Vous avez une question ?Ou vous êtes expert dans votre domaine.
Rejoignez une communauté activedans le domaine de l’agriculture !
5447 MembresCréer un compte

Quel stress !

Home_big_dry-and-cracked-ground-texture
Il y a les insectes, les acariens, les maladies cryptogamiques, les mauvaises herbes... Les événements climatiques extrêmes de 2022 nous ont rappelé qu’à ces risques pour la santé des cultures, s’ajoutent une cohorte de stress non biologiques dits « abiotiques ». Ce sont les excès de sécheresse, mais aussi de chaleur, de froid, d’eau, de pH, d’aluminium ou de sel… Ces stress sont appréhendés de longue date. Les champs qui subissent l’hydromorphie sont drainés. Les excès de pH sont corrigés par des apports de calcium. Les terres salinisées sont amendées de gypse, l’irrigation s’est déployée… Cependant, le champ des réflexions au sujet des stress abiotiques s’élargit. De nouvelles connaissances ont par exemple montré que le potassium joue un rôle de protection et de récupération des plantes en cas d’inondation. On sait aujourd’hui que les plantes ont développé des formes d’intelligence et de communication pour pouvoir s’adapter à leur environnement, par exemple en cas de sécheresse. Les plantes sont notamment capables d’entendre l’eau couler, comme l’a bien démontré cette nouvelle science, baptisée neurobiologie végétale. Lorsqu’on isole phoniquement les drains, ceux-ci ne sont plus obstrués par les racines. Les premières découvertes en neurobiologie végétale pourraient ouvrir un boulevard d’applications pour favoriser la santé des cultures aux stress abiotiques. Des bouleversements non moins importants sont attendus du côté de l’étude des microbiotes, des semences, des tiges, des feuilles, des fleurs, des racines et du sol… Le marché des biostimulants propose déjà des solutions pour accroître la résistance des cultures aux sécheresses par exemple. Même s’il est difficile de se repérer dans un marché aussi bouillonnant qu’opaque, les mécanismes de stimulation des défenses naturelles des plantes ou de stimulation des sols reposent sur des bases scientifiques. La capacité des plantes à mycorhizer peut permettre aux plantes d’accéder à des réservoirs d’eau et de nutriments inaccessibles aux racines. Comme l’explique le microbiologiste français Marc-André Selosse dans son récent livre « L’origine du monde », les premiers végétaux terrestres n’avaient pas de vraies racines, mais des tiges étalées en symbiose avec des champignons. Depuis lors, les systèmes racinaires des plantes ont continué d’évoluer en partenariat avec les champignons des sols. Même si les crucifères et la betterave ont perdu cette capacité de mycorhization, le reste des plantes cultivées mérite qu’on y porte attention.
Dans les années à venir de nouvelles pratiques et de nouveaux outils sont donc amenés à se déployer encore sur le terrain dès lors qu’ils auront fait leur preuve. Les ETA qui accompagnent depuis toujours le déploiement de l’innovation en agriculture pourraient alors avoir un rôle à jouer. Des initiatives ont déjà eu lieu en ce sens. 

Alexis Dufumier

Réagissez à l'article en un clic

  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
Voir plus d'actualités sur les dossiers suivants
Auteur : Rédaction Wikiagri
Avatar_blank

Equipe de rédacteurs Wikiagri

  • Vous aimerez également
  • Home_ja

    Installations et transition agro-écologique: l’agriculture requiert de nouvelles c...

    Pour faire face au dérèglement climatique et pour être plus attractive auprès d’un public très éloigné du monde agricole...

  • Home_adobestock_280194966_preview

    Agriculture biologique, le prix de la tonne de blé a baissé de 80 € en six mois

    La France est plus important pays producteur de céréales biologiques de l’Union européenne. Moins de 10 % de la production de céréale...

  • Home_tomater_pedersen_fullsize

    En Suède, pas tomates .....suédoises à Noël !

    A Trelleborg, Mads Pedersen renonce à cultiver cet hiver des tomates bien trop chères à produire. La flambée des prix du gaz et de l’é...

  • Home_etable

    Guerre en Ukraine, produire du lait est un acte de résistance

    A Buky dans la région d’Uman, Yvan Melnyk et de Oleksandr Pidlubniy sont éleveurs laitiers à la tête d’un troupeau de 280 vaches de rac...

  • Home_yvan

    Guerre en Ukraine, Ivan et Oleksandr pas certains de pouvoir cultiver leurs 4 500 ha

    A Buky, Yvan Melnyk et Oleksandr Pidlubniy ont semé 2 400 ha de blé et de colza mais ils ne savent pas quelles cultures de printemps ils vont implanter en ...

  • Home_oleg_1

    Guerre en Ukraine, Oleg stocke pour ne pas vendre à perte son maïs 120 €/t et son ...

    Depuis le début du conflit qui oppose la la Russie à  l’Ukraine, l’effondrement des prix des céréales et des oléo-prot&eac...

  • Home_photo_nicolas_broutin_2022_yara

    Yara passe au vert en produisant de l’engrais azoté décarboné.

    Produire et à épandre des engrais azotés, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, jusqu’à atteindre la neut...

  • Home_adobestock_495073471__1_

    Ukraine, 28 Mds d’€ de pertes de céréales et de matériels après 7 mois de conflit

    Depuis le début du conflit, l’agriculture ukrainienne fait preuve d’une étonnante résistance malgré les dégâts subis. UAC...

  • Home_image_3

    Filière laitière, pilier d'une filière caséine-textile

    Chaque année, la caséine extraite des 7000 tonnes de lait impropres à la consommation pourrait être transformée en étoffe. Ce nouveau...

  • 0Commentaire

Donnez votre avis

Pour répondre à ce salon sans Facebook, connectez-vous ou inscrivez-vous sur Wikiagri.

Rejoignez la communauté des agri-décideurs

  • Accéder aux articles bloqués
  • Recevez l'actualité agricole
  • Recevez des alertes météo
Créer Un Compte Gratuit