estivale, les agriculteurs sont obligés d’aller chercher de l’eau pour abreuver leurs animaux, et ces réserves d’eau, si précieuses dans cette zone boisée pour lutter contre les incendies sont désormais tristement vides.
    L’écologie, qui prétend superviser tous les actes de notre vie, ne se préoccupe guère de conséquences délétères de l’application de ses prérogatives. Il est regrettable que ses actes détruisent ce que le bon sens et les paysans ont mis en place depuis des générations pour l’intérêt commun.

    (1) http://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Plaquette_R-C-version_finale_cle544eb1.pdf
    (2) http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/brochure-continuite_cle058b11-1-2.pdf
    (3) https://www.coordinationrurale.fr/destruction-zones-humides-touverac-16/

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