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La filière méthanisation cherche son souffle

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17Fev2017

Loin des ambitions affichées pour les énergies vertes, la filière méthanisation peine à décoller. De nouveaux tarifs de rachat de l’électricité, le développement de l’injection de biogaz et la professionnalisation des porteurs de projets devraient l’y aider.

Fin 2016, il y avait 270 unités de méthanisation en France. Un chiffre bien loin des 7 000 installations allemandes. Pas de quoi, non plus, participer aux 10 % de notre consommation de gaz et 40 % de notre électricité qui doivent provenir d’énergies renouvelables à l’horizon 2030.

« La méthanisation démarre plus lentement que ce que l’on souhaitait », concède Gilles Petitjean, de l’Ademe Bretagne, lors du salon Biogaz. A cela, plusieurs raisons : la complexité des projets, le montant des investissements (de 8 à 11 000 € du kW pour des installations qui en compte souvent plus de 150), des tarifs de rachat de l’électricité trop bas. Ce dernier point a connu une amélioration en décembre avec la publication de nouveaux tarifs qui devraient donner un coup de boost à la filière. Déjà, ces tarifs ont été établis en intégrant les coûts de fonctionnement des premières unités. « Ils sont plus en phase avec les réalités économiques », apprécient les acteurs de la filière.

Pour les installations d’une puissance électrique maximale inférieure ou égale à 80 kW, le tarif est de 175 €/ MWh ; pour celles d’une puissance électrique entre 80 kW et 500 kW, il est de 155 €/ MWh. Au-delà de 500 kW, on rentre dans une procédure d’appel d’offres. Pour accélérer la mise en route des unités, ces tarifs baisseront régulièrement de 0,5% par trimestre à partir de 2018. La prime aux effluents d’élevage a aussi été réévalué, y compris pour les unités déjà en fonctionnement. Quand les effluents d’élevage représentent plus de 60% des intrants, la prime sur le kWh d’électricité vendu est augmentée de 5 centimes.

Au-delà de 300 kW, l’injection semble plus intéressante économiquement que la cogénération car la grande quantité de chaleur produite par la cogénération est difficilement valorisable. Encore faut-il pouvoir accéder au réseau de transport de gaz mais GRDF affiche un accompagnement pour trouver des solutions de raccordement quand le réseau est trop éloigné.

Dernier changement, il n’y a plus d’obligation liée à la valorisation de la chaleur dans les projets en co-génération pour obtenir le meilleur tarif de rachat de l’électricité. Mais cette obligation demeure pour accéder aux aides (Ademe, collectivités locales). Enfin, la contractualisation est passée de 15 à 20 ans, avec un plafond à 140.000 heures, soit « 17 ou 18 ans pour une unité qui fonctionne bien ». « Avec la nouvelle tarification, un projet de 150 à 300 kW est rentable, dès la troisième année », avance Armelle Damiano, spécialiste méthanisation à l’association Aile.

Méthaniseur, un nouveau métier

Si le frein économique semble en partie levé, le développement de la filière méthanisation dépend aussi des capacités de ses acteurs à manager des unités performantes. Pas facile quand il s’agit de découvrir seul les nombreuses facettes de ce nouveau métier. Depuis 2010, les agriculteurs méthaniseurs se sont fédérés en l’association des agriculteurs méthaniseurs de France. Il y a 3 ans, l’AAMF s’est lancée dans la rédaction d’une charte de bonnes pratiques. « Faire de la méthanisation est un nouveau métier pour nous, témoigne Philippe Meinrad, qui gère une unité de 1,4MW en Alsace. Nous avions besoin d’un outil pour nous former et afficher notre professionnalisme. Par cette charte, nous avons mutualisé nos outils d’enregistrements et d’aide au pilotage, formalisé la traçabilité pour avoir un outil de suivi des performances et d’aide au progrès ». Des progrès qui portent notamment sur la sécurité. « Nous devons apprendre à travailler dans une logique industrielle, avec des circuits, des procédures », reconnait Mauritz Quaack, méthaniseur dans la Brie. D’ici à 2020, l’association espère que tous ses adhérents se seront engagés dans cette charte.

Face à la complexité des dossiers, à la technicité des sujets, les porteurs de projets sont en attente de formation. En Bretagne, l’association Aile, qui accompagne les initiatives locales pour l’énergie et l’environnement, leur propose un tutoriat entre un agriculteur expérimenté et un porteur de projet. « Se lancer dans la méthanisation, c’est un gros investissement. Il faut se poser les bonnes questions avant, voir comment se passent le montage du projet et le fonctionnement, estime Sébastien Boudet, qui envisage une création d’unité de méthanisation. Echanger avec un collègue dont l’unité fonctionne déjà ça permet de mieux avancer. »
 

Ci-dessous, illustration issue du site Fotolia, lien direct : https://fr.fotolia.com/id/120402783.

Philippe Meinrad présente la charte de progrès élaborée par l’association des agriculteurs méthaniseurs de France.

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Auteur :
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Julien Cécile

Journaliste

Passionnée par l'agriculture, ses hommes, ses femmes, ses innovations, je parcoure les campagnes de l'Ouest pour en partager l'actualité.

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  • 1Commentaire
  • #1

    Les anciens kolkoses étaient en état de repos, tavec les nouvelles générations de végétaux compatibles des basses temperatures , peut être les évolutions du climat, les moyens modernes, un foncier bien adapté la Russie peut devenir un producteur majeur

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