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Abeilles, et si agriculteurs et apiculteurs s'écoutaient ?

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20Mai2018

Ce 20 mai 2018, c’est la journée mondiale des abeilles. A cette occasion, WikiAgri donne la parole à Dominique Garnier, agriculteur qui vient d’installer des ruches et donc sensibilisé au problème de la disparition des abeilles. Voici sa contribution.

Je suis céréalier dans la plaine d’Aunis, à coté de La Rochelle en Charente-Maritime et je constate qu’il y a de moins en moins d’abeilles, notamment dans les parcelles de colza à l’époque de la floraison : c’est une triste réalité ! Si je voulais être comique, je dirais que ça me donne le bourdon.

Tous les jours, les médias enchainent des publications sur la mortalité des abeilles, et ce sont toujours les produits phytosanitaires qui sont mis en cause.

J’ai donc décidé de m’acheter quelques ruches et de devenir apiculteur ; il faut faire quelque chose pour sauver les abeilles ; je possède désormais deux ruches peuplées, afin de me familiariser à ma nouvelle passion. Le fait d’utiliser des produits phytos en tant qu’agriculteur, et d’être aussi apiculteur est un sacré challenge pour moi.

L’utilisation de nos produits phytosanitaires est probablement une des causes de mortalité des abeilles, mais il y a aussi beaucoup d’autres raisons, qu’elles soient sous formes de pollution, de maladies ou de parasitoses.

Dans mon métier d’agriculteur, j’utilise des produits phytosanitaires ; ce n’est pas pour mon plaisir, mais parce que c’est une nécessité. Ceux qui s’imaginent que l’on pourrait se passer de toute l’agriculture conventionnelle en France font fausse route : l’agriculture biologique, ça peut fonctionner, mais pas sur tout notre territoire ; premièrement, car cela entrainerait la chute des cours et deuxièmement, car notre production nationale ne permettrait pas de couvrir nos besoins, et notre pays serait dépendant d’autres nations ; ce serait un comble !

Certains traitements agricoles, notamment ceux réalisés au printemps, peuvent se réaliser aux heures où les abeilles sont rentrées à la ruche ; moi-même, il m’arrive de plus en plus de traiter de nuit, ou bien très tôt le matin.

Certains produits méritent peut-être encore d’être interdits, ou bien certaines applications s’il y a vraiment danger ; je n’en sais rien, pas mieux que ceux qui accusent sans preuves.

L’ambiance entre les agriculteurs et les apiculteurs, c’est devenu un peu n’importe quoi ; sur les réseaux sociaux, de part et d’autre, on peut lire des choses stupides, les uns accusant les autres de tueurs et les autres accusant les uns de bons à rien ; ce débat est inadmissible : stop !

Il est peut-être temps d’ouvrir un dialogue entre nos deux professions plutôt que de continuer à faire et dire n’importe quoi ! Céréalier depuis 40 ans, je n’ai jamais reçu la visite d’un apiculteur pour venir discuter avec moi ! Ce n’est pourtant pas bien compliqué d’aller voir le gars qui cultive une parcelle et de lui dire, par exemple, « j’ai vu que tu avais semé des colzas, tu feras gaffe, mes ruches ne sont pas loin. Préviens-moi quand tu réalises un traitement, je fermerai mes ruches quelques heures le matin, le temps que la rosée tombe. »    Je suis conscient que cela peut stresser un peu la colonie d’abeilles, mais ça pourrait éviter certains problèmes.

Certains ont compris ce genre de démarches, et cela se passe plutôt bien ! On ne résoudra certainement pas tous les problèmes des apiculteurs ainsi, mais on ira vers le bon sens, puis un dialogue sera ouvert pour une meilleure compréhension les uns des autres.

Pour résumer, je voudrais lancer un message aux apiculteurs en les incitant à aller voir les agriculteurs voisins de leur rucher et à parler de leurs craintes ; mes collègues et moi sommes  aussi des amoureux de la nature, comprendre les angoisses de chacun en dialoguant ne pourra qu’être bénéfique pour tout le monde !

Dominique Garnier
Agriculteur en Charente-Maritime

Ci-dessous, photo d'archives, ruches en bord de champ agricole.

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Garnier Dominique

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  • #1

    Donc si je comprend bien vu que tu traites la nuit les Abeille sont risquent rien? En plus sur des champs de céréales ç est connu ça risque rien, tout le monde sait que l Abeille mange du pollen se regale du nectar, ramasse la propolis et surtout boit de l eau et le comble elle boit sur une flaque , sur une plante (même le blé) et cette flotte elle ne se contente pas de se la garder si ton poison n est assez virulent pour la terrasser immédiatement il ira le donner au couvain et sa reine y aura droit aussi, les techniciens de ma chambre sont tombés sur le cul de réaliser ça. J’espère que tu comprendras pourquoi tes colonies tomberont cet hivers ou le suivant et que tu nous feras un bel article de ton experience.

  • #2

    merci pour ton commentaire , jean luc : je sais très bien que les abeilles consomment de l' eau , en visitant des ruchers , j' ai constaté que nombreux sont ceux qui ne possédent pas d' abreuvoir ! le fait d' en placer à proximité du rucher limite déjà le risque de pollution de l'eau , non ? sinon , il faut bien faire quelque chose; ma démarche va dans ce sens , je pense ! j' attends avec impatience ,tes propositions !

  • #3

    Merci Dominique de répondre, les abreuvoir arrête de raisoné humain, il n y a pas les oligoélément elles préfèrent les flaques, la rosée des plantes, l eau croupie, pour leur couvain, elles sont domestiquées mais pas à ce point. Ensuite quelques chose au final m’a profondément agacé en lisant l’article: je ne prétend pas céréalier car j’ai planté deux graines de tournesol dans mon potager donc apiculteur amateur convient mieux à ton statut. Tu m aurais dit je met un rucher d’une centaine de colonie et je fais une experience de voir ce qu il ressort dans les trois ans prochains avec tes traitements varoa AMM appliqué dans les règles de l’art et là, ton expérience sera plus sérieuse et tu pourras te rendre compte car ton portefeuille va prendre une claque. Ensuite enfermer mes ruches car mon collègue traite c est une idée déjà douteuse imagine les dégâts quand les temp montent, soit, quand on a 400 colonies dispersée sur une vingtaine de rucher au quatre coin d une région je peux avoir plus de 400 km entre mes emplacements, je vais passer mon temps pour enfermer mes ruches le soir et prenant le risque d être immobiliser dans un embouteillage (voit plus bas) et là c est sur à 10 heures du matin elles seront morte, soyons sérieux imagine les collègues qui ont 600 caisses voir plus, ce que tu demandes c’est applicable à un apiculteur amateur. Et je fais quoi du viticulteur qui traite en plein jour par vent force 7-8 ? Bloquant le chemin qui me permet d accéder au rucher me dit « t as qu à la déplacer » ( sa poubelle remplie de poison j’ai pris des photos) ce que j ai du faire il y a 15 jours, car monsieur ne voulait pas interrompre son boulot à balancer son systémique en plein vent du nord, alors discuter avec des gens qui ne respecte pas le code de la route, la météo pour passer leur produit à 100 m d un rucher, il faudra que tu m expliques comment je peux entamer » la discut ».

  • #4

    tu voudrais que je débute avec 100 ruches ? ce ne serait pas sérieux ! j' essaie de lancer un dialogue et toi , tu dis de suite que c' est impossible ! les abeilles préférent boire l' eau croupie , dis tu ? c' est prouvé , ça ou c' est juste pour avoir bonne conscience car tu n as pas installé d' abreuvoir ? le type qui a des ruches à 10 endroits différents , je ne vois pas le probléme …. toutes les parcelles ne se traitent pas la méme journée , et tous les ruchers ne sont pas forcément à proximité de parcelles de grandes cultures … à ce stade de discussion avec toi , si je n' étais pas sympa , je pourrais dire que tu es de mauvaise foie et que tu ne veux faire aucune concession ! tu voudrais quoi ? que tous les traitements phytosanitaires soient interdits , les anti moustiques et anti varroa aussi , alors ! tu voudrais que la terre ne comptent que des apiculteurs ? il faut étre sérieux , et je n ai jamais dit que j' avais la solution idéale …. il faut ouvrir un dialogue , ensuite , on verra ! déjà , si tu vas voir ton voisin et que tu lui dis de virer sa poubelle remplie de poison …… c' est mal barré ! non?

  • #5

    Bonjour, Les causes de la raréfaction des abeilles sont multifactorielles. Certes les insecticides y participent probablement, mais comment prétendre que la mortalité de ruches entières en fin d’hiver de soit imputable à des insecticides qui ont pour effet la destruction rapide des insectes ciblés après application ? D’aucuns prétendent que les néonicotinoïdes font perdre aux abeilles leur sens de l’orientation. Mais personne ne se penche sur la multiplication des ondes électromagnétiques (téléphones, etc..). Si cela est le cas, imaginons le dilemme : priver la population de ses smartphones pour préserver les abeilles !

  • #6

    Dominique, Je ne m exempte pas de mettre des abrevoir je n ai pas dit ça je t ai dit que ce n est pas possible de s imaginer que les butineuses vont boire dans l abreuvoir . Quand aux parcelles bordant les ruchers je n ai pas qu un voisin agri sur un rayon de 3 km ensuite ce n est pas 10 ruchers mais une trentaine d emplacement et le bal des traitements en ce moment dans mon environnement c est tous les jours comme de nuit que je vois ca en ce moment donc ce n est humainement possible et le soleil tape de plus en plus fort. Je ne fais que répondre à tes propositions . En effet 100 ruches ce n est pas sérieux de démarrer tout comme avec deux tu ne verras rien non plus. Le chiffre de 100 était aussi pour avoir une crédibilité sur ton statut de t’être auto proclamé « apiculteur ».

    Ne soyons pas dupe les poisons sont fait pour tuer, un jour ou l autre c est dans nos assiettes et de nos enfants dans notre vin et dans notre eau que l’on boit avec les cocktails de différentes molécules on se rend compte que c’est pire que tout, sans compter les doses accumulées dans nos organismes, mais pour une AMM d un produit phytosanitaire à ma connaissance les interactions avec les autres molécules ne sont pas étudiées et le produit passe comme une lettre à la poste. D’un côté le producteur de phyto te tue et d’un autre il te soigne le système est fantastique pour lui mais pas pour nous et vous. En effet, il serait peut-être tant de revoir le système comme l évoque l article récemment sur l’avenir de l agriculture avec le tout chimique de ce même site. Rassure toi je ne suis pas allé voir le Viti en lui gueulant dessus tu crois qu il m aurait laissé déplacer sa voiture si j’avais agit de la sorte? en plus j’ai pas du tout envie qu il s en prenne à mes colonies avec ses pratiques douteuses. Donc je fais comment pour aller discuter avec ce lascar et les autres dans le rayon des 3 km ? Et sur les trente emplacements tout en pensant que je pratique la transhumance. En effet Armand quid du tel portable et des ondes électromagnétiques mais quand même y a des pays insulaires où les pesticides n’existe pas faute de moyens et les abeilles se portent bien et ils ont des ondes électromagnétiques tout comme nous et puis un collègue qui est à la fédé m’a montré un rucher sous de magnifique ligne haute tension avec de bon gros pylônes erdf pour lui ce sont des balivernes cette histoire de haute tension.

  • #7

    Merci d entretenir le dialogue, Jean Luc. Autoproclamé API ? Il faut bien commencer, même si je ne pense pas avoir 100 ruches, j espère arriver à entretenir une trentaine de colonies d ici deux ans. Un petit rucher certes, mais cela devrait me permettre de connaître mieux le monde apicole. Pour que le débat soit plus correct, il faudrait aussi ne plus appeler un produit phytosanitaire, un poison . Aussi, je n arrive pas à comprendre une certaine logique des apiculteurs. Pourquoi un agriculteur ne devrait pas utiliser de produits pour protéger ses récoltes, alors qu un apiculteur pourrait utiliser de l amitraze ou autres matières actives pour sauver ses abeilles ? J insisterai beaucoup sur cette question, l amitraze et compagnie, ce sont bien des pesticides, comme vous les appelez,non ? Il faut donc être sérieux et logique...
    Pourquoi n irais tu pas voir ton voisin viticulteur donc ?

    Que risques tu ? En allant lui rendre visite ,déjà, il comprendra mieux que tu existes et probablement, il cherchera mieux à te respecter. C est ma vision de voir les choses, je me trompe peut-être, mais il faut bien faire quelque chose pour que le climat actuel change, non ? J'ai essayé de dialoguer avec des apiculteurs amateurs sur un forum, il faut vraiment que la mentalité de ces gens là change.. Aucun dialogue ne sera constructif si personne ne veut faire de concession. Pour ces gens là, l agriculture est responsable de tous les maux de la terre.. Ils se permettent d insulter notre profession .c est inadmissible . Mon but est au moins d arriver à rassembler quelques agriculteurs et apiculteurs puis d ouvrir un dialogue, voir comment on peut travailler parallèlement en toute intelligence et respect... À suivre...

  • #8

    Merci Dominique Garnier pour votre témoignage que je partage tout à fait! Vous devriez être intéressé par le label Bee Friendly dont l'objectif premier est de recréer un dialogue constructif entre l'apiculteur et l'agriculteur. Ce label a été crée par des apiculteurs et le but est la valorisation des bonnes pratiques agricoles en faveur de la biodiversité et tout particulièrement des pollinisateurs (domestiques et sauvages). Plus que la démarche de labellisation c'est la philosophie qui est intéressante : limiter les impacts des phyto (qui inclut notamment les ttt en dehors des heures de butinage dont vous parliez), réintégrer de la nourriture pour les pollinisateurs sous forme de biodiversité et surtout provoquer la rencontre entre l'apiculture et l'agriculture qui sont deux professions qui ont le même outil de travail, et qui ont surtout des choses passionnantes à s'apprendre, et c'est encore plus intéressant quand ça permet d'améliorer ses rendements ou tout simplement d'être rassuré sur l'impact de ses pratiques agricoles.

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