champ de sarrasin

Et si les crêpes au blé noir étaient vraiment faites en Bretagne ?

Parce que le sarrasin pour fabriquer les galettes ou autres crêpes bretonnes est importé à 70 %, des agriculteurs et un industriel de la galette relancent la culture de la plante à Pleuhiden-sur-Rance, dans les Côtes-d’Armor. Le succès est au rendez-vous. Cette année, 120 hectares sont cultivés en sarrasin.

A Pleuhiden-sur-Rance (Côtes-d’Armor), les champs sont dorénavant couverts de fleurs blanches deux mois dans l’année, en plein cœur de l’été. Pour la seconde année consécutive, des agriculteurs cultivent du sarrasin destiné à la fabrication de farine, l’ingrédient de base pour fabriquer des galettes. En 2016, 35 hectares ont été implantés et, cette année, 120 seront récoltés. Avec un rendement attendu de 10 quintaux de graines par hectare, la production de farine escomptée est d’une centaine de tonnes.

La culture de cette polygonacée couvrait encore 50 % de la Bretagne au XIXe siècle. Aujourd’hui, elle s’intègre très bien dans la rotation des cultures. Les agriculteurs adhérents au programme de relance voient dans cette diversification une façon de produire une culture rentable à moindres frais.

En fait, cultiver du sarrasin présente un double intérêt écologique et économique.

Un intérêt écologique car cette culture ne nécessite aucun intrant et la farine de sarrasin est produite et consommée localement. Les graines récoltées en Bretagne sont autant de graines qui ne sont plus importées de Chine.

La culture de sarrasin présente aussi un intérêt économique : les prix des graines consommées sont contractualisés et rémunérateurs.

Les initiateurs de cette relance sont les dirigeants d’une entreprise spécialisée dans la fabrication de galettes de blé noir (les galettes Bertel) et des élus municipaux sur la commune de Pleudihen-sur-Rance.

L’industriel Galettes Bertel associé au projet dispose dorénavant de farine issue de graines de sarrasin produites sur le territoire de la commune et dans les environs. Mais les agriculteurs et l’industriel doivent aussi le succès de cette reconquête aux consommateurs. Ce sont eux qui achètent la farine et les galettes de sarrasin fabriquées localement.

Les porteurs du projet  ont été accompagnés par l’entreprise Reizhan spécialisée dans la transition écologique, par la société de conseil en agriculture Ter-Qualitechs et par la Minoterie de Roncin.

La réintroduction de culture de sarrasin affranchit quelque peu les agriculteurs du fonctionnement volatil des marchés mondiaux agricoles, pour une partie de leur production. Or les premières tendances pour 2017 n’augurent aucun redressement des prix des céréales avant plusieurs mois. La faiblesse persistante du dollar rendra même imperceptible les hausses des cours en euros si ces derniers se redressent.

A voir, la vidéo ci-dessous :

En savoir plus :  https://imaginaire.passioncereales.fr/article/et-le-sarrasin-redevint-tendance (pour mieux connaître le sarrasin, ou blé noir) ; http://www.galettes-bertel.fr (site internet des galettes Bertel) ; http://www.vivaterr.bzh/rance-emeraude/le-projet-ble-noir (précisions sur le projet blé noir).

Ci-dessous, champ de sarrasin (source : Fotolia. Lien direct : https://fr.fotolia.com/id/164735932)

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