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Génocellules détecte les "vaches à cellules" à partir du lait de tank

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20Dec2017

S’il est un critère de paiement du lait, le comptage des cellules leucocytaires est aussi un indicateur de la santé des mamelles. Grâce à Génocellules, une technologie brevetée par Seenergi, ce comptage cellulaire de chaque vache d’un troupeau est désormais possible à partir d’un unique échantillon de lait de tank. L’éleveur y gagne en simplicité, rapidité et coût.

Les éleveurs appellent "vaches à cellules", celles qui présentent un taux supérieur à 250 000 cellules leucocytaires, ce qui signifie une inflammation, donc une mammite, ce qui entraine des pénalités sur le prix du lait.

Le génotypage (la lecture de l’ADN) est surtout connu pour son utilisation dans la sélection des reproducteurs. Désormais, il est utilisé aussi pour piloter la production laitière en simplifiant la détection des vaches à cellules. Le groupe Seenergi (qui regroupe les entreprises de conseil en élevage de Normandie, Loire Anjou et Atlantic, ainsi que la coopération d’insémination Origenplus) a mis au point Génocellules, une technologie de calcul du taux de cellules de chaque vache d’un troupeau à partir d’un simple échantillon de lait prélevé dans le tank.

Chaque être vivant a un ADN unique, qui l’identifie et se retrouve dans chacune de ces cellules. Les leucocytes n’échappent pas à la règle. En génotypant toutes les vaches d’un troupeau, on connait leur ADN. ADN qu’il est possible d’identifier dans les cellules leucocytaires présentes dans un lait de mélange. « A partir de la quantité de lait produite par chaque vache, calculée par un compteur à lait ou estimée selon ses précédents résultats et son stade de lactation, du taux de cellules du lait de mélange et du pourcentage de contribution de chaque vache, on est capable de dire telle vache a tel niveau de cellules, explique Jean-Bernard Davière, responsable recherche et développement du Clasel, le contrôle laitier de la Mayenne. Il n’y a plus besoin d’analyser un échantillon de chaque individu. » Dis comme ça, cela semble évident mais il aura fallu deux ans et demi de recherches et de tests, 1 million d'euros d’investissement pour mettre au point cette méthode. « La théorie a été mise au point par un chercheur belge. Après il a fallu l’éprouver pour être sûr qu’elle était applicable dans toutes les situations », retrace Jean-Bernard Davière. Génocellules est désormais au point et cette exclusivité mondiale sera déployée à partir du 1er janvier 2018.

Plus simple, plus rapide

Quitte à changer de technique, les responsables du groupe Seenergi ont aussi voulu alléger les contraintes de prises d’échantillons, jusque là réalisés par des peseurs, tout en apportant plus de réactivité aux éleveurs. Désormais, c’est l’éleveur qui prélève un échantillon de lait de tank avec une seringue, partiellement pré-remplie avec un conservateur. Seringue qu’il va simplement poster au laboratoire d’analyses, dans une enveloppe préaffranchie. Par internet, il signale les vaches dont le lait est dans le tank et, s’il a des compteurs à lait, leur production, sinon la production globale du troupeau. Moins d’une semaine après, l’éleveur reçoit ses résultats.

« Ça permet d’être plus réactif sur la gestion de l’état sanitaire de son troupeau et de connaitre rapidement les vaches à cellules », approuve Jean-Bernard Davière. Selon le type de prestations choisie, l’éleveur pourra procéder à 18 ou 24 analyses annuelles, avec ou sans conseils techniques. « En parallèle de la mise en place de Génocellules, nous gardons une offre de service classique pour le contrôle de performances et l’accompagnement technique, précise le représentant du Clasel. En année de croisière, une fois le génotypage du troupeau fait, cela reviendra 20 % moins cher que des analyses classiques. »

Le génotypage, qui est la base de cette nouvelle technologie, a un coût. S’il a bien diminué depuis la dizaine d’années qu’il se développe, il faut quand même compter une quarantaine d’euros par tête. Des échanges sont en cours avec les organismes de sélection pour qu’ils mettent à disposition des contrôles laitiers les génotypes déjà effectués dans le cadre des programmes de sélection.

L’équipe de recherche et développement de Seenergi travaille déjà à d’autres utilisations de cette technologie. Hélas, la valorisation du génotype n’est pas possible pour le suivi des taux de matières grasse et protéique, « seules les cellules, comme les cellules leucocytaires possèdent de l’ADN, pas les globules gras ou les protéines », précise Jean-Bernard Davière.


Les photos ci-dessous sont fournies par Génocellules.

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Auteur :
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Julien Cécile

Journaliste

Passionnée par l'agriculture, ses hommes, ses femmes, ses innovations, je parcoure les campagnes de l'Ouest pour en partager l'actualité.

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