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    Les droits pour les uns, les devoirs pour les autres

    Ce sujet a été créé il y a 26 jours par Paquereau Armand

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    Dans une démocratie saine et dynamique, les devoirs des uns garantissent les droits des autres, et réciproquement.
    Il semble qu’en France, cette notion ait sérieusement dévoyé, à tel point que certains sont accablés de devoirs et que d’autres en arrivent à considérer qu’ils n’ont que des droits.
    Pour accomplir leur métier, les actifs (salariés, agriculteurs, commerçants, artisans, professions libérales, etc..) ont obligation de mentionner chaque geste, chaque action, de manière déclarative directe ou par précaution anticipative afin de pouvoir apporter la preuve qu’ils ont bien respecté la loi.
    La moindre erreur est immédiatement sanctionnée financièrement, pénalement ou les deux à la fois.
    Les agriculteurs n’échappent pas à la règle, mais ont un traitement particulier. La PAC de 1992 leur a imposé des prix de vente au niveau mondial, bien en dessous de leurs prix de revient. Pour éviter l’effondrement brutal de l’agriculture européenne, il leur a été consenti des « primes compensatoires » qui, au fil du temps sont assorties de contraintes à visée agro-environnementale. Pour percevoir les primes qui leur sont dues, il leur faut investir dans des installations souvent injustifiées (agrandissement des installations de stockage des effluents, etc..) qui mettent en danger l’équilibre économique de leurs exploitations.
    En un mot, pour percevoir leur droit, il leur est imposé des contraintes supplémentaires.
    La manifestation de la Confédération Paysanne du 29 08 2017, trois mois après la Coordination Rurale à l’Agence des Services de Paiement de Limoges est instructive de la manière dont sont traités les citoyens. Alors que certaines des primes dues agriculteurs devant être versées par cette ASP accusent des retards de 2 ans, les membres de la Confédération Paysanne, qui, pour appuyer leur demande d’apurement des retards retenaient le directeur, ont été délogés par la police au bout de quelques heures seulement. Les sommes en question ont été versées par Bruxelles, les salaires des agents de l’administration ont été versés en temps et en heures, mais les agriculteurs n’ont rien reçu et n’ont pas le droit de revendiquer leur dû, sans violence ni dégât.
    Il existe de nombreuses autres catégories de citoyens qui perçoivent des aides afin d’améliorer la précarité de leur situation. Ces aides sont attribuées selon des critères dont la vérification par les organismes concernés est de loin moins contraignante et efficace que les contrôles PAC. Ces aides, contrairement aux aides agricoles, sont accordées sans vérifier si leur utilisation (achats d’alcool, tabac, drogue, etc..) est affectée à la destination pour laquelle elles ont été attribuées. Il existe de façon notoire parmi ces populations des individus bénéficiaires qui, dans une quasi impunité, dégradent le bien public et privé, brûlent des voitures et ont créé des zones « sensibles » où les services de secours ne peuvent intervenir sans la protection de la police, au risque de déclencher des émeutes.
    On constate que des citoyens, qui travaillent et produisent les biens les plus indispensables à la collectivité ne peuvent faire valoir leurs droits sans être traités comme des délinquants, quand d’autres perçoivent leurs allocations malgré des incivilités notoires.
    Une société, qui impose des devoirs mais qui ne garantit pas les droits est une société en décadence. Une société qui protège les plus faibles sans récompenser l’effort des actifs productifs décourage l’acte de création et génère un appauvrissement général.
    Pendant que les agriculteurs, gérés par une dictature administrative intransigeante et omniprésente travaillent quasiment le double du temps de travail réglementaire pour ne gagner que le quart du SMIC, d’autres citoyens sont aidés sans contrepartie, et peuvent bafouer la loi et l’ordre public sans être sanctionnés car l’Etat n’ose plus appliquer à leur encontre les moyens de coercition légaux.
    Il serait urgent de remplacer, et de mettre en application, le mot égalité de notre devise nationale par le mot équité.

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