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Farmsight de John Deere, l'agriculture connectée au doigt et (presque) à l'oeil

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Le concept d’agriculture connectée vous passe légèrement au-dessus des oreilles, sans pour autant atteindre le niveau satellitaire qui s’apprête à régir l’exploitation de vos terres fermes ? Tentative de décodage et de connexion via la planète John Deere.

FarmSight, MyJohnDeere.com, Agricultural Management Solutions (AMS), JD Link Select, JD Link Ultimate,  Remote Display Access (RDA), Wireless Data Transfer (WDT), etc. : bienvenue dans l’agriculture connectée, ses sigles, ses composants, ses modules, en attendant d’en savoir un peu plus sur ses fonctionnalités et ses coûts. A ce stade, vous avez compris que l’action se passait chez John Deere. On vous avait téléguidé (sans GPS).

Pourquoi John Deere ? Parce qu’il en fallait un, pour éviter la sortie d’orbite liée aux différentes terminologies en usage chez les différents constructeurs. Peut-être aussi parce que le constructeur n’est pas le dernier sur la rampe de lancement de l’agriculture connectée qui, chez John Deere, est désignée sous le vocable FarmSight (vue sur la ferme).

Tout sur MyJohnDeere.com

MyJohnDeere.com : c’est le site internet du constructeur dédié à l’agriculture connectée. Il centralise les données relatives à vos matériels et à vos parcelles et que vous aurez bien voulu renseigner préalablement. C’est donc « VotreJohnDeere.com » accessible par vous seul, via votre nom d’utilisateur et votre mot de passe. A ce stade, une connexion  internet depuis votre bureau, votre mobile ou votre tablette suffit. La création d’un compte MyJohnDeere.com est gratuite et ouverte à tous les utilisateurs sans restriction, clients ou pas de la marque, agriculteurs ou pas. Mais le fait de disposer d’un automoteur John Deere et, au hasard, de sa console dernier cri GreenStar 3 2630, va vous permettre de valoriser les fonctionnalités offertes par MyJohnDeere.com. Et pour capitaliser encore davantage les atouts de l’agriculture connectée, vous pouvez autoriser l’accès à vos données à des personnes choisies telles que salarié, conseiller agricole ou encore votre concessionnaire qui pourra par exemple réaliser du diagnostic et de la maintenance prédictive à distance.

A ce jour, le constructeur revendique moins de 100 000 comptes MyJohnDeere.com ouverts à travers le monde, un pourcentage infime de ses clients. Vous n’êtes pas connecté ? Vous n’êtes pas totalement déconnecté du commun des agriculteurs. Mais le constructeur inaugure cet été en Allemagne un data center dédié au stockage des données Farmsight pour l’Europe. Votre 7R ou votre T670 pourraient bientôt y laisser des traces.

Connectivité sans fil

Quelle est la spécificité de la dernière console en date du constructeur, la GreenStar 3 2630 ? Couplée au boîtier de communication JD Link, elle  a la capacité de recevoir et de transmettre des données en provenance et à destination du site MyJohnDeere.com. Et cela change pas mal de choses. Vos ordres de travaux et cartes de préconisation peuvent être automatiquement, sinon à la demande, transférés du site vers la console de votre automoteur. En retour, celle-ci transfère automatiquement (ou à la demande) les enregistrements des travaux effectués tout au long du cycle cultural sur l’ensemble du parcellaire.

Finis les transferts sur clés Usb du bureau vers les machines et réciproquement, les pertes de temps, les pertes tout court et les problèmes de compatibilité. Place à la dématérialisation et aux abonnements dédiés (voir plus loin). C’est ce que John Deere dénomme le Wireless Data Transfer (WDT), le transfert de données sans fil bi-directionnel de l’exploitation vers les machines et inversement. Et pour les équipements John Deere plus anciens ou encore ceux d’autres marques ne disposant pas de la fonctionnalité de collecte des données sur le Bus  Can avec le système télémétrique JD Link, le constructeur a développé une clé de transfert spécifique, la John Deere Mobile Data Transfer, qui sera présentée à Agritechnica 2015. Branchée à une console Trimble par exemple, la clé offre la possibilité de transférer les informations vers le centre d’opération MyJohnDeere.com via son smartphone.

Le boîtier JD Link est le cœur névralgique de la connectivité des machines. Il est désormais intégré dans les tracteurs des séries 7R et 8R et sur les nouveaux 6R, les moissonneuses-batteuses séries T et S, les ensileuses 8000, l’automoteur de pulvérisation R4040i. La télémétrie, c’est à dire le suivi à distance des machines mobiles, est un des volets de l’agriculture connectée. Elle est centrée sur l’analyse des performances des machines.

Dans sa version JD Link Select, la télémétrie made in John Deere émet un signal de positionnement et renseigne de la position et de l’état de marche (ou pas) de l’automoteur. Compatible toutes marques, JD Link Select analyse les temps de marche et déjoue les déplacements inopportuns des matériels en termes d’horaires (couvre-feu) et de secteur géographique (geofencing).

Dans sa version JD Link Ultimate, la télémétrie permet d’accéder aux données circulant dans le Bus Can de l’automoteur, démultipliant l’accès aux données (codes et alertes de diagnostic, réglages, indices de performances, mises à jours, reprogrammation à distance etc.). Une sorte de « valise » de diagnostics à distance, répondant au nom de Service Advisor Remote, pensé pour les distributeurs de la marque.

C’est là où le partage du compte MyJohnDeere.com avec le concessionnaire prend tout son sens. Le boîtier JD Link collecte les données Isobus de l’outil attelé, ouvrant la voie à la supervision à distance des différents paramètres d’exécution des chantiers. Inauguré avec les pulvérisateurs traînés de la marque, le système permet de visualiser à distance et en temps réel le surface traitée, la surface restant à traiter, le volume en cuve, la pression de pulvérisation, etc. Objectif : s’assurer de la bonne exécution des chantiers selon les bonnes pratiques agricoles.

En présence d’une tonne à lisier équipée du John Deere Manure Sensor, il sera ainsi possible de connaître en temps réel et à distance la dose d’éléments N, P et K appliquée en tel et tel point de telle et telle parcelle. Traçabilité et transparence des pratiques garanties comme jamais, notamment grâce à la carte numérique des parcelles s’affichant sur MyJohnDeere.com et capable de mémoriser jusqu’à 60 jours de tâches, avec force infographie. C’est le pendant du dispositif HarvestLab à technologie proche infrarouge déterminant en temps réel et en continu la matière sèche et les constituants du fourrage en sortie de la goulotte des ensileuses série 8000.

Les Eta et leurs chauffeurs sont chéris

Primé au Sima 2013, le Remote Display Access (RDA) est une autre déclinaison de la télémétrie. Il permet de visualiser la console d’un automoteur au travail dans une parcelle depuis son smartphone, sa tablette ou son ordinateur, le tout en temps réel. Objectif : aider le chauffeur à optimiser l’usage de sa machine automotrice ou de son ensemble tracteur-outil (mais sans en prendre les commandes à distance pour autant). Farmsight est du reste plutôt du genre à chérir les chauffeurs. Avec « MyJobs » l’appli dédiée déclinée de MyJohnDeere.com, les chauffeurs bénéficient d’une feuille de route personnalisée spécifiant pour la journée, les références des clients et des parcelles, les tâches à réaliser, les types de produits et doses d’intrants à positionner etc. John Deere est par ailleurs en train de mettre au point un « GPS agricole » qui guidera  les chauffeurs d’une parcelle à l’autre, bien évidemment dans le but d’optimiser les temps de trajet tout en prenant en compte les restrictions de circulation routière (passages étroits, tonnages maxi etc…).

Avec leur appli dédiée, les chauffeurs ont également la possibilité de visualiser la position de leurs collègues, ce qui doit contribuer à renforcer la coordination  des machines et des chantiers. Un système intégré de radar pluviométrique permet également de prioriser et de réorganiser le planning des travaux le cas échéant. Bref, tout pour forcer maximiser l’usage des machines et réduire les temps improductifs, sur les routes ou dans les ateliers. Si les exploitants individuels trouveront de quoi exploiter le big data à la sauce John Deere, les entrepreneurs et leur cohortes de chauffeurs, de machines, de clients et de parcelles encore bien davantage. La facturation y gagnera en célérité et le retour sur investissement avec, grâce à l’exportation des données au format SSV en usage sur les logiciels de facturation.

Même souci d’intégration avec les solutions bureautiques de gestion des exploitations. Avec la carte numérique des parcelles, les entrepreneurs (comme les agriculteurs) pourront, accessoirement et le cas échéant, justifier leurs interventions face à un client ou une administration retors.

Un système ouvert et fermé à la fois

Plusieurs idées maîtresses ont prévalu à la mise au point de Farmsight, dont les prémices remontent à 2003 avec le lancement de l’autoguidage Autotrac et l’adoption de l’Isobus à partir de 2005 puis les bribes de connectivité à partir de 2012. « Easy for everyone from everywhere », autrement dit facile pour tout le monde et de partout, était l’une de ces idées. Il s’agit pour John Deere de connecter tous les agriculteurs, quel que soit leur niveau de sympathie ou d’aversion pour la technologie. Connecter toutes les machines, quelque que soit leur couleur, était un autre impératif. John Deere a identifié 400 marques de constructeurs de machines agricoles en Europe. L’américain affirme haut et fort qu’il souhaite communiquer avec tous, par machines interposées, pour peu que les dits constructeurs répondent aux mêmes normes et aux mêmes niveaux d’intégrité.

« Nous sommes extrêmement attachés au principe de système ouvert tant en ce qui concerne l’intégration des données collectées à partir des machines que la compatibilité avec les systèmes d’autres fabricants », a martelé Chris Wigger, vice-président ventes et marketing pour la Région 2 chez John Deere, à l’occasion de la présentation à la presse des solutions d’accompagnement des agriculteurs et entrepreneurs en juin dernier. « Si quelqu’un pense que John Deere n’est pas ouvert, qu’il nous cite un seul concurrent offrant une solution plus ouverte et une meilleure prise en charge des normes industrielles ».

Ouvert au vert, au rouge, au bleu, à l’orange donc. Mais fermé aussi en ce qui concerne les règle de sécurité et de confidentialité. John Deere met un point d’honneur à respecter la directive européenne et les réglementations locales sur la protection des données personnelles et à n’utiliser les informations relatives à ses clients qu’aux fins de l’exécution des prestations contractuelles pour leur compte. « Nous garantissons que la confidentialité et la sécurité des données ne seront en aucun cas compromises », affirme Chris Wigger.

Des abonnements compris entre 175 et 500 € par an

L’agriculture connectée suppose des liaisons GSM entre les automoteurs et le système central MyJohnDeere.com, sans compter l’ingénierie informatique que toute la gestion des données suppose. Tout cela a bien évidemment un coût pour ne pas dire des coûts. Les tarifs John Deere en matière d’agriculture connectée sont les suivants :

- télémétrie JD Link Select (suivi horaire et géographique des machines) : 175 € par an

- télémétrie JD Link Ultimate (JD Link Select + diagnostic + performances ) : 275 € par an

- visualisation de console à distance (RDA) : 125 € par an + abonnement JD Link (Select ou Ultimate)

-  transfert de données sans fil (WDT) : 450 € par an (incluant JD Link Select + RDA) ou 500 €/an (incluant JD Link Ultimate + RDA).

 

Les photos ci-dessous ont été fournies par John Deere.

Ci-dessous, dérivé du dispositif HarvestLab des ensileuses 8000, le John Deere Manure Sensor calcule à raison de 17 fois par seconde les teneurs en matière sèche, N, P et K des effluents.

Ci-dessous, Chris Wigger, vice-président ventes et marketing pour la Région 2 chez John Deere : « Si quelqu’un pense que John Deere n’est pas ouvert, qu’il nous cite un seul concurrent offrant une solution plus ouverte et une meilleure prise en charge des normes industrielles ».

Ci-dessous, MyJobs : l’appli dérivée du centre opérationnel MyJohnDeere.com et destinée à « driver » le chauffeur tout au long de sa journée de travail.

Ci-dessous, carte numérique d’un parcellaire tel qu’il apparaît sur « MyJohnDeere.com avec localisation des machines au travail, itinéraire empruntés, travaux réalisés, etc.

Ci-dessous, depuis un ordinateur, une tablette ou encore un smartphone, le Remote Display Access permet de  visualiser à distance la console de tout automoteur au travail.

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Auteur : Lecocq Raphael
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Journaliste agricole.

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