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Les 8 étapes clefs à contrôler avant d’acheter un semoir monograine

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Ne serait-il pas judicieux d’investir dans des éléments semeur dernier cri sans accroitre le prix du semoir ? C’est possible sur bon nombre de semoirs monograines en adaptant au plus juste la largeur nécessaire. Lors du renouvellement, économiser deux rangs offre parfois la possibilité d’accéder à une option de plus de 10 000 € ou tout simplement de réduire drastiquement votre coût de revient. Dans tous les cas, même en conservant la même largeur de travail, vous avez tout intérêt à estimer un débit de chantier suffisant pour garantir une implantation réussie.

Quelle surface dois-je semer ?

Même si l’on associe souvent les semoirs de précisions à la culture du maïs, bon nombre de constructeurs proposent des châssis indexables, à inter-rangs variables, et donc polyvalents pour s’adapter à des implantations de colzas, tournesols, betteraves et protéagineux. Le levier principal pour diminuer le coût de revient d’un matériel est son occupation annuelle. Avant même de négocier une remise sur l’investissement du semoir, augmenter la surface ensemencée de 50 hectares réduit significativement le coût par hectare.

Les charges fixes annuelles s’élèvent trop souvent au-delà de 1000 € tous les 100 hectares semés, c’est pourtant un plancher de référence à traverser. Un semoir indexable augmente la valeur d’achat de 25 à 50 %, la surface à semer devra étrangement doubler pour atteindre un coût de revient par hectare équivalent. Pour dimensionner le semoir et son débit à l’hectare correspondant, il faudra donc uniquement définir la surface à semer sur son exploitation.

Le calcul de dimensionnement étant réalisé pour l’activité la plus exigeante en débit de chantier, il est préférable d’estimer la largeur du semoir pour la fenêtre météo la plus courte. C’est ainsi qu’il est parfois plus judicieux d’investir dans un semoir plus large, malgré une surface implantée annuellement en deçà de la capacité théorique de la machine.
Exemple = 120 hectares.

Quelle est ma période optimale ?

Par expérience vous connaissez les dates à ne pas dépasser pour implanter le maïs dans de bonnes conditions. Il faut surtout prendre en compte votre type de sol, l’évolution des températures ainsi que le potentiel de la variété choisie. Ainsi, la période optimale doit être définie avec les dates limites de semis qui ne pénaliseraient pas le potentiel de rendement. Chercher à raccourcir cette période vous obligera à augmenter votre débit de chantier ou semer en conditions moyennes qui pénalisent la régularité de semis. Retenez tout de même que la qualité d’implantation peut impacter de plus de 10 % la productivité d’une parcelle.
Exemple = du 1er au 15 mai.
 

Quelle est ma disponibilité en main-d’œuvre ?

Les semis de précision sont souvent chronophages pour leur préparation. Il faut anticiper les déchaumages ou labours tout en cumulant parfois avec les premières récoltes de printemps ou des traitements. Si l’on additionne les astreintes propres à un éleveur, toute la main-d’œuvre de l’exploitation est pleinement sollicitée. Pour pallier à cette charge il est tentant d’investir encore une fois dans un semoir plus large ou plus rapide.

Selon l’Insee, les matériels de semis ont vu leur prix croître de 23 % depuis 2007, tandis que le Smic n’a augmenté « que » de 15 % sur la même période. En considérant les difficultés de recrutement, il sera alors toujours préférable d’investir dans la technologie plutôt que l’acier d’un châssis plus large. En considérant la période optimale, il faut estimer le nombre d’heures relégables au semis sur chaque journée en moyenne.
Exemple = 8 heures par jour. 
 

A quelle vitesse puis-je semer ?

La régularité de semis est conservée avec des semoirs dits « rapides », à plus de 14 km/h. Attention toutefois car la vitesse de semis admissible est plus dépendante de la préparation du sol que de la technologie du semoir. La puissance disponible et le relief de l’exploitation peuvent aussi limiter la vitesse d’avancement.

Soyez également vigilant à l’incidence sur la facture : alors qu’un semoir six rangs à soc est disponible pour moins de 20 000 €, vouloir semer à plus de 12 km/h imposera un investissement de près de 50 000 €pour la même largeur de travail.
Exemple = 6km/h.

Quelle est la part des temps annexes ?

Le débit de chantier est proportionnel à la vitesse d’avancement et à la largeur de l’outil. Ceci dit, le temps passé lors des demi-tours et des remplissages de trémies pénalise différemment le débit de chantier réel. Même si l’on admet qu’un tiers du temps est consacré aux manœuvres dans une parcelle il faut rajouter les temps de déplacements et autres temps morts (pannes, imprévus). Le morcellement du parcellaire va également pénaliser votre performance journalière. Dans le cas d’utilisation d’un semoir « rapide », la vitesse d’avancement étant deux fois plus élevée, le pourcentage de temps annexe est alors augmenté.

Un élément semeur conventionnel, oscille entre 0,25 et 0,33 hectare par heure (ha/h) tandis que les plus véloces peuvent atteindre les0.8 ha/h. En fonction du nombre de rangs de votre semoir, de votre vitesse d’avancement et du débit de chantier réel (temps annexe inclus) vous pouvez est estime le rendement par élément semeur. Si vous emblaver 7,5 hectares en quatre heures avec un semoir six rangs, on obtient le calcul suivant pour illustrer notre exemple : 6,5 ha/ 4 h / 6 rangs = 0,3125 ha/h/rg.
Exemple = 0.27 ha/h/rg.

Quel est l’historique des jours « agronomiquement » praticables ?

La collecte des données météorologiques est indispensable pour cette étape. L’historique de pluviométrie sur 10 ans est une base solide pour estimer les jours disponibles « agronomiquement » pour réaliser les semis (de maïs dans l’exemple suivant). Même si l’on sait tous que le temps est imprévisible, il s’agit là du seul moyen d’estimer la durée des fenêtres météos à notre disposition sur la période optimale définie précédemment. Le tableau suivant illustre une prévision des JAD ( jours « agronomiquement » disponibles ) en prenant en compte des limites de pluviométrie que chacun devra estimer.

Quel niveau de risque puis-je tolérer ?

Trop d’investissements sont réalisés en fonction de l’année la plus critique. C’est un moyen de sécuriser les travaux mais surtout être sûr de subir une sur mécanisation onéreuse. Le surcoût d’un semoir pour implanter la même surface en trois ou huit jours demande souvent un effort de 10 000 à 15 000 €. A partir de l’estimation des JAD précédente, vous pourrez déterminer la fenêtre météo optimale, atteignable huit années sur dix. Il suffit pour cela d’éliminer les deux années les plus critiques.
Exemple : 6 JAD.
 

Quel est le niveau d’investissement raisonnable ?

Afin de ne pas tomber dans le piège classique de l’augmentation de largeur ou de débit de chantier, il est indispensable de réfléchir au dimensionnement optimum. Ceci sous-entend de considérer la surface à semer et la disponibilité en main d’œuvre. Les calculs et estimations réalisés jusqu’ici vont permettre de définir un nombre de rangs pour assurer un semis huit années sur dix.

Dans notre exemple, un semoir huit rangs semble trop limitant pour semer en bonnes conditions. Soit l’investissement se réalisera en 12 rangs conventionnels et est également possible en semoir huit rangs à élément dits « rapides » pour passer la barre des 0,4 ha/h/rang.

Surface (ha) ÷ JAD (jours) ÷ Disponibilité quotidienne (h/jour) ÷ Débit réel par élément (ha/h/rang)
Exemple : 120 ha ÷ 6 jours ÷ 8 h ÷ 0,27 ha/h/rg = 9,25 rangs.

Exemple :

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
An
Pluviométrie quotidienne (mm)
JAD
01/05
02/05
03/05
04/05
05/05
06/05
07/05
08/05
09/05
10/05
11/05
12/05
13/05
14/05
15/05
2010
 
 
8,2
 
 
0,7
3,8
8,2
 
 
 
 
11
 
 
8
2011
0,5
2,0
4,5
4,1
2,0
0,2
3,6
 
 
9,2
10
0,2
 
1,4
 
8
2012
 
 
2,7
29
0,3
5,4
 
 
3,5
 
 
 
 
 
 
10
2013
6,3
0,4
5,0
0,3
 
 
3,0
3,0
2,2
2,9
5,5
14
12
12
15
5
2014
 
26
2,4
 
 
2,5
5,3
 
 
 
1,5
2,4
 
0,2
0,3
11
2015
 
4,4
 
 
0,3
2,4
9,0
 
5,8
 
 
 
12
1,6
 
8
2016
 
 
8,7
6,3
0,4
2,6
0,7
 
 
 
 
0,8
29
 
3,7
9
2017
 
0,1
 
3,1
12
1,8
0,1
5,3
8,1
12,3
 
 
15
2,9
8,5
3
2018
6,8
30
2,6
0,2
 
 
0,6
26
10
1,6
 
 
4,0
 
8,4
6
2019
 
 
 
 
 
 
 
 
8,4
26
8,4
0,4
0,6
 
 
11

 

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