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La Pac et les Européens, une histoire d'amour qui dure

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25Jan2016

Selon le dernier sondage Eurobaromètre, les Européens estiment que la Politique agricole commune bénéficie à l’ensemble des citoyens des 28 pays membres et pas seulement à leurs agriculteurs. Et au cours des dix prochaines années, ils souhaitent que la Pac soit mieux soutenue. Toutefois, selon les pays, les opinions divergent.

Plus de Pac avec plus de crédits, pour mieux remplir ses missions dans les dix prochaines années. C’est le souhait de la majorité des Européens, selon le dernier sondage Eurobaromètre de la Commission européenne, réalisé auprès de 28 000 citoyens des 28 pays membres, et dont les résultats ont été publiés tout récemment. Les agriculteurs ne sont donc pas seuls pour défendre le budget européen de l’agriculture, régulièrement remis en question par les gouvernements. Ils peuvent compter sur le soutien précieux de l’ensemble des citoyens de l’UE.

Près des trois quarts des Européens souhaitent en effet que les fonds européens accordés aux agriculteurs soient maintenus (29 %) ou augmentés (45 %) au cours des 10 prochaines années. Mais pour près de neuf citoyens de l’Union européenne sur dix, leur versement impose des pratiques agricoles et de techniques d’élevage vertueuses pour respecter les normes en matière d’environnement, de sécurité des aliments et de bien-être animal imposées par la Commission de Bruxelles et les gouvernements des Vingt-huit. Sinon, des sanctions s’imposent avec notamment une baisse des aides. Cedi dit, les Européens, en grande majorité citadins, ont-ils seulement conscience de la complexité des règles à respecter ?

Enfin, les soutiens publics agricoles de Bruxelles doivent aussi être employés pour la recherche, l’innovation, l’installation et accroître la compétitivité et la productivité de l’agriculture européenne.

Analyse par pays, méfiance en France...

Une analyse de l’eurobaromètre par pays révèle des différences d’appréciation de la Pac parfois surprenantes.

Vis-à-vis de la Pac, les Français sont plus exigeants que les Européens dans leur ensemble. Ils sont 42 % à penser que la part du budget européen consacré à l’agriculture est trop faible, soit 13 points de plus que la moyenne européenne. Mais ils ne sont que 40 % (contre 60 % pour l’ensemble des Européens) à estimer que la Politique agricole commune remplit suffisamment les missions allouées à savoir, assurer un niveau de vie correct aux agriculteurs, développer les zones rurales et s’assurer que les consommateurs aient des produits bon marché et de qualité.

Pour les Français, la Pac ne contribue pas non plus suffisamment au fonctionnement de l’économie (échanges commerciaux, investissement) et à la lutte contre le changement climatique (40 % contre 60 % environ au niveau européen).

Les Britanniques soutiennent la Pac !

Mais si il y a divorce entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne, la Pac n’en sera pas la cause ! L’opinion des Britanniques à l’égard de la Politique agricole commune est même surprenante ! Ainsi, leur adhésion à la Pac est sans faille. Ils sont 66 % à estimer que l’agriculture et les zones rurales sont importantes pour leur futur contre 62 % au niveau européen. Les Britanniques sont en fait tout à fait conscients des avantages que leur procure la politique européenne (produits alimentaires variés, bon marché et de qualité).

Et ils sont même plus nombreux que les Français et les Européens dans leur ensemble à souhaiter que l’aide financière de l’Union européenne versée aux agriculteurs augmente (48 % contre 45 %) dans les dix prochaines années.

Ingratitude en Pologne

La défection à l’égard de la Pac est polonaise, aussi surprenant que cela puisse paraître. Selon l’Eurobaromètre, les Polonais font même preuve d’une certaine ingratitude alors que leur pays a bénéficié d’importants crédits structurels lorsqu’il s’était porté candidat à l’entrée dans l'UE.

En fait, l’opinion des Polonais vis-à-vis de la Pac reflète leur sentiment à l’égard de l’agriculture, symbole du sous développement de leur pays et de ses zones rurales déshéritées, à la fin du régime communiste. L’agriculture ne porte pas le renouveau polonais et la modernisation engagée de leur pays depuis 25 ans. Aussi, le soutien de l’agriculture et des agriculteurs n’est pas une priorité.

C’est pourquoi les Polonais ne sont que 37 % à souhaiter que le budget européen pour l’agriculture soit plus important, qu’il ne l’est actuellement, dans les 10 prochaines années.

Dans les autres pays de l’Est, l’adhésion à la Pac est sans faille. Les Lettons et les Roumains savent qu’ils doivent beaucoup à la Pac et ils en sont très reconnaissants. L’agriculture est, selon eux, une valeur sûre pour construire leur avenir et celui de leur pays. Mais en la dotant, au cours des dix ans à venir, plus d’aides, défendent 84 % des Lettons, selon l’eurobaromètre.

Sortie de l'Europe, pas de plan B en cas de Brexit

Si les Britanniques optent pour le « Brit exit » ou Brexit (leur sortie de l'UE), il ne suffira pas de quitter l’Union européenne pour s’affranchir de la Pac et de ses contrôles. Le programme 20014/2020 restera opérationnel jusqu’à son échéance et la Commission européenne veillera au bon emploi des fonds versés.

Selon Phil Hogan, Commissaire européen, les Britanniques ne mesurent pas l’étendue des pertes que pourrait représenter la sortie de leur royaume de l’UE.

Tout d’abord parce la sortie de la Pac imposera une nouvelle politique agricole britannique assortie de fonds publics pour la financer. Or une augmentation du budget de l’agriculture (le Defra) n’est pas dans l’ère du temps. Depuis 2010, il a même été réduit d’un tiers.

Au niveau commercial, l’accès libre au marché européen des produits britanniques ne serait plus automatique si le Royaume-Uni n’est plus membre de l’UE. Des taxes pourraient même être imposées aux produits britanniques exportés vers le continent. Et à l’international, le Royaume-Uni devra renégocier, seul, tous les accords commerciaux dont il bénéficie actuellement en tant que membre de l’Union européenne. Or que pèse un pays de 60 millions d’habitants sur la scène internationale face à la Chine ou à l’Inde ?

En savoir plus : http://ec.europa.eu/agriculture/newsroom/247_fr.htm (lien pour retrouver l'Eurobaromètre) ; http://ec.europa.eu/agriculture/commissioner-speeches/pdf/hogan-oxford-farming-conference-07-01-2016_en.pdf (discours de Phil Hogan mettant en garde les Britanniques en cas de Brexit).

Notre illustration ci-dessous est issue du site Fotolia. Lien direct : https://fr.fotolia.com/id/49899443.

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Hénin Frédéric

Journaliste

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