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Les réponses de François Fillon aux agriculteurs

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05Oct2016

Depuis 3 ans je parcours la France à la rencontre des Français. Pour expliquer ce que j’ai fait, et ce que je n’ai pas fait. Pour les écouter. Pour bâtir avec eux et pour eux un projet présidentiel pour redresser la France. Parmi mes nombreuses rencontres j’ai rencontré de nombreux agriculteurs et agricultrices. Voilà les questions qu’ils m’ont posées le plus souvent. Voilà les réponses que je souhaite leur apporter avec mon projet présidentiel.

Par François Fillon

« L'agriculture, c'est d’abord une activité économique.
C’est aussi notre identité,
une identité culturelle à laquelle
je suis particulièrement attaché. 
»


« La situation de beaucoup d’agriculteurs est catastrophique. Que proposez-vous pour qu’ils arrivent à vivre correctement de leur travail ? »

La situation de détresse de l’agriculture française est pour moi un crève-cœur. A la fin d’une année difficile, non seulement certains agriculteurs ne gagnent même pas un 1 euro mais ils perdent de l’argent et s’endettent pour garder leur exploitation en vie. Sans parler du drame de ceux qui mettent fin à leurs jours pour échapper à un système qui les broie. Je prendrai des mesures immédiates pour que nos agriculteurs, pêcheurs, forestiers puissent vivre de leur travail ! A commencer par la fin des sanctions contre la Russie qui tuent un marché important sans aucun gain diplomatique. Pour renflouer les trésoreries et les revenus des agriculteurs, les entreprises agricoles bénéficieront de la baisse généralisée des charges sur les entreprises et les ménages de 50 milliards d’euros.

Cette baisse des charges sera financée par une augmentation de 2 % de la TVA. Ainsi les produits d’importation participeront au financement de la protection sociale alors qu’aujourd’hui elle pèse uniquement sur les entreprises nationales. Les agriculteurs français gagneront en compétitivité en France et à l’export.

« Au-delà de ces mesures immédiates, que ferez-vous sur le long terme ? »

Je reconnaîtrai, d’abord, les agriculteurs comme des entrepreneurs à part entière. Rien ne justifie que les règles soient plus complexes pour l’agriculture que pour les autres domaines d’activité ! Le droit des entreprises agricoles sera simplifié pour laisser les agriculteurs choisir librement la forme juridique de leur entreprise.

Autre sujet : face à la multiplication des risques climatiques et économiques, la protection des agriculteurs n’a jamais été aussi faible ! Pour y remédier, je propose la création d’un « compte épargne aléas climatiques et économiques » alimenté librement pendant les bonnes années, utilisable en cas de pertes d’exploitation, et très simple d’emploi. Lorsque l’agriculteur l’alimentera, le versement passera en charge d’exploitation. Lorsqu’il l’utilisera, le montant passera en produit d’exploitation.

De manière plus générale, nous devrons oser l’innovation. La France ne retrouvera son rang de première puissance agricole européenne  que si elle investit dans la recherche et le développement. Osons relancer les recherches qui ont été interrompues au nom du principe de précaution, notamment en génétique et rendons éligibles au crédit impôt recherche les exploitations agricoles pour des projets de recherche ou d’expérimentations labellisés. Je souhaite aussi que la France devienne leader en Agriculture 3.0 . Les recherches sur la fertilité des sols est un sujet important : cela permet d’augmenter à la fois la fertilité des sols et le stockage du carbone émis par les activités humaines.

« Ne faut-il pas aussi en finir avec les normes qui étouffent l’agriculture »

Un rapport sénatorial présenté à la presse il y a quelques jours explique que l’agriculture est au bord de « l’overdose normative ». Cela fait 3 ans que j’entends la colère des agriculteurs. On tue notre agriculture à petit feu, avec un excès de charges, de normes, de contrôles. Depuis plusieurs années, la France s’est voulue le bon élève de l’Union européenne (UE), en allant au-delà des exigences de Bruxelles. Je proposerai d’abroger par ordonnances toutes les normes ajoutées aux textes européens.

Et je le dis : nous ne ferons pas l’économie d’une remise à plat de la politique agricole commune ! La PAC est en panne et il nous faudra refonder une politique réactive face aux aléas des marchés.

La France doit inspirer et concevoir la prochaine réforme de la PAC pour ne pas avoir à la subir ensuite : maintien du soutien au secteur agricole parce qu’il en va de la souveraineté alimentaire de l’Europe, exercice d’une préférence communautaire, gestion des risques liés à la mondialisation d’une part et aux aléas climatiques d’autre part, et réforme d’envergure du doit de la concurrence !

« La grande distribution n’est-elle pas également responsable de cette situation ? »

Les agriculteurs ne peuvent pas être la variable d’ajustement d’un système qui permet à la grande distribution de casser les prix sans toucher à ses marges ! On ne pourra pas maintenir et développer la filière agricole dans son ensemble, sans une juste répartition des marges entre ses acteurs : producteurs, industriels et réseaux de distribution. C’est pour cela que j’ai récemment soutenu le combat des éleveurs français pour obtenir un juste prix du lait. 

Depuis 40 ans, le prix des produits agroalimentaires a stagné et le prix versé aux producteurs a été divisé par deux ! On ne peut pas construire une politique de filière dans de telles conditions. Je m’y engage : dès le lendemain de l’élection présidentielle, mon gouvernement réunira tous les acteurs de cette filière d’excellence française, et mettra en place les conditions nécessaires pour lui permettre de vivre de  son travail. 

Pour que les agriculteurs puissent conquérir un vrai pouvoir de marché, je donnerai toute liberté aux agriculteurs de se regrouper en organisations de producteurs de taille significative, avec des démarches simples. J’encouragerai aussi les circuits de vente directs du producteur au consommateur et les produits vendus en circuit direct deviendront ainsi éligibles aux « chèques déjeuners ».

Il nous faudra aussi développer une agriculture raisonnée, utilisant moins de produits chimiques, plus respectueuse de la nature, et qui permettra aux agriculteurs de diminuer leurs coûts de production. Dans ce développement là je crois à la recherche et au progrès !

Enfin, je veux le commerce équitable, pas seulement pour les produits achetés à l’autre bout du monde mais aussi pour les agriculteurs français. Je veux de l’éthique sur l’étiquette ! Je propose ainsi d’apposer sur l’emballage de tous les produits alimentaires la mention claire de leur provenance et de leur lieu de transformation. Je souhaite aussi que soient affichés sur l’étiquette des produits frais vendus en grande distribution le prix d’achat au producteur agricole, et pour les produits transformés, le prix du principal composant.

Mes ambitions pour chaque filière agricole

. Renforcer le pouvoir économique des élevages qui n'obtiennent pas les marges qu'ils méritent malgré la qualité de leurs produits et un marché mondial prometteur. Aider la filière à structurer son marché et à moderniser les outils de d'abattage et de transformation de l'élevage bovin.

. Aider l'élevage avicole et l'élevage porcin à gagner en compétitivité et à mieux gérer la volatilité des prix de l'alimentation animale qui pèse sur leurs coûts de production, en réorganisant leurs filières.

. Favoriser les investissements industriels et logistiques de la filière des oléo protéagineux, soutenir la production d'énergie en valorisant la biomasse et développer l'oléo-chimie qui produira un jour le biocarburant français.

. Soutenir la conquête des marchés viticoles en Chine, aux Etats-Unis et défendre les indications géographiques dans les accords internationaux.

. Alléger les charges des secteurs des fruits et légumes, très dépendants des coûts de main d'oeuvre et faciliter leur regroupement en organisations de producteurs.

. Soutenir l'investissement forestier, faciliter l'utilisation du bois dans la construction et reconnaitre le rôle environnemental de la foret en lui allouant une partie des ressources issues de la taxe carbone

. Placer la chasse et les chasseurs sous la responsabilité du ministre de l’Agriculture !

. Aider à la modernisation de la flotte de pêche, et assouplir le rythme de négociation des quotas de pêche.

Mon objectif

Faire en sorte que l’agriculture française redevienne la première en Europe.

Parmi mes mesures

Baisser les charges et impôts pesant sur les ménages et les entreprises (y compris agricoles) de 50 milliards d’euros, mettre fin aux sanctions contre la Russie, suspendre les normes françaises non exigées dans les autres pays européens, créer un « compte épargne aléas climatiques et économiques » et simplifier le droit des entreprises agricoles.

Retrouvez l’ensemble de mon programme sur www.fillon2017.fr

François Fillon
ancien Premier ministre
candidat à la primaire de la droite et du centre

Ci-dessous, photo prise au Space 2016, lorsque François Fillon a présenté son programme pour l'agriculture. Il se rend au Sommet de l'élevage à Cournon ce mercredi 5 octobre.

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Fillon François

Autre

Ancien Premier ministre. Candidat à la primaire de la droite et du centre.

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  • 1Commentaire
  • #1

    Il faudrait peut été identifier et trouver des solutions aux Root Causes, réfléchissons et comparons nous aux pays qui réussissent

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