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Lait, parité du prix en France et en Nouvelle-Zélande depuis 6 mois

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13Avr2017

La meilleure adéquation de la production et de la demande mondiales de produits laitiers, accentuée, sur le marché européen, par la dépréciation de l’euro par rapport au dollar néo-zélandais, explique cette tendance haussière.

La nouvelle campagne laitière commence sous de bons offices. Fin février, l’observatoire du marché du lait tenu par la Commission européenne affichait les 1 000 kg de lait payés en France à 351,5 € contre 301 € un an auparavant. Aux Pays-Bas, la tonne de lait avait même atteint 375 € quelques semaines plus tôt. Depuis, les prix sont un peu rééquilibrés mais la tendance reste à la hausse. 

Le redressement de la conjoncture laitière a été observé en mai 2016 en Nouvelle Zélande. Le kilogramme de poudre de lait produit a atteint 6,55 dollars néozélandais en mars contre 4,75 dollars en mai 2016. Converti en €/1000 kg, il est passé en dix mois de 200 € à 287 €. En juillet 2016, il est même devenu supérieur à la moyenne européenne et suit, depuis, la même trajectoire que le prix moyen français.

Sur le marché intérieur, ces niveaux de prix sont quelque peu artificiels. Le taux de change actuel du dollar néo-zélandais renchérit en euros le prix payé du lait aux éleveurs néo-zélandais sans augmenter pour autant leur pouvoir d'achat. Mais à l'export, leur monnaie accentue la perte de compétitivité de la filière laitière observée depuis dix ans.

Fin février 2017, John Wilson, le président de la coopérative Fonterra écrivait dans son dernier bulletin de situation que « les perspectives mondiales restent positives. Depuis novembre, le marché mondial des produits laitiers de base est resté relativement équilibré et nous nous attendons à ce que les prix mondiaux continuent de croître ou augmentent progressivement au cours de la deuxième moitié de la saison - une vue partagée par la plupart des analystes mondiaux ».

La meilleure adéquation de la production et de la demande mondiales de produits laitiers explique ces tendances haussières observées dans les deux hémisphères. Mais elle est accentuée sur le marché européen, par la dépréciation de l’euro par rapport au dollar néozélandais. 

L'intensification de l'élevage (jusqu'à 3 vaches par hectare produisant jusqu'à 13 500 kg/ha) conduit les vaches à être davantage nourries avec des aliments achetés onéreux.

La seconde partie de la campagne de collecte néozélandaise de lait est moins dynamique que celle des deux années précédentes. « La production de février 2017 est inférieure de 2,9% par rapport à 2016 soit 57 000 tonnes », rapporte FranceAgriMer.

Après avoir quasiment retrouvé son niveau de 2014/2015, la collecte européenne de lait se redresse depuis novembre dernier sans retrouver son niveau de la campagne précédente (- 1,6 % selon FranceAgrimer en janvier 2017 – dernier chiffres connus). En fait, ce recul masque un redressement de la production aux Pays-Bas et en Pologne tandis que le recul est important en France, en Allemagne et au Royaume Uni (jusqu’à - 5,8 % en France).

Les éleveurs néerlandais restent sur leur dynamique engagée depuis la fin des quotas pour se voir allouer des droits « phosphore » élevés pour leur exploitation. Les Pays-Bas pensaient en effet s’engager dans un plan de réduction de la production de phosphore par les élevages laitiers en se basant sur des références individuelles. Mais la Commission européenne a refusé ce programme. Depuis la fin de l’année passée, un autre plan est à l’étude (baisse de 160 mille vaches et diminution de la collecte de 1,3 million de tonnes) mais les éleveurs n’ont pas pu faire volte-face.  

Le redressement des prix du lait dans l’Union européenne s’inscrit dans un reflux de la production dans les grands pays acteurs du marché mondial des produits laitiers à l’export. FranceAgriMer rapporte qu’en Australie, « la production cumulée de la campagne 2016/2017 est inférieure à celle de la campagne précédente soit : - 8,4% ». Aux Etats-Unis, la production de février 2017 est de - 1,2% par rapport à 2016 soit - 95 000 tonnes. Le niveau de la collecte retrouve celui de 2015.
 

L'illustration ci-dessous est issue du site Fotolia, lien direct : https://fr.fotolia.com/id/112264663.
 

Ci-dessous, évolution du prix du lait payé aux producteurs européens.

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Hénin Frédéric

Journaliste

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