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Pourquoi ne pas rendre la Pac flexitariste ?

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Le think tank Agr’IDées (ex SAF) promeut, dans une note rendue publique, le fléxitarisme. Ce serait, selon lui, une opportunité pour rendre l’agriculture en phase avec les aspirations et les goûts des consommateurs sans réduire le poids global de l’agriculture. Le flexitarisme associerait ainsi l’ensemble de la chaine alimentaire et il pourrait même être la clé de voute de la Politique agricole commune. 

Et si l’agriculture et la Politique agricole commune se mettaient au diapason de l’assiette du consommateur en devenant flexistariste ?

« Le flexitarisme alimentaire, un équilibre de consommation à 50 % de protéines animales et à 50 % de protéines végétales, constitue une réponse globale à un ensemble de questions complexes et indépendantes (nutrition/santé, climat, environnement, biodiversité) », défend le think tank Agr’IDées. Aujourd'hui, les deux tiers des protéines consommées sont d'origine animale.

Aussi, le flexitarisme pourrait être la clé de voute de l’organisation de l’ensemble de l’agriculture européenne et française, et par conséquent de la Politique agricole commune en cours de renégociation.

Il serait même « une opportunité pour la chaine alimentaire », titre justement Agr’IDées dans une note publiée le 27 octobre dernier. Alors que sur le plan de santé, le flexitarisme répond aux enjeux de santé publique : baisse de la consommation de protéines animales, de matières grasses, lutte contre le gaspillage, etc.

Pour toutes ces raisons, le think-tank suggère de « soutenir la PAC dans son second pilier, sous forme de Paiements pour Services Environnementaux (PSE), les démarches collectives de réduction d’émission de GES par les ruminants de type France Carbon Agri association, tant pour les animaux laitiers que les races à viande (type lifebeefcarbon). »

Pour information, France Carbon Agri association (FCAA) remplit deux missions. D’une part, l’organisation lance des appels à projets et collecte les projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre des exploitations candidates. D’autre part, elle collecte des fonds auprès d’entreprises souhaitant compenser tout ou partie de leurs propres émissions de gaz.

Toujours pour rendre la Pac « flexitariste », Agr’IDées suggère de « dédier une partie du plan protéines (Pac / plan de relance en France) à un soutien financier aux entreprises qui innovent (recherche) et structurent (investissements matériels) les nouvelles filières des produits végétaux destinés à la consommation humaine directe (pois/lentilles/fèves, féveroles…) ou comme ingrédient. » Le plan protéines serait ainsi boosté par une demande étoffée de produits agricoles et agroalimentaires à base de protéagineux cultivés par des agriculteurs incités à les produire.

« Le fléxitarisme, promu par Agr’IDées, ne constitue pas une réduction du poids global de l’agriculture. Il peut rééquilibrer les filières entre elles en s’appuyant sur les forces et les qualités de chacune, et pour partie en renouvelant un association végétal/animal qu’une intensification trop marquée a souvent rompu. »

Dit autrement, « la transition alimentaire est la transition agricole et réciproquement », ajoutent-ils encore.

Aussi, la transition « flexitariste » réconcilierait les consommateurs à l’agriculture en leur apportant des réponses à leurs aspirations sociétales et environnementales en matière de bien-être animal tout en les éveillant aux réalités des modes de production.

Elle réconcilierait aussi ce public, déconnecté de l’agriculture, avec les pratiques d’élevage en lançant « un étiquetage volontaire du bien-être animal… Ce serait un instrument de transparence et de progrès », suggère le think tank.

Mais comme cette transition « flexitariste » serait transversale (de la fourchette à la fourche), Agr’IDées propose qu’elle s’appuie sur une interprofession agricole et alimentaire justement transversale.

« Il est temps de se doter d’un outil collectif qui émette des messages objectifs de convergence », insiste le think tank.

Enfin, pour que le flexitarisme soit l’enjeu de plaisirs pour les consommteurs, des campagnes de communication seraient lancées « auprès du public et des différentes formes de restauration sur l’apprentissage culinaire et le goût liés à l’utilisation équilibrée des produits tant végétaux qu’animaux », défend Agr’IDées.

Pour y parvenir, un étiquetage approprié mettra fin à toute forme d’amalgame dans l’esprit des consommateurs. L’étiquetage des produits doit « réserver les termes qui désignent des produits carnés à des produits issus de l’élevage ».

« Un steak est morceau de viande issu d’une carcasse d’un animal élevé dans une ferme, précise Agr’IDées. Ce n’est pas un "produit technique" obtenu par des procédés décorrélés des activités d’élevage ».


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Auteur : Hénin Frédéric
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  • 1Commentaire
  • #1

    votre démarche de réduction des gaz à effet de serre dans l'agriculture tombe complètement à l'eau ... puisque justement le principal gaz à effet de serre c'est la vapeur d'eau (60% source GIEC) !

    les zones tempérées de la planète sont couvertes d'eau ou de végétation massive ! le biomimétisme consiste à copier l'écosystème forestier en végétalisant l'été toutes les surfaces exposées au soleil : sol nu sol foutu et climat désertique !

    L'atmosphère a deux effets indissociables : l’effet de serre et l'effet parasol ! l'effet parasol nous protège la journée (sinon la température atteindrait 150°c) et l'effet de serre nous protège la nuit (sinon la température serait à -168°c) . Si on assiste à de fortes canicules l'été c'est justement par manque de vapeur d'eau .

    La température des continents se régule toute seule à condition que le taux d’évaporation augmente proportionnellement à la chaleur ! comme au dessus des océans et des forets ! C'est l'évapotranspiration qui absorbe les 2/3 de l'énergie solaire reçu par les sols (chaleur latente) pour la restituer dans le haut de la troposphère.

    Pas de vie animale sans vie végétale : [https://www.mediaterre.org/actu,20201011103814,1.html]

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