Vous avez une question ?Ou vous êtes expert dans votre domaine.
Rejoignez une communauté activedans le domaine de l’agriculture !
4529 MembresCréer un compte

L'arrêt de travail des agriculteurs est-il trop partiellement remboursé ?

Home_big_img_1588_-_copie

Vous l'avez sans doute déjà lu sur d'autres médias que le nôtre, depuis le 1er janvier 2014 les agricultrices et agriculteurs bénéficient du remboursement des jours d'arrêts de travail pour cause médicale. Oui mais... Déjà, les critiques pleuvent. Le point.

Le système mis en place prévoit ainsi, à l'échelon de la corporation agricole, le principe de la sécurité sociale que connaissent tous les Français. Il y a une cotisation annuelle obligatoire, et un montant prévu pour les jours d'arrêt de travail, avec des jours de carence et des obligations.

Sur le principe, cela ressemble à une avancée. Mais lorsque l'on rentre dans le détail des chiffres, c'est beaucoup moins évident. David Lacrépinière, salarié agricole et délégué départemental Ain-Rhône de la MSA, pose ainsi plusieurs questions : "La cotisation annuelle obligatoire est de 200 €. Il y a quatre jours de carence en cas d'hospitalisation, huit en cas de maladie ou d'accident, là où les fonctionnaires n'en ont plus un seul. Pour un remboursement journalier de 20,91 € par jour sur les 28 premiers jours d'arrêt de travail, et de 27,88 € à partir du 29e jour. Ce sont des montants très faibles. Il faut les comparer au coût d'une journée de remplacement, qui est de 150 € la journée. Ceux qui ont une mutuelle pourront espérer doubler, ou presque, le remboursement, mais la différence reste très forte. De fait, tous les agriculteurs ne pourront pas se permettre de faire valoir leurs droits au remboursement de l'arrêt de travail. Chacun sait comment ça se passe chez nous : pour se déclarer malade, il faut vraiment l'être. Le système mis en place pourra à la limite convenir à ceux qui sont en Gaec ou avec des associés, beaucoup moins aux agriculteurs seuls."

Une nouvelle taxe déguisée ?

Ainsi, selon David Lacrépinière, il existe toujours une différence de traitement par rapport aux autres corporations. "Pourquoi ne pas aligner le nombre de jours de carence sur les autres ? Et pourquoi des montants aussi faible ? Compte-tenu du montant de la cotisation demandée, et rappelons-le obligatoire, j'en suis à me demander s'il ne s'agit d'une nouvelle taxe déguisée, d'une manière de faire contribuer les agriculteurs à boucher le trou de la Sécu, puisqu'il me paraît clair qu'il y aura plus d'argent ponctionné que redistribué..."

Autre aspect : les contrôles. Le remboursement s'accompagne d'une absence d'activité totale. Difficile pour un éleveur, ou un céréalier lors d'une moisson. Là aussi, David Lacrépinière espère que les contrôles en question ne seront pas trop stricts.

Il conclut : "Le fait que le système ait été mis en place est une avancée. Mais encore une fois, les agriculteurs n'ont de merci à dire à personne, car ils autofinancent, et même au-delà. Donc, pour que le système soit réellement efficace, il faudra rapidement faire le bilan entre les cotisations et les remboursements et réajuster en fonction."

Et vous, qu'en pensez-vous ? Pour en débattre, rendez-vous ci-dessous dans l’espace « Ecrire un commentaire ».

En savoir plus : http://www.msa.fr/lfr/web/msa/sante/ij-amexa ou encore http://www.msa.fr/lfr/web/msa/presse/arrets-travail-nsa (textes en ligne sur le site de la MSA).


Un nouveau droit pour les agriculteurs : l... par MSATV

Ci-dessous : portrait de David Lacrépinière.

Réagissez à l'article en un clic

  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0
Voir plus d'actualités sur les dossiers suivants
Auteur : Jeandey Antoine
Thumb_aj

Journaliste professionnel depuis 1987. Collaborations multiples et variées dans la presse agricole. J'ai été rédacteur en chef de JA Mag (mensuel du syndicat...

  • Vous aimerez également
  • Home_assurance_climat_agriculture

    Faut-il créer un pool d'assureurs pour indemniser des milliards d'euros de pertes de récoltes ?

    Compte tenu de la fréquence des épisodes climatiques extrêmes, il devient urgent de repenser la couverture des risques agricoles en créant un pool ...

  • Home_agriculture_russe_drapeau

    Pourquoi le blé russe est moins compétitif depuis l'été dernier

    L'été dernier, la priorité des opérateurs et du gouvernement russes était l'approvisionnement du marché intérieur en ...

  • Home_port_c_r_alier

    Transports maritimes, la route de l'Arctique ne sera pas une voie commerciale pour les céréales

    Les politiques de réduction des gaz à effet de serre auront probablement plus d’impacts sur le transport maritime que le réchauffement climatique. ...

  • Home_march_s_c_r_aliers

    Agriculture et réchauffement climatique, les perdants et les gagnants à l'horizon 2050

    Le bassin de la Mer Noire deviendra le grand gagnant du réchauffement climatique. Le nord des Etats-Unis, le sud du Canada, les pays du nord de l’Europe centrale...

  • Home_mais_rouleau_irrigation

    Le marché mondial du maïs artificiellement serein

    Cette année, l'Argentine, l'Ukraine et le Brésil suportent seuls l'augmentation mondiale des exportations de maïs. La céréale am&...

  • Home_production_pommes_de_terre

    Pommes de terre, comment gérer la fin du CIPC ?

    Le chlorprophame (CIPC), l’inhibiteur de germination de pommes de terre, ne pourra plus être employé l’hiver prochain. François-Xavier Broutin...

  • Home_betterave

    La filière bioéthanol en phase de croissance

    La filière bioéthanol s’est engagée dans un cycle de développement vertueux. Le E85 représente 3 % du marché de l’essenc...

  • Home_foncier_agricole

    La Safer de Bretagne se met au portage de terres

    Pour fluidifier la transmission des exploitations agricoles et sécuriser les premières années d’exploitation du repreneur, la Safer de Bretagne vie...

  • 2Commentaire
  • #1

    Bonjourn,

    Avec 20 euros par jour, il faudra continuer de travailler pour faire tourner l'exploitation donc on devra se cacher pour travailler en se déguisant en momie et en circulant en ambulance dans l'exploitation...

  • #2

    Et encore une cotisation obligatoire pour pas grand chose, c'est quand la liberté de s'assurer ou on veut, au prix qu'on peut "assurer" sans compromettre nos revenus, on se croirait encore en Russie: laisser les autres décider pour nous.

Donnez votre avis

Pour répondre à ce salon sans Facebook, connectez-vous ou inscrivez-vous sur Wikiagri.

Rejoignez la communauté des agri-décideurs

  • Accéder aux articles bloqués
  • Recevez l'actualité agricole
  • Recevez des alertes météo
Créer Un Compte Gratuit