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Récoltes 2017, volumes et qualités au rendez-vous

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10Aou2017

Après une année 2016 hors normes, la production française de céréales à pailles retrouve en 2017 un niveau plus habituel, proche, voire supérieur à la moyenne quinquennale (2012‐2016) : 36,8 millions de tonnes (Mt) de blé tendre, 2,1 Mt de blé dur et 12,3 Mt d’orges. Sur le plan qualitatif, cette récolte permettra de répondre à tous les besoins des utilisateurs sur les différents segments de marché.

Les teneurs en protéines des céréales à paille sont élevées, généralement supérieures à 12 % en blé tendre et 14 % en blé dur et les autres critères qualitatifs apparaissent satisfaisants. Grâce à un climat sec et ensoleillé au moment de la période de remplissage des grains, les poids spécifiques sont très élevés pour l’essentiel et supérieurs dans tous les cas aux minima requis.

La récolte de colza et de pois protéagineux s’annonce également très satisfaisante en volume grâce à des rendements record en colza et à un état sanitaire favorable en pois qui a contrebalancé l’impact négatif de la chaleur printanière.

De bonnes récoltes en dépit des caprices de la météo

Sur le plan climatique, la campagne culturale 2016‐2017 a été confrontée à un déficit hydrique généralisé et persistant sur l’ensemble du cycle des cultures, du gel printanier tardif plus ou moins prononcé, des excès thermiques durables autour de la floraison des cultures et des épisodes pluvieux autour de la moisson. Si ces éléments ont suscité des inquiétudes et freiné les potentiels de rendement de l’ensemble des cultures, ils ont également permis de limiter la pression parasitaire. Au final, la production des principales cultures d’hiver et de printemps retrouve donc un bon niveau.

Blé tendre : près de 37 millions de tonnes et des taux de protéines élevés

Malgré des conditions climatiques difficiles au printemps, la production de blé tendre est estimée, à ce stade, à 36,8 Mt (+ 33 % par rapport à 2016 ; + 3 % par rapport à la moyenne quinquennale) avec des surfaces évaluées à 5,1 millions d’hectares et un rendement moyen national de l’ordre de 71,5 q/ha, selon les dernières estimations du service statistique du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Les rendements sont cependant très hétérogènes, les sols superficiels ayant été pénalisés par le manque de pluie. En Ile‐de‐France et au nord de la Seine, les rendements sont bons, avec des moyennes régionales dépassant les 80 q/ha. Dans la région Grand Est, les rendements s’inscrivent dans la moyenne en Champagne‐Ardenne et sont très élevés en Alsace, mais ils ont été pénalisés par la sécheresse en Lorraine. Sur l’axe courant de la Bretagne à la Franche‐Comté, ils se situent entre 65 et 75 q/ha. Ils sont corrects dans le sud‐ouest et sont très bons en Rhône‐Alpes.

Sur le plan qualitatif, la teneur en protéines des blés tendres est très satisfaisante, même pour les parcelles affichant de hauts niveaux de rendements. Elle dépasserait régulièrement les 12 %. La variabilité dans l’intensité et la fréquence des pluies survenues en fin de cycle a généré de l’hétérogénéité sur les poids spécifiques. Néanmoins la récolte 2017 permettra de répondre aux besoins des marchés, avec des poids spécifiques très élevés dans certains bassins. Les temps de chute de Hagberg des blés de la récolte 2017 devraient également répondre aux cahiers des charges des utilisateurs, malgré des pluies de fin de cycle localisées.

Blé dur : plus de 2 millions de tonnes et de la protéine

La moisson est terminée pour le blé dur. En dépit d’une légère baisse des surfaces cultivées par rapport à l’an dernier, la production est estimée à plus de 2 Mt (+ 12 % par rapport à la moyenne 2012‐2016) avec un rendement moyen national évalué à 54,1 q/ha.

Les rendements enregistrés dans le sud‐ouest de la France et dans la région PACA sont satisfaisants (40 à 60 q/ha). Ils sont exceptionnels en région Rhône‐Alpes, à plus de 60 q/ha. Dans les bassins Ouest‐Océan et Centre, les rendements sont corrects à bons (55 à 65 q/ha).

Concernant la qualité technologique, les teneurs en protéines sont élevées à très élevées, souvent supérieures à 14 %. Les poids spécifiques, corrects à très bons, permettront de répondre aux cahiers des charges des utilisateurs. Le taux de moucheture devrait être particulièrement satisfaisant cette année à l’échelle nationale. On constate peu de mitadinage dans le sud de la France compte‐tenu de l’absence de pluie en fin de cycle et des bonnes teneurs en protéines. Dans le bassin Ouest‐Océan et le Centre, du mitadinage pourra être observé sur les blés durs récoltés après les pluies de début juillet mais s’avère négligeable pour les blés coupés précocement. Pour les mêmes raisons, de faibles temps de chute de Hagberg sont observés dans les bassins Ouest‐Océan et Centre pour les blés durs moissonnés après les pluies.

Orges d’hiver : près de 65 q/ha et des qualités satisfaisantes

Le gel de la fin avril est intervenu alors que les orges d’hiver atteignaient le stade montaison voire épiaison. Selon les régions, son impact sur le rendement est donc variable mais aura dans tous les cas diminué le potentiel de production. La récolte 2017, estimée à 9,6 Mt est toutefois supérieure la moyenne quinquennale (8,1 Mt), avec un rendement national de 64,9 q/ha. La région Auvergne‐Rhône Alpes fait exception avec des rendements très élevés. Les paramètres qualitatifs sont bons, le calibrage et les poids spécifiques devraient répondre aux spécifications des utilisateurs. La teneur en protéines est également conforme aux attentes dans la majorité des bassins de production, elle dépasse parfois 11,5% ce qui pourra dans ce cas limiter l’usage brassicole.

Orges de printemps : beaucoup de protéines

La production d’orges de printemps est plus hétérogène en raison des excès de température et du déficit hydrique du printemps. Elle est estimée à 2,6 Mt, en retrait par rapport à la moyenne 2012‐2016 (3,2 Mt) avec un rendement moyen de 60,2 q/ha. Les calibrages sont conformes aux attentes des utilisateurs mais les teneurs en protéines sont souvent trop élevées pour le débouché brassicole, particulièrement dans l’Est.

Colza : une année record à près de 38 q/ha

Dans tous les secteurs où les récoltes sont achevées, les rendements moyens estimés se situent entre 34 et 40 q/ha avec des perspectives supérieures à 40 q/ha pour les régions les plus septentrionales. Les parcelles bien implantées sont souvent bien au‐delà de 40 q/ha. Seules les parcelles avec les levées les plus tardives, affichent des rendements compris entre 15 et 20 q/ha. Malgré des surfaces en baisse, la production 2017 devrait dépasser 5,2 millions de tonnes, avec des teneurs en huile très correctes. Ces très bons résultats s’expliquent au regard de conditions culturales très favorables en 2017.

Protéagineux : le pois devrait approcher les 40 q/ha

La récolte du pois d’hiver est pratiquement achevée, avec des rendements qui dépassent souvent 40 q/ha. Seules les parcelles impactées par le gel du printemps obtiennent des rendements inférieurs à 30, voire 25 q/ha. En pois de printemps, les récoltes sont en cours. Suite aux épisodes de fortes chaleurs au cours de la floraison, les rendements ont été affectés pour les parcelles les plus séchantes, mais restent corrects ‐ de 35 à 40 q/ha, voire plus ‐ pour les parcelles bien alimentées en eau. Ces niveaux de rendements souvent satisfaisants malgré le contexte climatique peu favorable, résultent de conditions sanitaires très saines. La féverole plus affectée par les conditions très chaudes et sèches en floraison que le pois serait en retrait selon les premières récoltes effectuées. À ce stade, le MAA estime la récolte globale de protéagineux à plus de 1 Mt cette année contre 0,8 Mt en 2016.
 

Arvalis - Institut du végétal , FranceAgriMer , Terres Inovia

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